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Lyon-Charbonnières - Etape 1  11 avril 2003

Simon sauvé des eaux

Il régnait une atmosphère de rentrée des classes festive autour du stade Gerland, théâtre des vérifications du rallye. La tension montait d’un cran en début de soirée, les concurrents partant à l’assaut des trois spéciales composant la première étape. La météo était incertaine, mais la plupart des équipages choisissait de monter des pneus secs.

A vrai dire, ce n’était pas une bonne idée. La pluie faisait son apparition alors que la première voiture se positionnait sur la ligne de départ. A l’arrivée, deuxième temps derrière la 206 de Bouffier, Simon Jean-Joseph avouait avoir connu « le salaire de la peur ».

Dans la deuxième spéciale, le Martiniquais concédait encore du temps à Bouffier après avoir commis deux petites erreurs : « J’ai perdu une dizaine de secondes dans des parties lentes. Mais je reste tout de même au contact. » De son côté, Brice Tirabassi n’était pas satisfait de ses temps : « C’est très difficile de tenir la voiture sur la route dans ces conditions. Je crois que j’assure trop, mais je ne veux pas risquer la sortie de route. »

La dernière spéciale du jour était tout aussi détrempée. Malgré cela, Simon démontrait ses talents d’équilibriste en remontant en deuxième position au classement scratch. De retour au parc d’assistance, il se montrait satisfait de cette première journée : « A part Bryan Bouffier et Jean-François Bérenguer, nous avons tous fait le choix de pneus secs. J’ai vraiment essayé de prendre sur moi, de calmer le jeu et d’anticiper les situations délicates. Cette deuxième place me réjouit car l’écart qui nous sépare du leader n’est pas insurmontable. »

Hugues de Chaunac, Président d’Oreca, déclarait pour sa part au parc d’assistance : « Les conditions météo ont rendu les choses aléatoires. Comme la plupart de nos concurrents, nous n’avons pas fait de coup de poker en tentant le pari des gommes mixtes. Simon a fait des temps exceptionnels si l’on considère qu’il était en pneus secs. C’est satisfaisant d’être si proche du premier. Quant à Brice, je suis persuadé qu’il améliorera sa position demain. Par mesure de sécurité, nous changeons la boîte de vitesses de sa Clio. »

La deuxième étape sera le plat de résistance de ce rallye. Tracées dans le Beaujolais, les cinq premières spéciales totaliseront 120 kilomètres. La journée se terminera par une spéciale-spectacle tracée autour du stade Gerland.

Lyon-Charbonnières – Présentation  7 avril 2003

Un deuxième coup d’envoi !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la saison a bien commencé pour Simon. Sur des terrains aussi différents que l’asphalte enneigé du Monte-Carlo ou la terre cassante de Turquie, le Martiniquais a brillé lors de ses deux premières courses 2003. A chaque fois, il a remporté la classe A6 avec une avance significative.

Ce week-end, les compteurs seront remis à zéro avec la première manche du Championnat de France Super 1600. Enrôlé dans l’équipe officielle Renault, Simon attend beaucoup de ce premier rendez-vous : « Les deux premières courses du Championnat du Monde se sont bien passées, mais c’est un exercice complètement différent qui nous attend à Lyon ! Faire partie de l’équipe construite par Renault pour son retour en rallye est une fierté. C’est la première fois qu’un constructeur me confie une voiture pour un Championnat complet, alors je suis plus motivé et plus déterminé que jamais. Renault ne revient pas pour faire de la figuration, mais pour gagner. Ca tombe bien, c’est aussi mon objectif ! J’ai fait plusieurs podiums en Championnat de France l’an passé. Cette année, je veux des victoires et pourquoi pas le titre… »

Pour gagner, il va falloir devancer une sacrée brochette de pilotes. A commencer par Brice Tirabassi, le Champion en titre… qui sera l’équipier de Simon sur la seconde Renault officielle. Il y aura également d’autres Clio, comme celles de Bérenguer, Véricel, Guigou, Pressac ou Beuron. L’adversaire le plus farouche du Losange sera certainement le Lion. Cédric Robert et Bryan Bouffier seront les pilotes des 206 officielles. Et du côté du Double Chevron, la paire constituée de Noël Tron et Marc Amourette s’annonce redoutable.

Heureusement, Simon sait qu’il a de nombreux atouts dans son jeu : « Je fais partie d’une équipe officielle, et cela change beaucoup de choses par rapport à un programme privé. Je n’ai plus à m’occuper de détails annexes à la course. Mon seul rôle, c’est de piloter ! La Clio a évolué pendant l’hiver et les essais que nous avons effectués en vue du Charbo me rendent optimiste. Quant à l’équipe Oreca, elle a démontré au Monte-Carlo et en Turquie ses capacités. Nous avons un package très fort. »

A l’issue des reconnaissances, Simon est enthousiaste… et impatient d’être au départ : « Je crois que les spectateurs vont assister à quelque chose de grandiose. Les spéciales des Monts du Lyonnais et du Beaujolais sont très belles et adaptées aux Super 1600. Il y a beaucoup de passages rapides, avec de grandes courbes sur le fil du rasoir. Les écarts vont être très faibles, de l’ordre d’un dixième au kilomètre. Toute erreur sera rédhibitoire et la course ne sera pas gagnée avant l’arrivée… »

Turquie – Arrivée  2 mars 2003

Simon fort comme un turc !

La troisième et dernière étape du Rallye de Turquie se composait de cinq spéciales. La plupart des routes ayant déjà été empruntées au cours des deux premières journées, de nombreux « rails » s’étaient formés, rendant le parcours encore plus difficile.

Avec sept minutes d’avance ce matin, Simon Jean-Joseph était clair quant à sa stratégie : « Il ne sera pas possible de me rattraper à la régulière. Je vais donc rouler sur un rythme moins soutenu qu’hier, pour préserver la mécanique. La Clio a déjà beaucoup souffert et je tiens à rallier l’arrivée en tête ! »

Effectivement, Simon concède une trentaine de secondes lors des deux premières spéciales… avant de signer le meilleur temps dans l’ES16 : « C’était un peu plus roulant, alors j’ai pu attaquer. Cela permet de se faire plaisir ! »

Mais les deux dernières spéciales ne sont pas synonymes de plaisir pour Simon : « Une pierre a du sectionner un tuyau de direction assistée au milieu de l’ES17. Je me suis retrouvé au volant d’un véritable camion ! C’était très difficile, surtout dans les parties sinueuses. J’ai perdu plus de deux minutes, mais ce n’était pas grave compte tenu de notre avance. » En effet, le Martiniquais rentrait en vainqueur à Antalya…

En dix-huit spéciales, Simon a signé douze meilleurs temps, trois deuxièmes et un troisième chrono. Cette domination sans partage lui permet de tirer un bilan très positif de cette épreuve : « Je me suis fait un joli cadeau pour mon vingtième rallye de Championnat du Monde ! Je suis très heureux de faire briller une nouvelle fois les couleurs de la Martinique. Grâce au travail que nous avons entrepris depuis le début de l’année, nous disposons désormais d’une Clio aussi fiable que performante. Ensuite, il ne fallait pas faire de faute sur les spéciales, ce que Jack et moi avons su faire. J’apprécie particulièrement ce pilotage en improvisation. »

La saison mondiale va maintenant être mise entre parenthèses jusqu’au mois de juin. En attendant le Rallye de Grèce, Simon va s’attaquer au Championnat de France, qui débutera le 10 avril au Lyon-Charbonnières : « Ce sera un exercice très différent du Championnat du Monde. Sur un rallye comme la Turquie, il est possible de perdre une minute dans une spéciale… et de s’imposer tout de même ! En Championnat de France c’est impossible : c’est un véritable sprint où la moindre seconde perdue ne se récupère pas. Mais j’aime relever les challenges, et je vais tout faire pour obtenir de très bons résultats sur le plan national. »

Turquie – Etape 2  1 mars 2003

Copie parfaite pour Simon !

La journée débute par les 20 km de la spéciale d’Olympos. La route est sèche, mais on trouve encore de la glace en altitude. Après une nuit réparatrice, Simon a oublié son coup de froid de la veille : il signe d’emblée le meilleur temps, reléguant ses poursuivants à plus d’une seconde au kilomètre !

Ce n’est que le début d’un festival du pilote de la Renault Clio Super 1600. A nouveau meilleur temps dans la longue spéciale de Kumluca, le Martiniquais rentre à l’assistance avec deux minutes d’avance sur Daniel Carlsson : « C’est toujours très difficile. Les routes sont parsemées de gros cailloux… et on ne sait jamais sur quoi on va tomber. C’est de l’improvisation permanente ! J’essaie de faire de mon mieux, d’appliquer ce que me dit Jack pour faire de bons chronos sans trop solliciter la voiture. »

La course reprend avec une boucle de trois spéciales. A nouveau, Simon signe trois meilleurs temps malgré un problème peu habituel dans l’ES11 : « J’avais ouvert ma vitre sur le parcours de liaison, mais elle est restée bloquée et je n’ai pas pu la remonter avant le départ. J’ai conduit comme j’ai pu, en composant avec le froid et la poussière. C’était difficile, surtout quand nous avons rattrapé un concurrent ! »

A l’assistance, l’équipe Oreca résout le problème. Simon peut partir à l’assaut des deux dernières spéciales, identiques aux deux premières du jour. Plus rapide d’une seconde au kilomètre que ses adversaires, le pilote antillais accentue encore son avance ! Il boucle la deuxième étape avec une confortable marge de sept minutes sur le Finlandais Katajamaki. Carlsson a en effet été retardé par des problèmes mécaniques.

Malgré cette confortable avance, Simon ne veut pas crier victoire trop vite : « Je suis tout d’abord satisfait de cette journée : ce n’est pas tous les jours qu’on réalise tous les meilleurs temps. Je voulais souligner la qualité des pneus Michelin, qui souffrent le martyre dans ces conditions. Nous n’avons pas eu à déplorer de crevaison et j’espère qu’il en sera de même demain. Il me reste six enveloppes neuves pour les cinq spéciales de la troisième étape. Je vais avant tout chercher à gérer mon avance lors de cette dernière journée. Ce n’est pas le plus facile car il faut tout de même rester concentré. »

Des 60 équipages partis d’Antalya jeudi soir, il n’en reste plus que 28 ce soir. Incontestablement, ce premier Rallye de Turquie se déroule dans des conditions très difficiles. Les voitures sont soumises à un traitement des plus cruels sur les routes montagneuses… et ce n’est pas terminé ! Demain, il reste cinq spéciales totalisant près de 90 km à parcourir.

Turquie - Etape 1  28 février 2003

En tête après la première journée !

Le rallye a débuté jeudi soir par une courte spéciale spectacle de 1,55 km tracée à Antalya. Simon s’est d’emblée installé en tête de la classe A6, avec une petite avance de… 2/10e sur son équipier, Brice Tirabassi.

Mais les choses sérieuses commençaient aujourd’hui. Au programme, cinq spéciales totalisant 95 kilomètres chronométrés. Avec seulement 2,73 km, l’ES2 était parfaite pour se réveiller ! Simon concédait 2’’ à Daniel Carlsson. Le pilote de la Renault Clio Super 1600 répliquait dans la troisième spéciale, puisqu’il reprenait 5’’ à son adversaire, retrouvant par la même occasion la tête de la classe A6. Malheureusement, Brice Tirabassi sortait de la route dans cette spéciale : Simon se retrouvait seul pour défendre les chances de Renault.

Il restait une spéciale à disputer avant le retour à l’assistance de Kemer. Simon prenait encore 8’’ à Carlsson, portant son avance à 12’’. Avant d’attaquer la dernière boucle de deux spéciales, Simon dressait un premier bilan de la journée : « Tout d’abord je suis déçu que Brice ait été contraint à l’abandon. Cela aurait pu tout aussi bien m’arriver. Les routes sont très piégeuses et la moindre erreur peut se payer au prix fort. En ce qui me concerne, je suis diminué physiquement après avoir pris un mauvais coup de froid. Heureusement que Jack est là pour me donner les bonnes notes ! Nous allons améliorer le set-up de la voiture. Les réglages que nous avions définis après notre séance d’essais ne sont pas adaptés aux spéciales d’aujourd’hui. Je vais voir ce que ça donnera pour ces deux dernières ES ! »

A l’arrivée de l’ES5, Simon s’avouait un peu « endormi », mais satisfait de ses nouveaux réglages. Son avance sur Carlsson avait fondu à seulement 2’’ ! Bien décidé à ne pas se laisser faire, le Martiniquais sortait la grosse attaque pour la dernière spéciale du jour. Sur les 29,87 km de la spéciale de Silyon, le pilote de la Renault Clio n°101 assenait un coup au moral de ses adversaires : Ligato était relégué à 54’’, Carlsson à plus de une minute !

« C’est ma revanche du Col de Faye », rigolait Simon de retour à l’assistance. « Dans cette spéciale du Monte-Carlo, j’avais « reçu » ! Mais là, j’ai dégoupillé et je ne suis pas surpris de faire un si bon temps. Attention, je suis toujours très attentif pour sauvegarder la mécanique. Il n’y a qu’à regarder la liste des abandons pour se rendre compte de la difficulté du parcours. Je vais essayer de poursuivre la course en tête, mais il va falloir croiser les doigts pour que la mécanique tienne le coup. Notre Clio est fiable, mais personne n’est à l’abri de rien. Ceux qui seront à l’arrivée seront forcément bien placés. »

Non content d’occuper la tête de la classe A6, Simon occupe ce soir une remarquable 12e place au scratch. Demain, la deuxième étape comportera six spéciales totalisant 159 kilomètres. Autant dire qu’il va encore se passer beaucoup de choses !