Posts tagged ‘S1600’

Grande-Bretagne – Arrivée  17 novembre 2002

Simon offre à Clio sa première victoire !

Avec seulement quatre secondes d’avance au départ de cette dernière journée, Simon sait qu’il ne peut pas calculer. Il faut attaquer et signer des meilleurs temps pour creuser l’écart sur Daniel Sola. Même si l’Espagnol va plutôt gérer sa course dans l’optique du titre Junior WRC.

Les hostilités débutent avec un deuxième passage dans la longue spéciale de Resolfen. En 55 kilomètres, Simon a le temps de doubler un concurrent. Malgré la brume et le brouillard matinal, ce sera la principale péripétie de ce chrono : « J’ai bien roulé, sans trop attaquer. Ce n’est pas possible autrement. Si nous prenions autant de risques qu’en Championnat de France, nous serions dehors depuis un moment ! Mais ce n’est pas tous les jours qu’on fait de telles spéciales. Une nouvelle fois, c’était un vrai régal, et je crois que ça a plu aux spectateurs ! ». Le Martiniquais signe le meilleur temps avec 25’’ d’avance sur Baldacci. Sola perd 55’’ d’un coup.

Dans Rheola 2, Simon se montre une nouvelle fois impérial. Sur les 27 km, il prend entre 14’’ et 24’’ à la meute de Saxo composée de Valimaki, Dallavilla, Sola et Tuohino. Il reste alors deux passages dans la spéciale de Margam. Simon poursuit sa série avec le meilleur temps dans l’ES16.

Il n’aura pas l’occasion de faire le carton plein, puisque l’ES17 est neutralisée suite à la sortie de route d’un concurrent. A cause de l’ordre de départ, qui lui impose de partir après les concurrents du Championnat JWRC, le pilote antillais écope d’un temps forfaitaire qui lui fait perdre une minute pleine. Heureusement, son avance était telle qu’il s’impose au classement général avec 58’’ d’avance sur Sola.

Les performances vues tout au long de la saison se concrétisent donc par une victoire pour Simon : « Cette victoire a une saveur toute particulière pour moi, puisque je découvrais cette épreuve. Je suis fier de m’imposer sur un rallye aussi difficile ! J’ai marqué les esprits ce week-end après avoir géré la course avec maturité. Sans s’énerver lors des moments difficiles, nous avons construit cette victoire. C’est une très belle récompense pour l’équipe, qui n’a jamais relâché ses efforts. Nous sommes tous épuisés ce soir, mais heureux d’apporter cette première victoire à la Renault Clio Super 1600 ! »

Un sentiment partagé par Jack Boyère : « J’avoue que j’ai parfois eu du mal à y croire. Nous étions totalement confiants en nous-même, mais nous ne pouvons pas maîtriser certains éléments extérieurs. Le fait de ne pas être considérés comme un équipage prioritaire nous force ainsi à partir derrière des concurrents que nous devançons à la régulière. Le temps forfaitaire dans la dernière spéciale aurait pu nous faire perdre le rallye. Malgré tout, nous avons aussi connu notre part de réussite ce week-end : les problèmes sont finalement arrivés au bon moment ! »

Le palmarès de la Renault Clio Super 1600 est donc inauguré par cette victoire obtenue dans la boue des forêts galloises. Simon rêve maintenant de doubler la mise sur l’asphalte du Rallye du Var, dernière manche du Championnat de France des Rallyes Super 1600.

Grande-Bretagne – Etape 2  16 novembre 2002

Prêt pour l’assaut final !

Une fois encore, le rallye débute de très bonne heure. Les équipages prennent la direction de la spéciale de Resolfen. Près de 55 kilomètres sont au programme de ce chrono d’anthologie.

Simon n’est pas très long à se mettre en action. Malgré une transmission cassée quelques centaines de mètres avant l’arrivée, le Martiniquais signe le meilleur temps en classe Super 1600. Seul l’Espagnol Sola reste au contact, à 13’’. Simon doit encore parcourir la longue liaison qui le ramène vers le parc d’assistance. Pas facile avec une seule roue motrice !

Craignant des dommages sur la boîte de vitesses et le différentiel, les techniciens d’Automéca font le maximum pour changer tout cela en un minimum de temps. Les 20 minutes allouées ne suffisent évidemment pas, mais Simon n’écope que d’une minute de pénalité. Le Martiniquais perd alors la tête du classement Super 1600 au profit de Sola.

Le pilote de la Renault Clio repart à l’attaque avec la ferme intention de revenir sur le leader. Il signe le quatrième temps de l’ES9, à trois petites secondes du meilleur. L’ES10 marque une trêve, puisque tous les concurrents écopent d’un temps forfaitaire suite à la sortie de route d’un autre concurrent.

L’action reprend avec le deuxième passage dans la spéciale de Crychan. Simon signe un nouveau meilleur temps de classe… et revient à 10’’ de Sola ! Deuxième temps de l’ES12 derrière le britannique McShea, Simon reprend encore 14’’ à Sola et repasse en tête.

C’est le moment de revenir au parc d’assistance de Swansea… qui ne marque pas la fin de cette longue journée, puisqu’il reste la super spéciale de Cardiff à disputer. Avec seulement 4’’ d’avance sur Sola, Simon reste sur ses gardes : « Même s’il ne pleut toujours pas, les routes sont extrêmement glissantes. De l’avis de tous, ce Rallye de Grande-Bretagne est particulièrement difficile. On ne sait jamais à quoi s’attendre, il faut passer à travers les pièges. Mais ce n’est évident pour personne, on l’a vu aujourd’hui avec les sorties de routes de nombreuses têtes d’affiche. » Dans la dernière courte spéciale, Simon ne concède que 2/10e à Sola. Il conserve donc la tête en rentrant au parc fermé…

Quoi qu’il en soit, le rallye est loin d’être terminé. La troisième étape ne comportera que quatre spéciales, mais il s’agira de quatre « morceaux » ! Simon est prêt pour cet assaut final : « C’est un nouveau rallye qui commencera demain matin, car il restera 138 kilomètres de spéciales à parcourir. Une nouvelle fois, la journée commencera par le deuxième passage de Resolfen, puis nous poursuivrons par trois spéciales de 27 km. Ca va être chaud ! »

Grande-Bretagne - Etape 1  15 novembre 2002

Six petites secondes d’avance

Le rallye a commencé jeudi soir avec la courte spéciale spectacle de Cardiff. Pas grand chose à gagner, tout à perdre : Simon décide donc d’assurer lors de cette mise en bouche. La victoire se jouera ailleurs, dans les forêts galloises.

Vendredi matin, c’est le beau temps qui est l’invité surprise de ce Rallye de Grande-Bretagne. Simon voulait apporter un rayon de soleil au public britannique, c’est réussi ! Les spéciales n’en restent pas moins piégeuses. C’est le bilan que tire le pilote de la Renault Clio au point stop de l’ES2 : « C’est vraiment un rallye très difficile qui s’annonce. On peut sortir de la route n’importe où. Alors je cherche à rouler très proprement, sans faire de faute. »

Le chronomètre prouve que cette stratégie est la bonne : en 23 kilomètres, Simon prend 8’’ au Finlandais Tuohino et s’installe en tête du classement Super 1600. Dans le secteur suivant, le pilote de la Renault Clio n°114 fait un tête-à-queue qui lui coûte une quinzaine de secondes. Mais il signe tout de même le 4e temps à 2’’ du meilleur !

Il y a beaucoup de monde sur les bords des chemins, un peu trop même : la direction de course est obligée d’annuler l’ES4. Pour les équipages, cela signifie une longue pause de presque quatre heures. Au parc d’assistance de Swansea, Simon et l’équipe décident de modifier les réglages de la Clio : « Les routes de la spéciale de Trawscoed étaient bien défoncées. Comme nous passons à nouveau dans cette spéciale, nous allons rehausser la voiture. En tous cas, c’est vraiment une course très difficile. Il faut arriver à lire la route, car les conditions changent sans cesse. Parfois il y a du grip, parfois c’est une patinoire… »

Malheureusement, le choix des nouveaux réglages n’est pas idéal, puisque Simon va devoir se battre avec une voiture très difficile à piloter dans les deux spéciales suivantes. Deuxième temps dans l’ES5, il ne concède que 3’’ à l’Italien Dallavilla. L’ES6 s’annonce plus difficile, puisque les adversaires du pilote antillais passent de jour… alors que Simon s’élance dans la nuit.

Le Martiniquais attaque très fort pour ne pas perdre trop de temps. Au point stop, il concède tout de même 14’’ à l’Espagnol Sola… mais conserve la tête du classement Super 1600. Il ne reste plus qu’un passage dans la spéciale spectacle de Cardiff. Comme la veille, Simon ne prend pas de risque et il rentre au parc fermé en leader.

Un « leadership » fragile certes, mais Simon est globalement satisfait de cette première étape : « La journée a été très longue mais nous n’avons disputé que quatre vraies spéciales. J’aurais préféré prendre plus d’avance. Ma petite erreur de l’ES3 et mon passage de nuit ne m’ont toutefois pas aidé. La bagarre s’annonce intéressante demain, avec plus de 120 km de spéciales. Nous attaquerons par les 55 kilomètres de Resolfen, ce sera un grand moment ! Je suis plutôt confiant : la voiture marche bien et je me sens bien à son volant. »

Grande-Bretagne - Présentation  12 novembre 2002

Dernier rendez-vous mondial

Presque un mois entre deux rallyes, c’est exceptionnel dans ton planning 2002 ! Comment as-tu occupé ce temps ?
« Après plus de deux mois passés en Europe, je suis rentré aux Antilles pendant quelques jours, ce qui m’a permis de prendre un peu de repos avec ma famille. A chaque fois que je retourne en Martinique, j’en profite pour déconnecter, prendre du recul et me ressourcer en passant du temps avec ceux que j’aime. En outre, je me suis rendu en Guyane et en Guadeloupe pour faire la promotion de la Renault Clio série limitée Simon Jean-Joseph. »

Il y a donc une voiture qui porte ton nom ?
« En effet, nous avons eu l’opportunité, en accord avec la Direction des Opérations Internationales de Renault, de créer un véhicule spécifique pour les départements de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique. C’est la première fois qu’une personnalité « domienne » est associée de la sorte à un véhicule de la gamme d’un constructeur. Cette série limitée de Clio n’est volontairement pas basée sur un modèle sportif mais sur des versions accessibles à tous. L’idée étant de permettre au plus grand nombre de profiter d’un véhicule leader sur le marché avec une série d’équipements complémentaires pour un prix identique. Je remercie Renault de l’honneur qui m’est fait et j’en profite pour faire un clin d’œil aux guadeloupéens, guyanais et martiniquais qui m’ont réservé un accueil exceptionnel lors des différentes présentations de la voiture. »

Revenons au sport : il reste deux épreuves à disputer cette saison. Le Rallye de Grande-Bretagne le week-end prochain et le Rallye du Var les 29, 30 novembre et 1er décembre. Comment abordes-tu la Grande-Bretagne ?
« Tout d’abord je suis heureux de pouvoir enfin disputer cette épreuve. Le RAC, comme on l’appelait avant, est un rallye mythique. Je voulais le disputer depuis 1999, mais ça n’avait jamais pu se faire pour des raisons budgétaires. Cette année, je touche donc au but ! En Grèce, en Allemagne ou en Italie, j’ai signé de nombreux temps scratches avec la Clio… mais la victoire s’est refusée à moi pour diverses raisons. J’aimerais donc terminer cette campagne mondiale sur un succès. »

En tous cas, les conditions n’auront rien à voir avec le doux climat de tes chères Antilles…
« Au moins, nous savons à quoi nous attendre ! Avec la pluie, le froid, le brouillard et peut être la neige, c’est vrai que les spéciales du sud du Pays de Galles n’offrent pas un programme très motivant pour les spectateurs… Je ferai tout pour leur apporter un grand rayon de soleil avec ma Clio colorée. Je me régale en pilotant sur la terre, quelles que soient les conditions. Les 55 kilomètres de la spéciale de Resolfen, je pense que cela va être extraordinaire. C’est un mélange de tout ce qu’on peut trouver dans ce rallye. Après avoir fait la majeure partie de ma carrière sur asphalte, je pense avoir aujourd’hui la même aisance sur toutes les surfaces. »

Comme tu ne connais pas cette épreuve, comment l’as-tu préparée ?
« Avec Automéca et Renault Sport Technologies, nous avons mené une séance d’essais destinée à définir le bon set-up. Le terrain gallois n’ayant rien à voir avec les spéciales françaises ou grecques ! Je suis confiant, le potentiel de la Renault Clio Super 1600 est immense. »

Terminons en signalant la mise en ligne d’une nouvelle version de ton site internet, dont l’adresse reste la même : www.simonjeanjoseph.com…
« La seule chose que je peux vous conseiller, c’est d’aller le visiter ! J’ai voulu quelque chose de simple, mais sur lequel on retrouve tous les renseignements indispensables. Il va encore se développer au cours des semaines à venir. J’ai envie que ce site devienne le point de ralliement de mes supporters internautes. »

Cardabelles – Arrivée  22 octobre 2002

Le plaisir à l’état pur !

A l’arrivée de ce Rallye Terre des Cardabelles, les motifs de satisfaction sont nombreux pour Simon Jean-Joseph. Nous l’avions quitté quatrième après la première étape, il termine finalement sur le podium de cette magnifique épreuve : « Ce que je retiendrai avant tout de ce rallye, c’est le plaisir que nous avons pris à bord de la Renault Clio. Nous avons roulé très vite lors de ces deux dernières étapes et je suis satisfait de voir que nous avons été les seuls capables de suivre le rythme des Saxo… »

Samedi matin, Simon était le plus prompt à se mettre en action, puisqu’il signait le meilleur temps dans l’ES5, Vezins. La suite de la journée était passionnante, les leaders signant à chaque spéciale des temps groupés en une ou deux secondes ! Sur les cinq autres spéciales du samedi, Simon réalisait quatre deuxièmes et un troisième temps.

A l’issue de la dixième spéciale, Simon était donc troisième à 22’’3 du leader, Brice Tirabassi. Mais il était aussi revenu à 10’’ de Jean-François Bérenguer, deuxième, tout en disposant d’une marge confortable de près d’une minute sur Marc Amourette, le récent vainqueur du Rallye du Touquet.

Dimanche, Simon pouvait donc sonner la charge pour essayer de remonter sur Bérenguer. Mais il commettait une petite erreur dans l’ES12 qui lui coûtait une bonne dizaine de secondes. Les positions restaient donc figées jusqu’à l’arrivée, ce qui n’empêchait pas Simon de faire le spectacle dans les derniers chronos : « Il y avait beaucoup de spectateurs, y compris une délégation de supporters antillais. Je crois que nous leur avons fait plaisir avec quelques passages « par les portes » ! Quand tout va bien sur la voiture et que nous prenons autant de plaisir, c’est du pur bonheur… »

Ce troisième podium permet à Simon de remonter en quatrième position au Championnat. Il permet en outre à Renault de conforter sa deuxième place au classement des Constructeurs. De quoi aborder le Rallye du Var avec l’envie de bien finir cette saison. Avant cela, Simon disputera une nouvelle épreuve sur terre : il sera au départ du Rallye de Grande-Bretagne, dernière manche du Championnat du Monde des Rallyes. Encore une bonne occasion de démontrer le potentiel de l’ensemble équipage-voiture-team dans la boue des forêts galloises. En attendant la pluie et le froid, Simon va retrouver la douceur des Antilles pour quelques jours…