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Mont-Blanc – Etape 1  6 septembre 2002

Simon surnage en deuxième position

Peu avant le départ de cette quatrième manche du Championnat de France des Rallyes Super 1600, Simon Jean-Joseph se montrait prudent quant à ses chances de bien figurer : « Nous n’avons pas pu effectuer la séance d’essais qui devait déterminer notre set-up : nous partons donc un peu dans l’inconnu. Cela dit, Automéca a encore beaucoup travaillé sur la voiture. L’équipe a notamment amélioré la fiabilité moteur. Après une pause de deux mois dans ce Championnat, il faudra voir l’évolution des différentes équipes chrono en main. »

Dans les deux premières spéciales, Simon devait effectivement se battre avec une voiture trop souple. De plus, il disputait une partie de la deuxième spéciale sous la pluie, contrairement aux trois premières voitures. Malgré tout, Simon pointait déjà en quatrième position au classement général.

A l’assistance, le Martiniquais en profitait pour faire améliorer les réglages de sa Renault Clio Super 1600. Il repartait le couteau entre les dents… mais il ne pouvait se livrer complètement dans la troisième spéciale à cause d’une nouvelle averse ! Les choses se passaient mieux dans la quatrième et dernière spéciale du jour, puisque Simon évoluait enfin dans les mêmes conditions que ses adversaires.

Il rentrait au parc fermé de Morzine en deuxième position, finalement ravi d’être dans la course à la victoire : « Nous avons amélioré la voiture tout au long de la journée. Certains détails restent perfectibles, mais je pense que nous allons encore progresser demain. De mon côté, je peux également aller plus vite, notamment dans les montées où j’ai sous-noté certaines portions. Occuper la deuxième place ce soir est un bon résultat. Cela dit nous ne pouvons pas nous en contenter. Cédric Robert est un garçon très rapide, mais je vais essayer de reprendre du terrain demain. Je n’ai de toutes façons pas le choix, puisque Marc Amourette est juste derrière ! »

Mont-Blanc - Présentation  1 septembre 2002

Vers les sommets ?

En fait, l’été de Simon n’a pas vraiment été de tout repos. Entre les séances d’essais et le rallye d’Allemagne, le pilote antillais n’est jamais resté éloigné très longtemps du baquet de sa Renault Clio Super 1600. Deux côtes cassées lors d’un accident de bateau ne l’ont ainsi pas empêché de disputer le Deutschland Rally : « Physiquement c’était très difficile, surtout les deux premiers jours. Malgré la douleur et la fatigue, je me suis accroché et j’ai pu signer de bons temps, dont quatre scratches lors de la troisième étape. Je ne cours qu’avec la victoire pour objectif, mais terminer sur le podium m’a satisfait compte tenu des circonstances. C’était la course la plus difficile de ma carrière, mais j’ai mis un point d’honneur à aller au bout ! »

En abordant le rallye du Mont-Blanc, Simon pense qu’il sera dans une condition physique lui permettant d’attaquer sans retenue : « Le problème avec les côtes, c’est que le seul remède est le temps. Même si cela m’empêche de faire autant de sport que d’habitude, c’est en très bonne voie et je pense que cela se passera bien. J’apprécie beaucoup le Mont-Blanc. Morzine nous reçoit dans un cadre paradisiaque et vit l’événement à fond. Morzine et la Martinique ont pour point commun d’être des destinations touristiques de choix. J’essaierai d’apporter une petite touche d’exotisme à la ville avec les produits des Antilles, qui seront dégustés dans le village VIP. Les gourmands pourront choisir entre tarte à la myrtille et tarte à la banane ! J’ai en outre remporté ce rallye en 1998, à l’époque de l’Impreza groupe A : j’ai donc de bons souvenirs de Morzine… »

Les spéciales tracées dans les Alpes savoyardes sont terriblement exigeantes pour les mécaniques. Les moteurs doivent délivrer toute leur puissance dans les montées. Et quand arrive le temps de descendre, les freins sont mis à rude épreuve ! Malgré sa jeunesse, la Renault Clio Super 1600 s’est déjà montrée à l’aise dans toutes les conditions et Simon pense disposer d’une arme redoutable : « Nous continuons à travailler très dur lors des différentes séances d’essais que nous menons avec Automéca et Renault Sport Technologies. Chaque kilomètre parcouru nous permet d’engranger de l’expérience. J’attendrai donc le shakedown pour définir le set-up définitif. »

Dans l’optique du Championnat, un bon résultat est essentiel pour Simon. Mais les autres ténors que sont Brice Tirabassi (Citroën), Cédric Robert (Peugeot), Nicolas Bernardi (Ford) ou Serge Jordan (Renault) ont tout autant besoin de gros points. Comme lors des précédentes épreuves, il faut donc s’attendre à de grosses bagarres où la moindre seconde compte. Atteindre des sommets ne sera pas chose aisée…

Deutschland - Arrivée  25 août 2002

Jusqu’au bout de l’effort !

Sur la longue liaison le menant au podium de Trèves, Simon Jean-Joseph pouvait enfin souffler. Au cours des trois jours de course, disputés sur des terrains aussi différents que difficiles, le pilote de la Renault Clio Super 1600 en a bavé. Mais grâce au soutien de Jack Boyère, de son chiropracteur Jean-Eric Dubois et de l’ensemble de l’équipe Automéca, il a su repousser ses limites pour attaquer, spéciale après spéciale.

Simon termine sur le podium de la classe Super 1600 derrière Cédric Robert et Daniel Sola. La deuxième place était à sa portée avant que la mécanique ne fasse des siennes dans les deux dernières spéciales du rallye : « Ne disposant pas d’ouvreurs, je n’ai pas attaqué dans la première spéciale de cette troisième étape. C’était très piégeux et je ne voulais pas prendre de risques inutiles. Par contre, je me suis bien lâché dans les quatre suivantes ! J’ai réalisé à chaque fois le meilleur temps et j’étais en mesure de ravir la deuxième position à Sola. Mais nous avons ensuite connu des soucis d’injecteur qui m’on fait perdre deux minutes… et cette deuxième place ! »

Le bilan chiffré reste très positif, puisque sur 21 spéciales effectivement disputées, Simon s’est classé 13 fois dans les cinq premiers. Successions de lignes droites et d’épingles, béton abrasif, enchaînements rapides : dans toutes les conditions, Simon a démontré les capacités de Renault Clio Super 1600, qui ne tarde décidément pas à briller dans une catégorie où sont déjà impliqués Peugeot, Citroën, Opel, Suzuki, Volkswagen, Fiat et MG !

Compte tenu des circonstances, voir l’arrivée en bonne position représente une victoire pour Simon et l’équipe : « Ce fut une épreuve constituée de hauts et de bas. Et les bas étaient des moments très difficiles ! Plusieurs fois, j’ai cru que j’allais jeter l’éponge. Mais j’avais envie de montrer ma volonté et de remercier tous ceux qui me soutiennent. A chaque assistance, la Clio aux couleurs de la Martinique connaît un grand succès et je ne voulais pas décevoir mes supporters. Renault Sport Technologies, Automéca et moi-même avons engrangé de précieuses informations pour l’avenir. »

En parlant de futur, il se profile déjà à l’horizon. Dans deux semaines, Simon retrouvera le Championnat de France avec le Rallye du Mont-Blanc, quatrième manche de la saison. Deux semaines plus tard, l’équipe mettra le cap sur l’Italie pour le Rallye Sanremo, troisième rendez-vous en WRC. Pas le temps de souffler !

Deutschland - Etape 2  24 août 2002

Bon pour le service !

Le fait d’évoluer dans un camp militaire est inédit en Championnat du Monde des Rallyes. A Baumholder, le revêtement était constitué de plaques de béton très abrasif. Mais la principale difficulté provenait d’énormes rochers délimitant les virages. Conçus pour guider les chars d’assaut la nuit, ces pierres devenaient autant de pièges pour les voitures de rallye.

Ces particularités avaient bien été assimilées par Simon lors des reconnaissances. Le Martiniquais avait ainsi défini des réglages adéquats pour la journée. Cette deuxième étape débutait pourtant assez mal. Simon souffrait beaucoup de ses deux côtes cassées lors de la première spéciale. Il apprenait avec soulagement l’annulation de la seconde épreuve du jour. Il pouvait ainsi avaler les médicaments destinés à atténuer la douleur avant de poursuivre sa route.

Lors de la deuxième boucle, qui se décomposait en trois spéciales, Simon signait deux temps très corrects dans les deux premières ES : « Ma Renault Clio Super 1600 se comporte bien, même si les slicks auraient été préférables aux pneus mixtes. D’une manière générale nous devons faire face à une usure importante des pneumatiques. Mais tout le monde est dans le même bateau ! » Cette boucle allait toutefois mal se terminer pour Simon, qui perdait une minute pleine dans la spéciale d’Erzweiler : « Peu après le départ, j’ai coupé une corde en terre et je me suis appuyé sur un petit talus. Ceci a rempli le passage de roue de boue et la voiture est devenue inconduisible. C’est très frustrant de devoir se battre pendant 20 km avec une auto qui ne peut livrer tout son potentiel ! »

Mais Simon n’avait pas décidé de lâcher prise pour autant. Dans la terrible spéciale de Panzerplatte, le pilotes des Antilles décrochait le 2e temps de la classe Super 1600. En s’extirpant du baquet de droite de la Renault Clio, Jack Boyère tirait un bilan constructif de cette deuxième journée de course : « C’était une étape très difficile, avec de multiples occasions de faire des erreurs ! A nouveau nous avons acquis de l’expérience qui ne pourra être que profitable à l’avenir. Différent de celui utilisé lors de la première étape, le set-up de la Clio nous a donné entière satisfaction. Et pour la première fois, nous avons roulé sur de l’asphalte mouillé avec la Clio. »

Simon est également satisfait d’être toujours en course, même s’il doit lutter physiquement : « Vendredi matin, je ne pensais honnêtement pas que je serais toujours en course à l’issue de la deuxième étape. C’est très difficile, mais j’ai envie de faire plaisir à mon équipe et à mes supporters. Il y a de nombreux antillais présents ici ! Nous aborderons demain un terrain que je connais beaucoup mieux. J’espère pouvoir y signer quelques chronos intéressants… »

Deutschland - Etape 1  23 août 2002

Dans le rythme des meilleurs

L’étape du jour était composée de huit spéciales tracées dans les vignes de la Moselle. Le profil des routes se constituait d’une succession de lignes droites, d’épingles et de carrefours. Pas vraiment le terrain favori de Simon, qui préférait souligner l’exceptionnelle organisation du rallye : « Pour son accession au Championnat du Monde, je pense que l’Allemagne est en train de réussir un coup de maître. Je pense que nous venons de passer dans une autre dimension au niveau de la qualité de l’organisation. Spectateurs, médias, VIP et concurrents sont traités comme des rois. »

Mais le côté sportif de la chose reprenait rapidement le dessus. A l’arrivée de la première boucle de trois spéciales, Simon avouait que la douleur l’avait presque contraint à l’abandon : « Il faut que je serre les dents car la douleur est intense, surtout dans les parties bosselées et cassantes. J’ai le handicap de partir derrière les derniers du Championnat Junior WRC : je les rattrape donc rapidement et je perds régulièrement du temps en les doublant. Du côté de la voiture, nous allons faire évoluer le set-up pour améliorer la motricité et la balance du freinage. Nous devons en outre résoudre un petit problème de freins. »

Toujours vive, la douleur n’empêchait pas le pilote de la Renault Clio Super 1600 de signer d’excellents temps lors des deuxième et troisième boucles. A plusieurs reprises, il faisait jeu égal avec les valeurs étalon que sont Cédric Robert et François Duval. De retour au parc d’assistance de Trèves, Simon tirait un bilan plutôt positif de sa journée : « Dans ces circonstances, être encore en course ce soir est déjà une petite victoire. Il est certain que je ne roule pas à 100%, mais nous progressons régulièrement dans la hiérarchie. Le niveau du Super 1600 en Championnat du Monde est très homogène : il y a ce soir cinq voitures différentes aux cinq premières places. Je suis satisfait d’être dans ce peloton de tête. L’étape de demain sera très différente, mais nous allons tenter de poursuivre sur notre lancée… »