Posts tagged ‘Renault Clio’

Turquie - Présentation  25 février 2003

Découverte d’une terre inconnue

Dans la continuité de leur succès en Grande-Bretagne pour la dernière manche 2002 de leur programme, Simon Jean-Joseph et Jack Boyère ont débuté la saison 2003 par une victoire de classe A6 au Rallye de Monte-Carlo. Fiable et performante, leur Renault Clio Super 1600 leur a permis de dominer leurs adversaires, à commencer par les concurrents du Championnat Junior WRC.

Depuis, le Championnat du Monde a fait étape en Suède. Les Super 1600 font leur retour pour le Rallye de Turquie, qui fait donc son apparition au Championnat du Monde. Basée autour de la station balnéaire d’Antalya, l’épreuve se déroulera sur des spéciales en terre assez cassantes.

Simon découvre la Turquie à cette occasion : « Ma première impression est celle d’un pays accueillant et attachant. Le contraste avec l’Europe occidentale est saisissant. Il ne faut pas oublier que c’est un pays en voie de développement. J’ai pu constater que Renault est bien le constructeur numéro un ici : les R12 et R9 sont encore très populaires. Je crois que nous allons faire sensation avec la Clio ! Les paysages me rappellent un peu ceux de la Corse, avec des montagnes qui se jettent dans la mer. Malgré la situation internationale, la sérénité semble de mise parmi la population. Il faut dire que nous sommes loin de la frontière avec l’Irak… »

Le bateau acheminant voitures et matériel ayant eu plus de 36 heures de retard, Simon, Oreca et Renault Sport Technologies n’ont pu mener à bien tout le programme d’essais prévu le week-end dernier : « J’ai tout de même pu rouler sur des routes représentatives de ce que nous allons rencontrer en course. Nous avons ainsi pu faire évoluer les réglages. Et je fais confiance à l’équipe d’Olivier Maroselli pour nous concocter une Clio redoutable… »

A l’issue des deux premières journées de reconnaissances, Simon peut décrire le profil des spéciales : « C’est encore la fin de l’hiver ici. Il fait donc très froid et il y a de la neige et de la glace au sommet des montagnes. Comme il a beaucoup plu dernièrement, les organisateurs et les collectivités locales travaillent beaucoup pour remettre les routes en état. Le parcours est assez sinueux, un peu moins qu’à Chypre toutefois. Je pense que ce sera un rallye très difficile pour les voitures. Globalement je préfère des routes plus rapides mais je me ferai une idée définitive en course ! »

Simon sait donc qu’il va falloir ménager sa monture pour aller loin. En ayant remporté la classe lors des deux derniers rallyes disputés, le Martiniquais ne peut viser que la victoire : « J’ai effectivement pour objectif de continuer sur la lancée de la Grande-Bretagne et du Monte-Carlo. J’espère tout simplement que le travail que nous effectuons depuis un an paiera. »

Magazine  10 février 2003

Des 24 Heures du Mans au Monte-Carlo…

Passionné depuis toujours, Christian évolue dans le sport automobile depuis une dizaine d’années. Entré au Giroix Racing pour s’occuper des Seat de Supertourisme, il a ensuite traversé la manche pour travailler chez McLaren sur le développement de la F1 GTR. Son parcours reste ensuite lié à l’endurance : après un an chez Lotus pour le programme Elise GT1, il entre chez Oreca en 1998.

A l’époque, l’écurie de Signes est focalisée sur le programme de la Chrysler Viper. L’équipe passe ensuite aux sport-prototypes, toujours avec Chrysler. Au cours de ces années, Christian travaille avec des pilotes prestigieux : Beretta, Lamy, Comas, Wendlinger, Minassian, Dalmas… Quelques beaux souvenirs demeurent, comme la victoire aux 24 Heures de Daytona 2000 ou la 4e place aux 24 Heures du Mans 2001, juste derrière les trois Audi officielles.

La carrière de Christian prend un nouveau virage à l’aube de la saison 2003, puisqu’il est décidé qu’il s’occupera de la Renault Clio Super 1600 de Simon Jean-Joseph : « Je connaissais un peu le rallye car j’avais fait des assistances pour des copains pilotes. Le haut niveau, je le découvre cette saison. Je connaissais évidemment Simon au travers des médias et je me suis dit que j’avais de la chance de pouvoir travailler avec lui pour ma première saison en rallye. »

Commence alors pour Christian et ses collègues l’habituelle course contre la montre : il faut que tout soit prêt pour la première épreuve, le mythique Monte-Carlo ! Sur l’aéroport de Tallard – parc d’assistance de la première étape – Christian livre ses premières impressions : « Les conditions de travail sont évidemment très différentes de ce que nous connaissons en circuit. Dans les boxes du Mans, tout est d’une propreté clinique, nous avons de la place, de grandes servantes pour les outils… Là, il faut composer avec un environnement hostile. Mais au bout du compte, le travail reste le même : la Clio est une vraie voiture de course, bien faite, aux organes accessibles. Et nous devons tout faire pour qu’elle aille au bout… si possible en tête ! »

Lorsque la Renault frappée du numéro 106 arrive pour une assistance, Christian, Jimmy, Jean-Michel et les deux David savent qu’ils n’ont pas une minute à perdre : « Une assistance de rallye, c’est un peu comme un ravitaillement au Mans. Il y a une tension qui monte quelques minutes avant. Il faut ensuite tout donner pour remettre la voiture en état dans le temps imparti. »

Mais lorsque la voiture repart, c’est une longue attente qui commence : « Finalement la grande différence est là : en rallye, on se sent impuissant car on ne revoit plus les voitures pendant deux ou trois heures. En circuit, on peut les suivre à la télé, sur les écrans de télémétrie… ou les voir passer toutes les trois minutes ! Là, il faut attendre, essayer de glaner les temps des spéciales… »

Avec une victoire de classe lors de la première épreuve, Christian est évidemment satisfait du coup d’envoi de la saison. D’autant plus qu’il trouve l’ambiance excellente : « C’est agréable de travailler avec Simon. Il est toujours d’une humeur constante et on sent qu’il a de bonnes relations avec le public. Je n’oublie pas Jack Boyère, qui est également quelqu’un de très professionnel. Je trouve que le copilote a un rôle très important. Il est aux premières loges pour ressentir le comportement de la voiture. Son feedback est complémentaire du pilote, je pense que cela aide les ingénieurs… »

Même s’il avoue qu’il se retrouverait bien en juin prochain dans un stand du Mans, Christian est comme un poisson dans l’eau en rallye. A l’image de toute l’équipe, il n’a qu’une idée en tête : voire « sa » voiture gagner.

Monte-Carlo – Arrivée  27 janvier 2003

Jackpot pour Simon à Monaco !

Le rallye commence loin de Monaco, à Gap plus exactement. La journée de vendredi s’annonce comme la plus difficile du rallye. Six spéciales sont au programme, avec toutes les conditions de routes, de l’asphalte sec à la glace vive !

Ces conditions piégeuses à souhait, Simon les adore tout en s’en méfiant : « Le Monte-Carlo est un rallye de compromis. On ne peut pas avoir une voiture et une monte pneumatique parfaites sur l’ensemble d’une boucle de spéciales. Il faut donc faire preuve de beaucoup d’improvisation pour rester sur la route, avant même de penser à faire des temps ! »

Dès la première spéciale, Simon donne le ton en réalisant le meilleur temps. Tout au long de la journée, il va se bagarrer avec le jeune Suédois Daniel Carlsson : « C’est un garçon que j’apprécie. Nous avions pu nous rendre compte de sa pointe de vitesse aux Cardabelles l’an passé. Mais là, je dois humblement reconnaître qu’il m’a donné une leçon dans la spéciale de Plan de Vitrolles. Il devait être dégoupillé ! De mon côté, j’ai chercher à assurer car je ne le sentais pas. Un rallye comme le Monte-Carlo ne se gagne pas sur un ou deux chronos. Il faut savoir être constant. »

Avec deux meilleurs temps et quatre deuxièmes places en six spéciales, Simon occupe la tête à l’issue de la première étape. Malheureusement pour le sport, Carlsson est mis hors-course avant le départ de la deuxième étape. Simon se retrouve avec 2’30’’ d’avance sur… son équipier Brice Tirabassi, leader et futur vainqueur du JWRC.

La deuxième journée est plutôt courte, puisque Simon et ses adversaires ne disputent qu’une spéciale ! La première est annulée (trop de spectateurs). Les troisième et quatrième épreuves du jour sont neutralisées car un accident de la route bloque le parcours de liaison. Entre ces évènements, Simon a tout de même le temps de signer un nouveau meilleur temps… portant ainsi son avance à 3’14’’.

La dernière journée ne s’annonce pas de tout repos, car la fameuse spéciale du col du Turini est au programme à deux reprises. Les derniers kilomètres de la montée sont enneigés : Simon décide de jouer la sécurité en montant des pneus clous. La voiture est très sous-vireuse sur l’asphalte, mais ce choix permet au Martiniquais d’augmenter son avance au premier passage.

Le pilote de la Renault Clio Super 1600 conserve des pneus clous pour le deuxième passage. Dans la dernière spéciale du rallye, une mésaventure manque de réduire à néant tout le travail effectué : « Je suis arrivé en sous-virage dans un piège et j’ai glissé sur les pierres sorties par Marcus Gronholm, qui avait touché à cet endroit juste avant moi. J’ai tapé de l’arrière gauche et le pneu à crevé. J’ai fait les 18 derniers kilomètres sur trois roues. Mon avance était heureusement suffisante pour que je garde la tête ! »

Simon remporte en effet la classe A6 au terme d’une course sans faute : « Ce fut un très bon week-end. Nous avons roulé sur un rythme adapté au Championnat du Monde : pas de « maximum attaque », mais beaucoup d’improvisation. Je dois tirer un grand coup de chapeau à l’équipe Oreca, qui a réalisé un travail parfait ce week-end. Nous n’avons connu aucun souci de fiabilité. Tout ceci est de bon augure pour la suite de notre longue saison ! »

Monte-Carlo – Présentation  22 janvier 2003

Un monument pour débuter la saison

Comment as-tu occupé cette inter-saison ?
« Je suis évidemment rentré en Martinique pour les fêtes. Aux Antilles, Noël est une fête familiale traditionnelle. C’est un moment fort de l’année… même si nous sommes les pieds dans une eau à 27° ! J’ai aussi effectué plusieurs séances d’essais avec la Clio. Nous avons figé la définition du nouveau moteur, que nous utiliserons dès ce week-end. Et nous avons bien sur travaillé sur des réglages spécifiques au Monte-Carlo. J’ai même pu aller skier quelques jours à Morzine. L’accueil des mes amis y est toujours aussi sympathique ! »

C’est une inter-saison courte, mais ta saison 2003 va être dans la continuité de 2002…
« Oui et non ! Certes, je piloterai toujours une Renault Clio Super 1600 en Championnats de France et du Monde avec Jack Boyère dans le baquet de droite, mais il y a aussi de gros changements. Renault s’implique officiellement, l’exploitation de ma voiture est désormais assurée par l’équipe Oreca et je vais travailler avec un équipier, Brice Tirabassi en l’occurrence. »

Ton équipier, tu le connaissais déjà pour l’avoir affronté en Championnat de France l’an passé…
« Un adversaire n’a rien à voir avec un équipier ! J’apprend à connaître Brice en le côtoyant dans un contexte différent. C’est un garçon charmant, sans prise de tête et qui a une grande soif d’apprendre. Entre nous il règne une bonne ambiance, comme dans toute l’équipe d’ailleurs. »

Justement, tu vas travailler avec la fameuse équipe Oreca…
« Au cours des cinq dernières saisons, j’ai travaillé avec sept teams différents : M-Sport, Ford Boreham et First en 1999, Prodrive et Cilti Sport en 2000, Kronos Racing en 2001 et Automéca en 2002. Je commence donc à avoir l’habitude du changement. Je suis très heureux de travailler avec ce que je considère comme l’équipe de référence du sport automobile français. Le palmarès d’Oreca est impressionnant et couvre toutes les disciplines ! Les hommes de Hugues de Chaunac ont un grand savoir-faire et ils sont motivés à l’idée de prouver leur potentiel en Mondial. »

C’est la deuxième fois que tu vas disputer le Monte-Carlo. Rafraîchis-nous la mémoire sur ta participation, en 1999.
« Je me suis retrouvé au départ avec une des deux nouvelles Focus WRC officielles, et Colin McRae en équipier ! Après la saison 1998 passée avec mon petit commando, il s’agissait d’un gros changement. Dans la première spéciale, Plan de Vitrolles – Faye, j’ai connu le lot de pas mal de monde : comme Auriol, Kankkunen, Sainz ou Loix, je suis sorti dans une portion enneigée. Une vraie hécatombe ! J’ai perdu dix minutes avant de repartir. J’ai ensuite régulièrement signé des temps dans les cinq premiers. A l’arrivée, les deux Focus ont été déclassées pour un problème de conformité de pompe à eau. L’épisode de la première spéciale résumé à lui-même ce rallye : tout peut arriver à n’importe qui et n’importe quand. Les conditions de route sont tellement différentes – on peut avoir de l’asphalte sec et de la glace dans la même spéciale – qu’il faut de sacrées doses d’expérience et de réussite pour rester sur la route. »

Tu n’as donc pas une très grande expérience de cette épreuve. Quels sont tes objectifs ?
« Je vais essayer de poursuivre sur ma lancée de 2002. A chaque épreuve mondiale, je me battais devant. J’ai gagné en Grande-Bretagne en disputant le rallye pour la première fois. Je pars donc pour me battre avec les meilleurs concurrents du Championnat du Monde Junior et remporter la classe A6, qui correspond aux voitures du Super 1600. »

On ne te retrouvera donc pas dans le classement du JWRC ?
« Non, je n’ai pas pu m’engager dans ce Championnat car j’ai atteint la limite d’âge fixée par la FIA. Je m’impose les mêmes contraintes que ces pilotes, à savoir un quota de pneumatiques réduit et seulement quatre mécaniciens. En revanche, je ne serai pas dans le même parc d’assistance que ces concurrents et je devrai m’élancer derrière eux… même si je suis devant au classement général ! On a vu l’an passé combien cela peut être pénalisant. Et je n’apparaîtrai pas dans le classement JWRC, mais seulement dans le classement général.

  31 décembre 2002

Galerie photos : 2002