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Alsace-Vosges - Etape 2  24 mai 2003

Un nouveau départ chaque jour…

La victoire se jouera vraisemblablement entre les deux pilotes du Clio Team. Dès Arrentes de Corcieux, première spéciale du jour, la course a changé de physionomie. Une double touchette de Cédric Robert et Bryan Bouffier a laissé seuls en tête les pilotes Renault. Simon et Brice se sont alors retrouvés dans une situation analogue à celle du Terre de l’Auxerrois.

Et la bagarre fut splendide tout au long de la journée. Un coup à toi, un coup à moi, les deux équipiers se sont battus à coups de secondes. « C’est Simon qui donnait le rythme », explique Brice Tirabassi. « Quand il m’en mettait, j’attaquais encore plus dans la spéciale suivante et je refaisais mon retard. »

L’écart entre les deux Renault Clio Super 1600 n’a jamais dépassé les dix secondes. A l’issue de la seconde étape, les deux premiers ne sont séparés que de 4’’1. L’écart est deux fois plus important qu’hier, mais il reste infime. Fragile leader, Simon Jean-Joseph est prêt pour l’assaut final : « Plus que jamais, nous avons prouvé avec Brice que notre régularité nous permet d’être devant la concurrence. Sans leurs touchettes, les pilotes des 206 seraient en bagarre avec nous ce soir. Il suffit de regarder leurs temps pour s’en convaincre. En ce qui me concerne, j’ai connu des petits soucis de freins et j’ai manqué de rythme dans la longue spéciale. J’ai été raisonnable sur des spéciales que je n’avais pas fait depuis 1998. »

Comme Simon, Brice a lui aussi été confronté à une perte d’efficacité de ses freins en fins de spéciales. Mais ce ne fut pas la seule péripétie du jour : « J’ai perdu quelques secondes au départ de la première spéciale… car le carnet de bord était resté sur le toit de la Clio ! Ensuite, nous avons bien roulé, mis à part une grosse frayeur dans la dernière ES. Heureusement qu’il y avait des dégagements… Nous sommes ce soir dans la même situation qu’au Terre de l’Auxerrois. Nous n’avons pas reçu de consignes de course et j’espère bien inverser la tendance demain. »

Pour la troisième et dernière étape, la grande incertitude concerne la météo. La pluie est annoncée pour les quatre dernières spéciales, qui totaliseront 50 kilomètres chronométrés.

Alsace-Vosges - Etape 1  23 mai 2003

Une agréable mise en bouche !

L’unique spéciale du jour, inédite dans cette épreuve, offrait un condensé de toutes les difficultés que l’on peut rencontrer sur les petites routes d’Alsace. Du sinueux, du rapide, des montées, des descentes : tout ce qu’il fallait pour mettre à l’épreuve pilotes et mécaniques.

A l’arrivée de la première spéciale, Simon Jean-Joseph était presque surpris de réaliser le meilleur temps. Outre des réglages de suspensions un peu trop souples à son goût, il avait du faire face à une perte d’efficacité des freins de sa Clio dans l’ultime descente. En fait, tous les problèmes rencontraient ce problème, Brice Tirabassi compris.

Pour le deuxième passage, les ingénieurs du Clio Team définissaient de nouveaux réglages qui allaient donner satisfaction aux pilotes. Mais cette fois, c’est Brice qui réalisait le meilleur temps devant Simon… malgré une légère touchette avec un talus.

Les deux pilotes Renault rentraient donc en leaders au parc fermé de Mulhouse. Une position qui deviendrait presque habituelle pour Simon : « Cette spéciale, que nous découvrions tous, était déjà un gros morceau. Au deuxième passage, j’ai cherché à préserver mes freins, quitte à perdre quelques secondes. Cette position me ravit, mais les écarts sont tellement faibles que le rallye ne démarrera réellement que demain. Je n’ai pas disputé ces spéciales lors de mes deux dernières participations à l’Alsace-Vosges, ce sera donc difficile. »

La deuxième étape sera le gros morceau de cette épreuve, avec six spéciales à disputer dans la région de Saint-Dié-les-Vosges. Il y aura trois passages dans des grandes classiques : Arrentes de Corcieux, Ormont – Ortomont et Moyenmoutier.

Alsace-Vosges – Présentation  20 mai 2003

Le coup du chapeau ?

En fait, Simon en est même à quatre victoires consécutives, puisqu’il a remporté la classe A6 en Championnat du Monde au Monte-Carlo et en Turquie. L’Alsace-Vosges marque la fin d’une série de trois épreuves du Championnat de France. Début juin, le Martiniquais retrouvera les spéciales du Mondial au Rallye de l’Acropole.

En attendant, rendez-vous est pris avec les magnifiques spéciales tracées aux alentours de Mulhouse et Saint-Dié-des-Vosges. L’an passé, Simon avait du abandonner dès le début de la deuxième étape, victime de la mécanique : « J’avais débuté le rallye avec un temps scratch dans l’ES1. A l’issue de la première étape, j’étais deuxième à seulement 6 secondes de Cédric Robert. Malheureusement, je n’ai pas pu défendre mes chances jusqu’au bout. Alors j’espère bien avoir plus de réussite cette année ! Je dois avouer que je suis un peu fatigué moralement, car j’ai du mener de nombreuses négociations de partenariats ces dernières semaines. Toutefois, l’esprit de compétition doit reprendre le dessus car je ne cours que pour gagner. J’espère une nouvelle fois atteindre mes objectifs. »

Seulement, la série de victoires de Simon a incité ses adversaires à mettre les bouchées doubles pour ne pas se laisser distancer au Championnat : « Mes bons résultats ont motivé mes rivaux. Aussi bien mon équipier, Brice Tirabassi, que les pilotes des autres équipes. J’ai le sentiment que le niveau va encore monter d’un cran ce week-end. Nous avons vu que les deux premières épreuves ont été extrêmement disputées, mais je suis persuadé que les écarts seront encore plus serrés. De notre côté, nous ne nous sommes pas reposés sur nos « lauriers » et nous avons beaucoup travaillé. Les essais n’ont pas été aussi concluants que souhaité. Néanmoins, le travail de toute l’équipe a permis un nouvelle progression. Depuis le début de la saison, j’ai été extrêmement régulier, notamment grâce à une fiabilité hors pair de la voiture. A ce titre, l’équipe Oreca fait un travail fantastique : en quatre courses, je n’ai jamais été ralenti par un problème mécanique significatif. Ces résultats sont ceux de toute une équipe. »

Le parcours 2003 de l’Alsace-Vosges est notablement différent de ce que l’on connaissait jusqu’alors, puisque la moitié des spéciales est nouvelle : « C’est une bonne chose, car cela va niveler les chances de chacun. Il reste toutefois trois spéciales très connues : Corcieux, Moyenmoutiers et Ormont-Ortomont. Le profil est relativement rapide, avec des routes variées. Sur une spéciale comme Ormont-Ortomont, on a des parties sinueuses en sous-bois avec des plaques d’humidité, des portions avec de mauvaises cordes piégeuses, des bouts très très rapides à fond de sixième… Le tout sur un revêtement parfois abrasif… ou au contraire lisse et glissant ! Et je ne parle pas des coulées de terre quand la pluie se met à tomber. Bref, ce peut être un véritable juge de paix… »

Le rallye débutera vendredi en fin d’après-midi avec deux passages dans une nouvelle spéciale, « Geishouse – Soultz ». Il sera alors temps de dresser une première tendance…

Interview  5 mai 2003

« Il serait difficile d’en demander plus ! »

Tu viens coup sur coup de remporter deux victoires en Championnat de France. Laquelle est la plus belle ?
« La victoire la plus savoureuse restera sans doute celle du Lyon-Charbonnières, car elle a concrétisé tout le travail mené depuis le début de la saison 2002. Mais le succès que je viens de décrocher à Auxerre est également très beau car conquis avec panache. Les deux courses se sont construites différemment ; toutefois j’ai toujours veillé à ne pas confondre vitesse et précipitation. Ce fût le cas à Lyon, lorsque nous étions en slicks sous la pluie ou ici, quand nous ouvrions la route le premier jour. A chaque fois, nous avons cherché à limiter les dégâts. »

Quels ont été les temps forts du week-end ?
« Ouvrant la route vendredi, je balayais la couche de poussière pour mes camarades. J’ai tout donné pour gommer autant que possible ce handicap. Il y a eu une averse juste avant la dernière spéciale et je suis passé en premier sur une grosse couche de boue. Dans de telles conditions, il y avait tout à perdre et j’ai pris le parti de ne pas faire de folies. Samedi, c’est mon équipier Brice Tirabassi qui ouvrait la route… et balayait pour moi. De mon côté, tout s’est bien passé et j’ai pu prendre la tête. Je me suis ménagé une avance d’une quinzaine de secondes. Dimanche, j’ai un peu trop assuré dans la première spéciale et mon équipier est revenu à une poignée de secondes. Nous avons fait jeu égal dans les derniers chronos et je me suis imposé avec 4’’4 d’avance. »

C’est la première fois que tu te bats pour la victoire face à un équipier. Est-ce que cela change quelque chose ?
« C’est véritablement un grand plaisir que de se battre face à quelqu’un qui dispose de la même voiture et des mêmes conditions matérielles. Dans notre équipe, les choses sont transparentes : j’ai accès aux réglages de Brice, qui peut également consulter les miens. Cette lutte à armes égales était passionnante. Cela dit, nous sommes deux pilotes professionnels et nous savions que nous ne pouvions pas faire n’importe quoi. Pour Renault, il était important que les deux voitures soient à l’arrivée… si possible aux deux premières places. »

Que penses-tu des consignes de course ?
« Je suis sous contrat avec un constructeur qui me paie pour bien faire mon travail. Si ses dirigeants m’imposaient des consignes pour atteindre leurs objectifs, je les appliquerais… qu’elles soient ou non à mon avantage. »

Ce week-end, l’équipe Renault ne vous a pas donné de consignes. Est-ce une bonne chose ?
« C’est tout à l’honneur de Renault que de nous faire accorder une telle confiance. Sachant que nous n’avions fait qu’un passage en reconnaissances, que le rythme était très élevé, nous aurions pu – l’un comme l’autre – commettre une erreur fatale. Malgré l’enjeu, le team nous a laissé gérer notre course et je suis, comme Brice, ravi de cet état d’esprit. C’est très bien de laisser les choses ouvertes à ce stade du Championnat. Plus tard dans la saison, peut être que les choses auraient été différentes. »

Tu parles beaucoup de l’importance de l’ordre de passage dans les spéciales. Les choses pourraient-elles être améliorées dans ce domaine ?
« Je dois tout d’abord souligner les efforts qui ont été faits pour professionnaliser le Championnat de France ces dernières années. On se rapproche de ce qui existe en Mondial avec des parcs d’assistance, un formatage standardisé… En Championnat du Monde, ce problème d’ordre de passage n’est résolu que depuis deux ans. Les pilotes passent dans l’ordre du Championnat le premier jour. Pour les deuxième et troisième étapes, le leader choisi son ordre de passage. Sur la terre, ça évite de balayer pour ceux qui suivent… Si nous appliquions ce système en France, ce serait intéressant pour les équipages car l’éthique sportive serait mieux respectée. Je pense que les spectateurs y trouveraient également leur compte, car ils assisteraient à un spectacle allant crescendo. »

Après les deux premiers rallyes, tu es solide leader du Championnat de France. Est-ce que cela change quelque chose dans ton approche des prochaines courses ?
« Il serait effectivement difficile d’en demander plus ! Après beaucoup de travail et de sacrifices, j’ai depuis quelques rallyes un taux de réussite sympathique… Les victoires n’arrivent jamais par hasard, mais si elles tiennent à peu de choses. Il est toujours bon de démarrer un Championnat par des victoires. Cette situation va peut être m’inciter à ne pas prendre de risques inutiles si je peux assurer des gros points. Sachant que je ne commencerai à penser sérieusement au Championnat qu’à la mi-saison. D’ici là, il peut se passer tellement de choses… »

Auxerrois - Arrivée  4 mai 2003

Terre promise pour Simon

La troisième et dernière étape se compose de deux boucles de deux spéciales : Migé et Vallan. La première épreuve est assez technique, la deuxième rapide et roulante. Avec seulement 13’’9 entre Simon Jean-Joseph et Brice Tirabassi, la course est loin d’être jouée. D’autant plus que le staff de l’équipe Renault a été clair avec ses pilotes : la seule consigne, c’est de rester sur la route. L’ordre d’arrivée se jouera à la régulière.

Dans l’ES11, c’est Emmanuel Guigou qui signe son premier scratch en Championnat de France. Simon n’est que sixième à 9’’3 : « Ouvrir la route n’était pas un avantage et j’ai trop voulu assurer. »

Les écarts sont moins importants dans la spéciale de Vallan. Brice signe le meilleur temps devant Simon et réduit son retard au classement général à 4’’7. A deux spéciales de l’arrivée, les deux pilotes du Clio Team peuvent donc viser la victoire. Le final promet d’être palpitant mais l’ambiance reste bon enfant dans l’équipe. « Tu es joueur, toi ! », lance Simon à Brice pendant le dernier parc d’assistance. Pendant ce temps, les techniciens d’Oreca procèdent aux dernières vérifications avant le sprint final.

Commence alors une longue attente pour les membres de l’équipe, à l’affût de la moindre information. Et la lutte continue à faire rage dans l’ES13 : c’est Cédric Robert qui fait le scratch. Troisième, Brice reprend 2/10e à Simon. Il revient à seulement 4’’5 au classement général. Au cours de la dernière spéciale, le jeune Varois signe le scratch et reprend encore 1/10e à son équipier : c’est toutefois insuffisant pour décrocher la victoire, qui revient à Simon.

« Nous savions que les deux voitures devaient être à l’arrivée, mais la victoire s’est jouée sur les spéciales. Merci à Renault de nous avoir laissé nous battre », exultait Simon à l’arrivée. « J’ai vraiment attaqué très fort dans les deux dernières spéciales, je ne pouvais pas gérer ma petite avance. Cette victoire est celle de la régularité : nos adversaires étaient capables de faire d’excellents temps, mais pas sur tous les chronos. Avec Brice, nous avons toujours été aux avants-postes. C’est cette bonne gestion de la course qui nous permet de réaliser ce doublé. Nous ne sommes pas au-dessus du lot. »

Gilles Lallement, Directeur Technique de Renault Sport Technologies, est évidemment ravi du bilan de cette deuxième manche du Championnat de France : « Ce magnifique doublé des voitures officielles démontre la performance de notre produit, directement dérivé de la Clio de série. C’est un produit compétitif mais également fiable : les cinq voitures engagées sont à l’arrivée. Malgré les faibles écarts, le fair-play et la convivialité sont restés de mise au sein de l’équipe. Nous pouvons être fiers de nos pilotes, qui sont de grands personnages, chaleureux et populaires. Les spectateurs attendent le passage des Clio sur les spéciales… Après ce résultat parfait pour Renault, nous allons nous remettre au travail pour préparer l’Alsace-Vosges. Nos adversaires sont très proches. »