Posts tagged ‘Renault Clio’

Le Touquet - Arrivée  13 octobre 2003

Simon sur le podium

La première étape n’était composée que de deux spéciales, totalisant 33 kilomètres. Deux fois deuxième derrière Tirabassi, Simon rentrait au parc fermé avec seulement 6’’5 de retard : « Je pensais qu’il pleuvrait ce soir et j’avais fait monter un couple court, qui rend la voiture plus facile à conduire sur le mouillé. Mais les routes sont restées sèches, ce n’était pas la bonne stratégie ! Je pense qu’une bonne partie de l’écart qui me sépare de Brice se trouve là. Les mécaniciens vont monter un couple plus long pour la deuxième étape. A part cela, je suis très satisfait de ma voiture. Suspensions, freins, tout fonctionne parfaitement ! J’ai confiance pour demain… »

La deuxième étape était constituée de six spéciales totalisant près de 120 kilomètres. C’est sous un grand soleil que s’élançaient les concurrents en fin de matinée. Dès l’ES5, les choses se gâtent pour Simon : « J’ai fait une erreur stupide sur un freinage, un piège que je connais pourtant. J’ai fini dans un champ ; le temps de faire demi-tour et j’avais perdu une bonne quinzaine de secondes. Pour finir, j’ai eu une crevaison lente. Au total je lâche une trentaine de secondes dans cette seule spéciale. Ce sera dur de gagner ici… »

Simon perd ensuite progressivement. De retour au Touquet, il pointe en cinquième position, à près d’une minute : « Je n’ai pas été dans le coup aujourd’hui. La voiture va bien, c’est moi qui ne suis pas dans le rythme. Je ne me cherche pas d’excuse. Pour demain nous repassons sur un couple court, j’espère que ça me permettra de gagner une ou deux places… »

Le soleil est toujours de la partie dimanche et Simon retrouve le sourire en revenant au niveau des leaders. Il passe d’abord Emmanuel Guigou, puis hérite de la 3e place quand Jean-François Bérenguer sort de la route. Il conforte enfin sa place sur le podium en signant le scratch dans l’ultime spéciale.

Sur le podium final, Simon reconnaît que la victoire aurait été difficile à aller chercher : « J’ai tout simplement manqué ce rendez-vous. Je n’ai pas réussi à me hisser au niveau de Brice, qui a fait une course parfaite ce week-end. J’ai commis une petite erreur qui m’a fait perdre le contact avec lui. J’ai ensuite manqué d’énergie pour revenir dans la course. Heureusement toute l’équipe a su me soutenir et je les en remercie. Je suis satisfait d’avoir fait une bonne dernière journée qui me permet de monter sur le podium… »

Sanremo - Arrivée  5 octobre 2003

Un final à suspense…

La troisième étape démarre plutôt calmement : une des voitures précédant la Clio Super 1600 de Simon sort de la route, provoquant la neutralisation des ES 11 et 12. Dès lors on peut penser que le classement n’évoluera plus. C’est sans compter sur la pluie, la grande absente du rallye ! Les équipages sont à l’assistance d’Imperia quand de gros nuages noirs s’amoncellent au-dessus des montagnes. Des averses éclatent sur les spéciales : le choix des pneumatiques revêt une importance cruciale.

Nicolas Bernardi choisit de partir avec deux slicks et deux intermédiaires. Simon, qui n’a plus rien à perdre, tente un coup de poker en chaussant quatre slicks. A l’arrivée de l’ES13, force est de constater que le pari de Simon n’a pas réussi : Nicolas réalise le meilleur temps avec 47’’2 d’avance. La tendance se confirme dans la dernière spéciale du rallye : Simon perd encore près d’une minute, mais il conserve tout de même la deuxième place de la classe A6.

Sur le podium de Sanremo, le ciel est d’un bleu intense et le soleil brille de nouveau. Simon avoue rester sur sa faim : « J’ai tenté un coup de poker pour les dernières spéciales, j’ai attaqué très fort mais il pleuvait trop pour que ça puisse marcher. Bravo à Nicolas, qui a fait une course superbe. Sans ce problème chronique de freins, j’aurais pu lui donner plus de fil à retordre, mais il faut être philosophe… Malgré cela, j’ai pris beaucoup de plaisir sur ces magnifiques spéciales. Je serai nostalgique de ce rallye, que nous disputions vraisemblablement sous cette forme pour la dernière fois… »

Les Renault Clio Super 1600 couvées par Oreca ont une nouvelle fois survolé les débats. Ce doublé en classe A6, agrémenté par tous les meilleurs temps du rallye, réjouit Hugues de Chaunac : « De nos trois pilotes, Simon est celui qui a le plus souffert des problèmes de freins rencontrés sur les voitures. Il a tout de même fait une belle course qui ne reflète pas son potentiel. Il permet en tous cas à Renault de signer un nouveau doublé et je suis certain qu’il prendra sa revanche très prochainement… »

Sanremo - Etape 2  4 octobre 2003

Les Clio font la course en tête

La journée débute donc par cette spéciale de Teglia, qui va mettre à rude épreuve pneus, freins… et pilotes. Les deux Renault Clio Super 1600 avalent les 52 kilomètres en un peu plus de 38’ : l’intensité de l’effort peut se lire sur les visages au point stop… Nicolas signe le meilleur temps avec 18’’9 d’avance sur Simon.

Un Simon qui n’est pas en phase avec sa voiture : « Nous avons changé le différentiel hier mais j’avais un meilleur feeling avec l’ancien. Nous allons donc le changer à nouveau. » En 17’50’’, les mécaniciens d’Oreca réussissent l’exploit de changer la boîte de vitesses et les suspensions. Et Simon leur promet de sortir la grande attaque pour les remercier…

Le Martiniquais réplique en signant les meilleurs temps des deux spéciales suivantes. Il reprend 12’’2 à Nicolas : « Je suis très content de la voiture, à part ces problèmes de freins qui surviennent toujours à partir du vingt-cinquième kilomètre. Ca ne va pas m’empêcher d’attaquer dans le deuxième passage de Teglia, mais je sais que ce sera difficile. »

Sur ce juge de paix, Nicolas se montre une nouvelle fois intraitable. Il reprend 35’’9 à Simon, qui avoue s’être fait une grosse chaleur.

Dans leur lutte, les deux pilotes du Clio Team ont relégué l’Italien Baldacci et les autres concurrents du JWRC à plus de trois minutes. L’équipe se conforme pourtant au règlement de ce Championnat, notamment au niveau des pneumatiques.

Hugues de Chaunac, Président d’Oreca, ne peut être que satisfait de ce doublé provisoire : « Il faut souligner la performance exceptionnelle de Nicolas. Nous ne sommes pas surpris, mais heureux de lui avoir fait confiance. Simon souffre beaucoup plus du problème de freins que nous connaissons depuis le départ. Sa grande connaissance de la voiture le handicape un peu, car il est plus vite à la limite que Nicolas. Il fait une très belle course, mais ses temps ne reflètent pas tout son potentiel, ni celui de la Clio Super 1600… »

Sanremo - Etape 1  3 octobre 2003

Déjà meilleur performer !

Avec quatre scratches et deux deuxièmes places en six spéciales, Simon est le meilleur performer du jour. Pas complètement satisfait de son set-up après la première boucle de deux spéciales, le Martiniquais a retrouvé ensuite une Clio plus conforme à ses attentes : « Nous avons passé une bonne journée. L’équipe a bien fait évoluer la voiture. Mais je ne peux pas attaquer à fond car j’ai des problèmes de freins. En fait c’est un souci que nous retrouvons sur toutes les voitures de l’équipe. J’espère que nous aurons trouvé une solution pour demain. Je suis obligé de me mettre sur la défensive et je ne peux pas attaquer à fond… Je pense en tous cas que nous aurons une belle bagarre avec Nicolas demain ! »

Interview  29 septembre 2003

« Le titre n’est pas une obsession ! »

Tu as fait aux Cardabelles un rallye en demi-teinte. Que s’est-il passé ?
« J’ai senti dès le shakedown que les réglages de la voiture ne me convenaient pas. Mais comme la route n’était pas représentative du terrain que nous allions rencontrer, je ne me suis pas inquiété. Nous n’avions pas fait d’essais spécifiques avant cette épreuve, mais nous avons pris la décision d’utiliser les nouveaux amortisseurs homologués en juillet dernier. Pour les avoir utilisés en Finlande, je suis persuadé qu’ils sont meilleurs que les anciens. Mais nous sommes tout de même passés à côté sur ce rallye. Vendredi, j’ai du également composer avec un problème de direction qui ne m’a pas mis en confiance. Ce qui a fait que j’ai subi la voiture… »

Tu as cependant retrouvé un bon feeling le samedi. En six spéciales, tu ne rends que 5’’ au meilleur performer du jour, Emmanuel Guigou…
« Le changement de boîtier de direction à l’assistance du vendredi soir m’a en effet permis de repartir sur de meilleures bases. J’ai pu attaquer au maximum et l’équipe a continué à faire évoluer le set-up. Ce n’était toujours pas comme je l’aurais souhaité, mais c’était mieux et j’ai quand même pu faire quelques bons chronos, dont un temps scratch. »

Par contre, dimanche, tu étais hors de la lutte en tête…
« L’équipe technique a continué à chercher des solutions et nous avons tenté quelque chose samedi soir. Ce qui était délicat dans la mesure où ce ‘step’ n’avait pas été validé en essais. Lors de la première boucle du dimanche, je me suis retrouvé avec une voiture très survireuse. Ce défaut a été corrigé pour les dernières spéciales, mais il était trop tard. »

Plutôt que d’aller en avant, n’était-il pas possible de revenir en arrière, de reprendre des solutions déjà éprouvées ?
« Non, car le règlement nous l’interdit. Quand nous prenons le départ d’une épreuve avec une évolution ayant fait l’objet d’une homologation, il n’est pas possible de revenir en arrière en cours de rallye. »

La victoire-surprise de Brice Tirabassi le replace dans la course au titre. Comment vois-tu la fin du Championnat de France ?
« Maintenant que le titre Constructeurs est assuré pour Renault, nous allons pouvoir nous affronter pour le titre Pilotes sans retenue. J’étais venu aux Cardabelles pour me battre pour la victoire et décrocher le Championnat. A matériel égal, force est de constater qu’il a été meilleur que moi. J’aborderai les deux dernières épreuves sans être obsédé par le titre. Je prendrai le départ du Touquet et du Var pour m’imposer. Si je gagne ou si je termine une fois devant Brice, je serai Champion. C’est tout. Mathématiquement les choses sont plutôt à mon avantage, mais il va encore falloir ce battre et c’est tant mieux. »

Depuis le début de la saison, tu es le seul pilote à avoir marqué des points à chaque reprise et à avoir signé au moins un scratch sur chaque course. Tu détiens le record de victoires, de podiums et de meilleurs temps. Que t’inspirent ces statistiques… plutôt flatteuses ?
« Ces chiffres m’apportent une certaine fierté. Cela prouve peut être que ma façon d’aborder les courses est la bonne et que je suis à la fois polyvalent, performant et fiable. Mais on dit que les chiffres parlent d’eux-mêmes, alors je ne vais pas m’étendre sur la question ! »

Avant le Rallye du Touquet, tu vas disputer le Rallye Sanremo avec la Clio Super 1600. C’est un peu ton rallye fétiche ?
« Je l’ai disputé sans interruption depuis 1999, je le connais donc très bien. J’aime beaucoup l’Italie et son art culinaire. Il se trouve que je garde quelques bons souvenirs de cette épreuve. Notamment en 2000, quand je signe mes premiers temps scratches en Championnat du Monde avec l’Impreza WRC, ou en 2001 quand je termine l’épreuve au coude à coude avec Petter Solberg et Colin McRae ! L’an passé j’ai été contraint à l’abandon après une bonne première étape, j’ai donc une revanche à prendre sur le sort. Je n’ai pas d’objectif particulier à part me faire plaisir tout en mettant en valeur mes partenaires. La liste des engagés en classe A6 est bien fournie, je crois donc qu’il y aura une belle course dans la course ! »