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Interview  29 septembre 2003

« Le titre n’est pas une obsession ! »

Tu as fait aux Cardabelles un rallye en demi-teinte. Que s’est-il passé ?
« J’ai senti dès le shakedown que les réglages de la voiture ne me convenaient pas. Mais comme la route n’était pas représentative du terrain que nous allions rencontrer, je ne me suis pas inquiété. Nous n’avions pas fait d’essais spécifiques avant cette épreuve, mais nous avons pris la décision d’utiliser les nouveaux amortisseurs homologués en juillet dernier. Pour les avoir utilisés en Finlande, je suis persuadé qu’ils sont meilleurs que les anciens. Mais nous sommes tout de même passés à côté sur ce rallye. Vendredi, j’ai du également composer avec un problème de direction qui ne m’a pas mis en confiance. Ce qui a fait que j’ai subi la voiture… »

Tu as cependant retrouvé un bon feeling le samedi. En six spéciales, tu ne rends que 5’’ au meilleur performer du jour, Emmanuel Guigou…
« Le changement de boîtier de direction à l’assistance du vendredi soir m’a en effet permis de repartir sur de meilleures bases. J’ai pu attaquer au maximum et l’équipe a continué à faire évoluer le set-up. Ce n’était toujours pas comme je l’aurais souhaité, mais c’était mieux et j’ai quand même pu faire quelques bons chronos, dont un temps scratch. »

Par contre, dimanche, tu étais hors de la lutte en tête…
« L’équipe technique a continué à chercher des solutions et nous avons tenté quelque chose samedi soir. Ce qui était délicat dans la mesure où ce ‘step’ n’avait pas été validé en essais. Lors de la première boucle du dimanche, je me suis retrouvé avec une voiture très survireuse. Ce défaut a été corrigé pour les dernières spéciales, mais il était trop tard. »

Plutôt que d’aller en avant, n’était-il pas possible de revenir en arrière, de reprendre des solutions déjà éprouvées ?
« Non, car le règlement nous l’interdit. Quand nous prenons le départ d’une épreuve avec une évolution ayant fait l’objet d’une homologation, il n’est pas possible de revenir en arrière en cours de rallye. »

La victoire-surprise de Brice Tirabassi le replace dans la course au titre. Comment vois-tu la fin du Championnat de France ?
« Maintenant que le titre Constructeurs est assuré pour Renault, nous allons pouvoir nous affronter pour le titre Pilotes sans retenue. J’étais venu aux Cardabelles pour me battre pour la victoire et décrocher le Championnat. A matériel égal, force est de constater qu’il a été meilleur que moi. J’aborderai les deux dernières épreuves sans être obsédé par le titre. Je prendrai le départ du Touquet et du Var pour m’imposer. Si je gagne ou si je termine une fois devant Brice, je serai Champion. C’est tout. Mathématiquement les choses sont plutôt à mon avantage, mais il va encore falloir ce battre et c’est tant mieux. »

Depuis le début de la saison, tu es le seul pilote à avoir marqué des points à chaque reprise et à avoir signé au moins un scratch sur chaque course. Tu détiens le record de victoires, de podiums et de meilleurs temps. Que t’inspirent ces statistiques… plutôt flatteuses ?
« Ces chiffres m’apportent une certaine fierté. Cela prouve peut être que ma façon d’aborder les courses est la bonne et que je suis à la fois polyvalent, performant et fiable. Mais on dit que les chiffres parlent d’eux-mêmes, alors je ne vais pas m’étendre sur la question ! »

Avant le Rallye du Touquet, tu vas disputer le Rallye Sanremo avec la Clio Super 1600. C’est un peu ton rallye fétiche ?
« Je l’ai disputé sans interruption depuis 1999, je le connais donc très bien. J’aime beaucoup l’Italie et son art culinaire. Il se trouve que je garde quelques bons souvenirs de cette épreuve. Notamment en 2000, quand je signe mes premiers temps scratches en Championnat du Monde avec l’Impreza WRC, ou en 2001 quand je termine l’épreuve au coude à coude avec Petter Solberg et Colin McRae ! L’an passé j’ai été contraint à l’abandon après une bonne première étape, j’ai donc une revanche à prendre sur le sort. Je n’ai pas d’objectif particulier à part me faire plaisir tout en mettant en valeur mes partenaires. La liste des engagés en classe A6 est bien fournie, je crois donc qu’il y aura une belle course dans la course ! »

Cardabelles – Arrivée  21 septembre 2003

Renault remporte le titre

Tron, Guigou, Tirabassi, Bérenguer et Jean-Joseph : à l’aube de la troisième étape, les cinq pilotes sont regroupés en 30’’. Pas facile de prédire le podium dans ces conditions ! Les quatre dernières spéciales sont tracées dans le camp militaire du Larzac.

Très vite, les pilotes du Clio Team comprennent qu’il leur sera difficile de jouer avec leurs petits camarades. « En sport automobile il faut toujours aller de l’avant et nous avons voulu améliorer encore la voiture, notamment dans le domaine des liaisons au sol. Mais ces dernières évolutions, qui nous avaient donné satisfaction en Finlande, ne sont pas adaptées à ce terrain. On peut constater qu’avec des voitures en configuration ‘standard’, les Clio privées sont devant nos voitures. Mais nous n’avons pas souhaité revenir en arrière : les enseignements d’aujourd’hui seront très utiles demain », explique Hugues de Chaunac, Président d’Oreca.

Toujours très à l’aise, Emmanuel Guigou prend le dessus sur Noël Tron et file vers sa première victoire scratch. Mais dans la dernière spéciale, le jeune Vauclusien heurte une pierre et perd près d’une minute. Tron touche également un rocher et concède deux minutes. Au point stop, Brice Tirabassi est surpris de remporter la victoire.

Au terme d’un week-end qu’il juge difficile, Simon Jean-Joseph termine à la 5e place : « Je suis très content pour Renault. C’est un magnifique succès qui parachève le travail des équipes Renault Sport Technologies et Oreca. En ce qui me concerne, seule une victoire pouvait me mettre hors d’atteinte pour le Championnat ‘Pilotes’. J’espère que ce n’est que partie remise. Rendez-vous au Touquet… »

Acquis deux courses avant la fin de la saison, le titre* ne peut que ravir Bernard Ollivier, Directeur Général de Renault Sport Technologies : « Je suis très fier du travail effectué par Renault et Oreca, mais aussi par les équipes privées qui ont contribué à ce beau résultat. Il s’agit d’un moment très fort pour Renault, qui remporte là son premier titre depuis 19 ans malgré une implication régulière. N’oublions pas qu’il reste deux épreuves et que le suspense pour le titre ‘Pilotes’ reste entier. Les Clio vont donc continuer à faire le spectacle. Que le meilleur gagne ! »

* Sous réserve de la proclamation des résultats officiels par la FFSA.

Cardabelles - Etape 2  20 septembre 2003

Prêt pour l’assaut final !

Disputées dans les environs de Sévérac-le-Château, les deux boucles de trois spéciales constituent le plat de résistance du rallye.

Le changement de crémaillère de direction effectué sur la voiture de Simon Jean-Joseph à l’assistance de fin de première étape a porté ses fruits : le Martiniquais signe le scratch dans l’ES7 et revient en sixième position. L’abandon de Marc Amourette lui permet ensuite de prendre la cinquième place. Revenu à 30’’7 du leader à l’issue de la journée, Simon a joué avec les meilleurs tout au long de la journée : « C’est beaucoup mieux aujourd’hui. Au moins on se fait plaisir sur ces magnifiques spéciales ! Les réglages de la Clio sont toutefois encore perfectibles. Olivier Maroselli est en train d’imaginer des solutions qui porteront peut-être leurs fruits demain. En tous cas je bénéficierai d’un ordre de passage idéal. Ca va envoyer ! »

Une situation qui n’inquiète pas Gilles Lallement, Directeur technique de Renault Sport Technologies : « Nous sommes dans l’interrogation en ce qui concerne les réglages de nos voitures officielles. Ce qui fonctionnait bien en Finlande ne semble pas adapté ici. Nous cogitons pour trouver des solutions… »

Etape 1  19 septembre 2003

Débuts difficiles pour Simon

Dernière épreuve sur terre de la saison, le Rallye des Cardabelles peut être décisif pour les titres ‘Marques’ et ‘Pilotes’. Ces deux couronnes pouvant tomber dans l’escarcelle du clan Renault, l’enjeu est de taille dans l’Aveyron !

Après le tour de reconnaissances, où les équipages découvrent le parcours secret, les équipages attaquent deux boucles de deux spéciales situées au sud de Millau. Ouvrant la route, Simon Jean-Joseph ne se montre pas satisfait de sa voiture : « Je n’ai pas un bon feeling avec la voiture. Il y a un ‘loup’ quelque part. Je ne peux pas aller plus vite, mais je sais que les temps ne sont pas bons. »

Simon subit en effet la loi de ses adversaires, à commencer par son équipier. Brice Tirabassi signe le meilleur temps dans l’ES2 et s’empare de la tête.

La tendance se confirme pendant la deuxième boucle. Grâce à un nouveau meilleur temps dans l’ES4, Brice termine cette première étape avec une avance de 5’’7 sur Marc Amourette (Citroën Saxo).

Grâce à une modification des réglages de sa Clio, Simon a pu se rapprocher des leaders pendant cette deuxième partie d’étape : « Cela reste malgré tout une journée difficile. C’est la première fois cette année que je suis en manque de feeling avec la voiture. Avec 40’’ de retard, j’ai quasiment perdu toute chance de victoire, mais je vais continuer à me battre. »

Selon l’ingénieur Olivier Maroselli, le ‘loup’ devrait être chassé d’ici demain : « Nous pensons qu’il s’agit d’un problème de crémaillère de direction, que nous venons de changer à l’assistance. »

La deuxième étape se déroulera dans les environs de Séverac-le-Château. Six spéciales, moins glissantes et plus techniques, sont au programme de la journée.

A noter que l’émission Auto-Moto de TF1 accordera dimanche une large part au Rallye des Cardabelles. Thomas Sénécal sera en direct du parc d’assistance… avec un invité nommé Simon !

Cardabelles - Présentation  16 septembre 2003

Une première balle de match pour Simon !

Depuis le Rallye d’Ile-de-France, remporté par Simon et Jack, le pilote Renault n’est pas resté inactif. Deux participations mondiales en Finlande (sur la Clio) et en Australie (sur une Mitsubishi) ont permis au Martiniquais d’augmenter son expérience des épreuves mondiales. Et afin de préparer ce Rallye des Cardabelles, une importante séance d’essais sur terre a été menée avec les hommes de Renault Sport Technologies et d’Oreca, permettant d’améliorer un peu plus les suspensions de la Clio Super 1600.

C’est donc une équipe parfaitement affûtée qui se présentera ce week-end à Millau pour la sixième des huit manches du Championnat de France des Rallyes Super 1600. Avec cinq résultats retenus pour le Championnat ‘Pilotes’, il va déjà falloir sortir les calculettes pour suivre le duel opposant Simon à Brice Tirabassi. Les deux hommes sont en effet les seuls à pouvoir remporter la couronne !

Pour Simon, la situation est limpide. Trois victoires et deux secondes places lui ont permis de marquer 46 points sur 50 possibles. Dès lors, seule une victoire peut lui permettre d’améliorer un score presque parfait. Il lui suffit de devancer son équipier une seule fois en trois rallyes pour coiffer la couronne.

Du côté du Championnat Constructeurs, Renault compte déjà 29 points d’avance sur Peugeot. Au soir des Cardabelles, une avance de 32 points permettrait au Losange de se mettre hors de portée du Lion. Un objectif à la portée de l’équipe officielle, qui sera une nouvelle fois bien secondée par les Clio Super 1600 privées…

Pour en revenir au rallye proprement dit, Simon espère bien pouvoir jouer la victoire malgré son expérience relativement limitée du terrain : « Ce ne sera que la deuxième fois que je participerai à ce rallye. Mais j’avais été dans le coup d’emblée l’an passé. Il n’y a donc pas de raison pour qu’il n’en soit pas de même cette année. Si ça veut sourire, nous pouvons offrir le titre à Renault dès ce week-end. Ce sera l’objectif prioritaire pour toute l’équipe. A titre personnel, j’espère me battre pour la victoire. Et comme un quatrième succès serait synonyme de titre ‘Pilotes’, ça me motive… triplement ! »