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ERC 2004  26 mars 2004

Campagne européenne pour Simon !

Après avoir remporté le Championnat de France des Rallyes en 2003, Simon Jean-Joseph souhaitait franchir une marche supplémentaire : « Il s’agit d’une suite logique dans ma carrière. Le Championnat d’Europe est marqué par de profonds changements qui le rendent attractif pour les voitures du Super 1600. C’est pour cela que j’ai cherché à monter ce programme avec Renault Sport, ses filiales et mes partenaires. Pour ces derniers, il s’agit d’une belle opportunité de communiquer »

L’ERC adopte en effet un nouveau format, avec un calendrier limité à neuf épreuves asphalte, comptant toutes pour le classement final. L’interdiction des WRC va en outre permettre aux Super 1600 de jouer la victoire scratch… et pourquoi pas le titre !

« En collaboration avec nos filiales, cet engagement doit accompagner la promotion de Renault et de ses produits partout en Europe et notamment sur les marchés à fort potentiel de croissance», complète Jean-Paul Mari, Directeur de la compétition et de la communication de Renault Sport Technologies. « Il y a déjà 46 voitures qui ont été vendues et qui s’illustrent dans les différents Championnats nationaux. L’engagement de Simon vient en complément de ces programmes et nous espérons qu’il incitera de nouveaux pays à se lancer dans le rallye. C’est aussi, conclut Simon, une belle opportunité pour mes partenaires – dont la Martinique – de valoriser, sur une scène internationale, leur engagement à mes cotés.

Sur le plan purement sportif, Simon sait qu’il va devoir affronter des adversaires affûtés… et découvrir toutes les épreuves mis à part le Rallye d’Antibes : « J’ai une approche très humble, car nous faisons ce programme avec des moyens limités. Sur chaque manche, je risque de me retrouver face à des pilotes locaux connaissant parfaitement le terrain. Pour jouer le Championnat, il faudra donc miser sur la régularité… »

Interview  7 mars 2004

Une intersaison active !

Que penses-tu du plateau du Championnat de France 2004 ?
« Avec les trois constructeurs français officiellement engagés dans le Championnat, il va y avoir du sport ! C’est le moins que l’on puisse dire. Le Clio Team a pour lui l’expérience de la saison 2003 et une bonne campagne d’essais et de mise au point réalisée cet hiver. Toute l’équipe a fait ce qu’il fallait pour confirmer en 2004 les très bons résultats de l’an passé. Je suis confiant. »

Quels seront tes adversaires ?
« Très franchement, je dirais que j’ai la chance d’avoir dans mon équipe mon plus sérieux challenger, Nicolas Bernardi. Ses performances de l’an passé et son récent Monte Carlo plaident en sa faveur. Il va très vite, je peux te l’assurer ! Emmanuel Guigou, en plus de son talent, bénéficiera de la compétitivité de la Clio ; il sera à surveiller de près. Il ne faudra pas non plus négliger les pilotes des 206 officielles. Le championnat se déroulera sur asphalte, c’est un terrain de jeu privilégié pour la Peugeot et ils ne viennent certainement pas pour faire de la figuration. Personne ne connaît le potentiel de la C2, ce sera la grande inconnue de ce début de saison. Mais là aussi, on sait que Citroën n’est pas là pour jouer les faire-valoir ; l’asphalte va chauffer cette année, c’est une certitude ! »

Le Championnat est profondément modifié au niveau de la réglementation. Qu’en penses-tu ?
« Ne nous faisons pas d’illusions, une Super 1600, même conduite par le meilleur pilote du monde aurait du mal à rivaliser avec une WRC pour le scratch dans le cadre d’un championnat asphalte. Seules des circonstances très exceptionnelles le permettraient. Je sais, en ce qui me concerne, que j’aurai le plus grand mal à conserver mon titre. Le Champion de France « Pilotes » 2004 sera très certainement un pilote de WRC. Les pilotes de Super 1600 devront se concentrer sur le titre « marques », qui représente déjà un challenge très motivant. »

On parle de toi en Championnat d’Europe, que peux-tu nous dire à ce sujet ?
« En plus de ma participation officielle en Championnat de France avec Renault, j’essaie de monter un programme en Championnat d’Europe. Il n’est pas ouvert aux WRC et se jouera entre Super 1600. C’est actuellement la meilleure opportunité pour une Super 1600 de remporter des victoires scratch… et la Clio a indiscutablement ses chances ! C’est une superbe opportunité marketing pour les filiales des pays concernés ainsi que pour mes fidèles partenaires. En ce qui me concerne, après un titre de champion de France, se tourner vers le Championnat d’Europe est une suite logique. Je crois très sincèrement qu’avec la Clio et l’équipe Oreca, je pourrais jouer les trouble-fête. »

En attendant la reprise, à quoi consacres-tu tes journées ?
« En plus du travail que nécessite le montage du programme en Championnat d’Europe, je suis toujours en charge du développement de Clio Super 1600. Nous étions récemment en Grande-Bretagne pour trois jours d’essais sur la terre. La semaine dernière, nous avons roulé sur l’asphalte dans les Cévennes. Mi-mars, nous commencerons la préparation spécifique du Lyon-Charbonnières. Je fais également du sport. L’intersaison est le moment idéal pour mener un important travail de fond. Pour rester au meilleur niveau, je n’ai pas le choix : la condition physique est essentielle. Je participe en outre à des opérations de relations publiques pour Renault. J’étais récemment en Turquie pour la présentation de l’équipe de course locale (photo) et je serai la semaine prochaine sur les essais presse de Mégane Renault Sport. Les semaines sont bien remplies, mais j’essaie de consacrer autant de temps que possible à ma famille »

On t’a vu il y a quelques semaines aux côtés de Thomas Sénécal dans Auto-Moto dans le rôle de consultant WRC. Que retires-tu de cette expérience ?
C’est un challenge de plus ! Nous en parlions depuis quelques semaines et les choses se sont accélérées juste avant le Rallye de Suède. L’objectif est d’essayer d’apporter une certaine valeur ajoutée en commentant les temps forts de la course. Le but est de faire vivre aux téléspectateurs ce qui se passe vraiment dans la tête d’un pilote qui se trouve au volant d’une voiture de course. C’est ce que je connais le mieux en fait ! »

  31 décembre 2003

Galerie photos : 2003

Interview  3 décembre 2003

L’avenir avec un losange

Quel est ton sentiment, une semaine après avoir remporté ce titre ?
« C’est une grande fierté qui vient récompenser une année de travail acharné. A chaque course, j’ai du puiser dans mes ressources pour aller chercher les derniers dixièmes. Il n’y a pas eu de moment facile, je n’ai jamais cessé de travailler pour progresser. J’avais la chance de disposer de la meilleure voiture du moment, préparée par la meilleure équipe. J’ai disputé seize rallyes au volant de la Clio et j’ai été quinze fois à l’arrivée : un taux de réussite incroyable ! Comme je l’ai toujours dit, ce titre n’était pas une obsession pour moi mais il vient apporter la touche finale à une saison exceptionnelle. »

Tu prends quand même le temps de le savourer ?
« Bien entendu ! Je le partage avec tout le Clio Team. Ensemble, nous avons vécu une formidable aventure humaine et sportive. Et je n’oublie pas tous les amis, partenaires et supporters qui me soutiennent depuis des années. En une semaine, j’ai reçu des dizaines de coups de téléphone, d’e-mails et de SMS. Tous ces témoignages de sympathie me touchent vraiment et me font prendre conscience de l’impact d’un tel titre. J’ai ressenti une grande fierté de tous les Antillais, qu’ils soient passionnés ou pas par le sport automobile. Ce n’est plus « Simon a gagné » mais « On a gagné » ! Je pourrai jauger cet impact dans quelques jours, puisque je vais passer une semaine en Martinique et en Guadeloupe. »

La question que tout le monde se pose concerne ton avenir. Que feras-tu en 2004 ?
« En parfait accord avec Renault et mes partenaires, j’ai tout mis en oeuvre pour préparer mon retour en WRC. Tout se présentait pour le mieux cet été : des contacts avancés avaient été initiés avec plusieurs équipes. Deux m’ont notamment proposé des programmes très bien garnis pour 2004. J’ai finalement signé un contrat ferme de troisième pilote avec un constructeur. Début septembre, le Conseil mondial de la FIA modifiait le règlement en limitant le nombre de voitures officielles à deux par constructeur. En dépit de mes efforts pour concrétiser cette aventure en WRC, aucune solution n’a été trouvée dans les délais que je m’étais fixés. Je le regrette, car pour moi la parole donnée a plus d’importance qu’un contrat. Je ne serai donc pas en WRC l’an prochain. C’est une immense déception et surtout une grande frustration. »

Tu vas donc poursuivre ton aventure avec Renault ?
« Je tiens à souligner le « fair-play » de Renault Sport. C’est un honneur que d’avoir la confiance renouvelée d’un des plus grands constructeurs mondiaux et je suis très heureux de poursuivre ma carrière au sein d’une équipe que je connais maintenant très bien. Même si je ne sais pas encore exactement quel sera mon programme 2004, je suis certain que nous avons de beaux challenges à relever avec la Clio Super 1600. Je m’y emploierai avec le même enthousiasme que ces deux dernières saisons. »

Outre le fait d’être le premier concerné par les changements de réglementation, que penses-tu de l’orientation donnée au WRC par la FIA ?
« Très franchement j’ai l’impression que le pouvoir sportif souhaite stopper la progression du WRC. Depuis quelques années, ce championnat connaissait une certaine stabilité en matière de réglementation, de format de rallye et d’engagements constructeurs. Ainsi, avec quatorze manches et sept constructeurs engagés, on pouvait tabler sur une vingtaine de voitures officielles au départ de chaque manche. Or, l’augmentation du nombre d’épreuves à seize met en péril l’équilibre budgétaire de certaines équipes. Elles ne seront plus que cinq en 2004. De plus, en limitant le nombre de voitures à deux par équipe, le plateau ne comptera que dix autos la saison prochaine. De mon point de vue de pilote, cela limitera un peu plus encore les débouchés pour accéder au plus haut niveau. Je crains en outre que ces modifications aient des conséquences néfastes en terme d’investissement marketing, de couverture médiatique et de retombées économiques pour tous les acteurs du WRC. En tirant le système vers le bas, je ne vois pas comment de nouveaux constructeurs, sponsors et médias pourraient s’intéresser à l’avenir à la discipline.»

Penses-tu avoir encore un avenir en Championnat du Monde ?
« J’ai disputé 26 épreuves du WRC et je pense avoir démontré ma fiabilité et ma pointe de vitesse. Depuis deux ans, je devance largement à voiture égale des pilotes qui seront en WRC l’an prochain. Et quand on voit le rythme avec lequel les règlements évoluent, je me dis que j’aurai peut-être ma chance dans un an ou deux. En attendant, je suis fier et heureux de pouvoir mettre mes compétences à la disposition de Renault. »

Var - Arrivée  23 novembre 2003

Victoire ET titre !

Vendredi, la première étape n’est composée que de deux spéciales, mais quelles spéciales ! Après la ‘mise en bouche’ de Vidauban, les concurrents disputent la plus longue épreuve du rallye, ‘Les Maures’ (39,96 km). C’est Cédric Robert qui se montre le plus rapide à l’issue de cette première journée. Le pilote de la 206 devance Brice Tirabassi et Simon Jean-Joseph.

La deuxième étape débute par la mythique spéciale de Collobrières, où il se passe toujours quelque chose… Au point stop, Robert rend son carnet de bord : il a tapé une pierre et ne peut poursuivre l’épreuve. On attend ensuite Brice, mais c’est Simon qui se présente le premier. Le Varois a crevé et a dû s’arrêter pour changer la roue.

A ce stade de la course, Bryan Bouffier est en tête devant les pilotes deux Clio Super 1600 de l’équipe Barroso Sport, Emmanuel Guigou et Jean-François Bérenguer. Simon n’est que quatrième, mais il ne rend que 7’’ au leader. Dans la spéciale suivante, les rebondissements se poursuivent : Guigou sort pour le compte, et Bérenguer perd plus de six minutes en se posant sur un talus. Meilleur temps, Simon s’empare de la tête du rallye. Il récidive dans l’ES6 et creuse un petit écart sur Bouffier avant de rentrer en leader à Sainte-Maxime. Avec 15’’2 d’avance sur le pilote de la 206, Simon n’est pas hors d’atteinte : « Nous continuons à nous battre ! C’est notre seizième course de la saison avec la Clio, mais nous continuons à améliorer les réglages. Je reste avant tout concentré sur l’issue de ce rallye, plus que sur le titre. »

Avec cinq spéciales, la dernière étape n’a rien d’une formalité. Toujours aussi concentré et déterminé, Simon gère son avance et se rapproche, spéciale après spéciale, de la consécration.

L’équipe peut enfin sortir le Champagne quand Simon rejoint la dernière assistance. Le Martiniquais termine la saison comme il l’a commencée, par une victoire. La boucle est bouclée : « J’avais dit avant le départ que je voulais terminer cette belle saison sur une bonne note. C’est chose faite avec cette nouvelle victoire, la quatrième en huit courses. Ce titre est quelque chose de très personnel. Je suis fier d’ajouter mon nom à un palmarès aussi prestigieux… C’est une récompense de la régularité, puisque j’ai été à l’arrivée de toutes les courses, et de la performance. » Simon est en effet le meilleur performer de la saison : il a signé 28 scratches sur 105 spéciales disputées, soit 27% ! Côté voitures, la Renault Clio Super 1600 s’est imposée 64 fois, soit 61%…

Champion de France ‘Pilotes’ et ‘Marques’, vainqueur du classement Promotion, Champion du Monde Junior, le Clio Team réalise un carton plein qui ne peut que ravir Bernard Ollivier, Directeur général de Renault Sport Technologies : « Ce rallye est la concrétisation d’une année réussie, mais pas facile. La Clio est une voiture bien née, performante et fiable, notre équipe était soudée et motivée et nos pilotes ont pu faire étalage de leur talent. Et nous avons su terminer avec panache, représentant au mieux les valeurs de Renault. N’oublions pas les pilotes privés, qui ont apporté leur pierre à l’édifice : ce week-end, c’est Fabien Véricel qui s’illustre en montant sur le podium. »