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Cardabelles - Présentation  16 octobre 2002

Retour sur la terre !

Une des spécificités du Championnat de France des Rallyes Super 1600 est de proposer un calendrier mixte, avec des épreuves sur terre et d’autres sur asphalte. Après le coup d’envoi au Terre de l’Auxerrois, le Championnat a fait la part belle au « tarmac » avec l’Alsace-Vosges, le Limousin, le Mont-Blanc et le Touquet. Cette sixième épreuve marque le retour sur la terre avant un final sur l’asphalte du Var.

Troisième à l’Auxerrois après avoir longtemps mené les débats, Simon Jean-Joseph aborde toutefois cette course avec des ambitions mesurées : « C’est une épreuve que je vais découvrir. Avec un seul passage en reconnaissances, je partirai avec un lourd handicap sur les pilotes qui viennent depuis plusieurs années. Mon objectif est avant tout d’aller au bout pour acquérir un maximum d’expérience, qui pourra toujours me servir plus tard… Je suis en outre heureux de voir que notre Championnat se renforce avec de nouveaux arrivants. Ce week-end, nous lutterons contre les espoirs suédois Daniel Carlsson et Kruse Jonas, qui pilote également une Renault Clio. Avec l’arrivée du Polonais Butor, notre compétition nationale prend des allures de petit Championnat du Monde ! »

Afin de préparer au mieux cette épreuve, Simon a effectué une séance d’essais avec Renault Sport Technologies sur des chemins représentatifs de ceux du Terre des Cardabelles : « C’était aussi instructif que difficile, avec beaucoup de pluie et du brouillard. Des conditions typiques du Rallye de Grande-Bretagne, que nous disputerons du 14 au 17 novembre prochains… Mais nous avons bien travaillé et la voiture a encore progressé. Le résultat de ce travail profitera à l’ensemble des pilotes de Renault Clio Super 1600. » Au vu des performances affichées lors du Rallye de Grèce – Simon avait signé neuf scratches en quinze spéciales – il y a donc de bonnes raisons d’être confiant !

Cette épreuve sera très difficile pour les copilotes, car il n’y aura qu’un passage en reconnaissances, contre trois sur asphalte. Jack Boyère nous explique les spécificités des épreuves sur terre : « La prise de notes est ardue, car elle se fait dans la voiture de course… qui évolue sur un terrain souvent inégal ! Il faut donc s’appliquer, car nous n’avons presque pas le temps de relire et de corriger les notes. En course, il faut faire preuve d’un effort de concentration plus important. Comme les notes sont moins précises, nous relevons la tête plus souvent pour apprécier les distances ou les enchaînements de virages. Dans ce cas, il est important d’avoir de bons repères visuels. »

Mais comme Jack le souligne, ce rallye sera difficile pour toute l’équipe : « Nous ne découvrirons le parcours qu’à quelques heures du départ. Le choix des pneus ou le calcul des consommations sera fait à la dernière minute. Tout le monde devra donc faire son travail habituel en peu de temps. Mais tout le monde est logé à la même enseigne. »

Le Touquet - Etape 3  6 octobre 2002

A l’arrivée, et dans les points !

La troisième étape du rallye comporte six spéciales totalisant 110 kilomètres chronométrés. Autant dire qu’il ne s’agit pas d’une sinécure, d’autant plus que la pluie a enfin décidé de venir perturber la course. Dans ces conditions, les routes deviennent encore plus piégeuses et le choix des pneumatiques est très ardu !

La journée ne débute pas très bien pour Simon, qui choisit les pneus slicks avant la première longue spéciale du Pays de Desvres. Mais la pluie se met à tomber quand le Martiniquais s’élance à l’assaut des 30 kilomètres de chrono ! Le pilote de la Renault Clio Super 1600 décide de ne prendre aucun risque pour rester sur la route. L’objectif est d’être à l’arrivée…
Dans la deuxième spéciale, Simon se retrouve coincé derrière la Puma de Nicolas Bernardi, qui roule au ralenti après avoir crevé : « Je pense qu’il ne m’a pas vu et je n’ai pu le passer devant que quelques virages avant l’arrivée… »

Les choses s’améliorent dans l’ES11, puisque Simon décroche le 3e temps. Et au deuxième passage dans Pays de Desvres, il réalise le deuxième temps sans avoir été gâté par les conditions : « Marc Amourette fait le scratch en n’ayant eu la pluie que sur les derniers kilomètres. Mais moi, je l’ai eu dès le départ ! C’était un vrai chrono d’anthologie, avec beaucoup de pièges. D’ailleurs, de nombreux concurrents y sont restés… Sans prendre tous les risques, je me suis fait plaisir. »

Décidément très à l’aise, Simon termine le rallye en trombe : il signe le meilleur temps dans les deux dernières spéciales du rallye. Une belle façon de remercier l’équipe Automéca : « Avant tout, je dois aussi remercier Jack, qui a su trouver l’énergie qui nous a permis de continuer vendredi soir. Ensuite, nous avons roulé à notre rythme, sans attaquer quand les routes étaient trop piégeuses. Avec l’équipe, nous avons pu essayer pas mal de choses sur la voiture. C’était une séance d’essais grandeur nature et nous avons bien progressé. »

Cette pugnacité permet à Simon de prendre les points de la neuvième place. Deuxième meilleur performer du rallye, il s’est rappelé au bon souvenir des spectateurs du Touquet, qui l’avaient vu triompher en 1998 : « Nous faisons quatre meilleurs temps scratches en quatorze spéciales, c’est très positif. Sur ce rallye, tout le monde a fait des erreurs. J’ai payé la mienne plus cher que les autres. Avec un peu plus de réussite, nous aurions pu nous battre pour la victoire. Ca ne peut pas marcher à tous les coups ! »

Le Touquet - Etape 2  5 octobre 2002

Le chrono a transpiré !

Après sa mésaventure de la première étape, Simon Jean-Joseph se présente sans pression au départ de la deuxième journée, qui va se dérouler sur six spéciales : « Je suis obligé de rouler vite, car nos voitures ne supportent qu’un traitement à 100% ! Mais je ne prendrai pas tous les risques car cela n’aurait aucun intérêt… Avec Jack, il va falloir que nous puisions la motivation ailleurs que dans une lutte pour la victoire ! »

Dans la première spéciale du jour, le pilote de la Renault Clio Super 1600 ne signe que le 6e temps : « J’étais bien parti mais je me suis arrêté dans la spéciale car il y avait des spectateurs sur la route après la sortie de Brunson. Quand j’ai vu que tout allait bien pour l’équipage, j’ai pu repartir. »

Le Martiniquais retrouve le sourire à l’arrivée de l’ES4, qu’il boucle en 2e position. Et dans la spéciale suivante, Simon décroche le meilleur temps devant la meute des Saxo, particulièrement performantes sur cette épreuve : « Pourtant, je n’ai pas le bon feeling. Nous avons des réglages de suspensions que nous pouvons encore améliorer. Comme nous n’avons rien à perdre ou à gagner, nous allons essayer de nouvelles choses lors des prochaines spéciales. »

Quatrième, deuxième et à nouveau quatrième lors des trois dernières spéciales du jour, Simon se montre satisfait en rentrant au parc fermé du Touquet : « Le comportement de la voiture a été grandement amélioré par les modifications effectuées. Je suis satisfait de voir que nous sommes les seuls à pouvoir donner la réplique aux Saxo, qui monopolisent ce soir quatre des cinq premières places ! »

Demain, Simon s’élancera donc avec un état d’esprit identique à celui d’aujourd’hui : « Ca me fait plaisir de voir qu’il y a toujours autant de supporters sur les routes. Je suis encore plus motivé pour attaquer. Et puis j’ai aussi envie de faire plaisir aux techniciens d’Automéca, qui ne sont pas toujours bien récompensés de leurs efforts ! Donc nous essaierons de faire encore quelques bons chronos. S’il pleut, ce serait plutôt bien car nous pourrions essayer quelques réglages supplémentaires ! »

Le Touquet - Etape 1  4 octobre 2002

Ne jamais baisser les bras !

Sur le podium d’arrivée du Touquet, Simon était évidemment très déçu de l’issue de cette première étape. Il déclarait avec philosophie : « On dit souvent que 100% des gagnants ont tenté leur chance. J’ai joué, mais ce soir j’ai perdu. Je me suis fait avoir tout seul, comme un grand. J’ai perdu beaucoup de temps et tout espoir de remporter le rallye. Malgré tout, je reste motivé en me disant qu’il peut encore se passer beaucoup de choses d’ici dimanche. »

Mais revenons sur ces deux premières spéciales, tracées près du Touquet. Dans la première, Simon avale les 7,98 km à plus de 122 km/h de moyenne : il signe le meilleur temps avec seulement… 4/10e d’avance sur Marc Amourette.
Dès l’ES2, les choses se gâtent pour Simon. Après quelques centaines de mètres, il connaît une mésaventure qui va lui faire perdre plus de 10 minutes : « Dans une courbe à gauche, la voiture a sous-viré et j’ai mordu l’herbe. Cela nous a renvoyé de l’autre côté de la route et nous nous sommes arrêtés dans des fils barbelés. Dans mon esprit, la course était finie. Mais Jack n’a pas voulu baisser les bras. Avec l’aide des spectateurs, il a coupé les fils et la voiture est descendue dans le champ. Ensuite il a fallu trouver une sortie. Pendant ce temps, le chronomètre tournait, mais l’essentiel est finalement d’être toujours en course. »

Simon ne se fait toutefois pas d’illusions quant à ses chances de bien figurer au classement final. Mais l’équipage de la Renault Clio Super 1600 reste très motivé : « Nous manquons de réussite et je suis déçu pour tous ceux qui s’investissent sans compter dans ce programme. Comme je le dis souvent, il ne faut jamais baisser les bras, alors nous continuons la course. Sur ce rallye, tout peut arriver. Mes adversaires peuvent aussi commettre des erreurs. Nous allons continuer à rouler vite en essayant de signer de très bons chronos. Il reste deux longs jours de course et ce sera peut être payant dimanche après-midi… »

Sanremo – Etape 2  22 septembre 2002

Un goût d’inachevé…

Avec près d’une minute d’avance sur son plus proche poursuivant, Simon Jean-Joseph attaque la deuxième journée de ce rallye en confiance. En se présentant au départ de l’ES9, il ignore encore qu’il ne va parcourir que quelques centaines de mètres. En effet, un axe de piston lâche et provoque l’abandon de la Clio aux couleurs Gauloises.

Pour Simon, la déception est évidemment très grande : « Il faut prendre les choses comme elles viennent. J’espérais une autre issue pour ce rallye, mais cela reste un sport où tout peut arriver. Nous en avons la preuve aujourd’hui… A nous maintenant de travailler pour que ce problème n’arrive plus. L’équipe s’investit déjà beaucoup, mais la Clio est un produit encore jeune que nous continuons à améliorer. »

De cette troisième participation 2002 en WRC, Simon préfère donc retenir sa splendide première étape, où il a signé sept scratches sur huit spéciales : « J’espère avoir montré, une nouvelle fois, ma pointe de vitesse. Nous avons terminé la première étape devant quatre pilotes italiens, qui connaissent donc parfaitement le rallye. Je pense également que nous avons démontré que la Renault Clio peut être aussi performante que la référence du moment, à savoir la 206. »

Il va maintenant être temps de penser à l’avenir, qui passe par la cinquième manche du Championnat de France des Rallyes Super 1600 : « Dans deux semaines, nous disputerons le Rallye du Touquet. Je pense que l’expérience du Rallye d’Allemagne nous servira. J’apprécie cette épreuve, je m’y suis déjà imposé… et j’aimerais que ce soit à nouveau le cas. Mon objectif de fin de saison est toujours aussi simple : je veux remporter au moins une course ! »