Interview  6 juin 2002

Cap sur l’Acropole !

Simon, on peut imaginer que le bilan de l’Alsace-Vosges n’est pas très difficile à tirer…
« Effectivement, même si j’ai du abandonner prématurément, cette course nous a tout de même permis de tirer plusieurs enseignements majeurs . D’abord, la confirmation que la Clio a autant de potentiel sur l’asphalte que sur la terre, ce qui est une très bonne nouvelle . Je suis aussi très heureux d’avoir offert à la voiture son premier temps scratch en Championnat de France ! Sur la durée, on a ensuite vu une autre Clio, celle de Serge Jordan, se battre aux avant-postes et terminer sur le podium. Le second enseignement que l’on peut tirer, c’est le fait qu’il nous reste encore beaucoup de travail pour résoudre les problèmes de jeunesse inhérents à une nouvelle voiture de course. »

Est-il déjà trop tôt pour faire un premier bilan de ce début de saison ?
Oui et non : les événements ont confirmé que la lutte serait âpre pour la victoire, et cela à chaque course. Par ailleurs je dois dire que j’ai été très agréablement surpris par la popularité de notre équipe sur les rallyes. Il est vrai que nous mettons systématiquement en place un réceptif de grande qualité qui met en valeur les produits de mes partenaires antillais, et manifestement, cela plait ! Et je ne te parle pas des superbes hôtesses martiniquaises…

Es-tu inquiet avant le Rallye de l’Acropole, traditionnellement éprouvant pour les mécaniques ?
« Les équipes d’Automéca et de Renault Sport Technologies travaillent énormément sur la voiture pour la fiabiliser. La technique, c’est leur domaine et je leur fais entièrement confiance. Effectivement, les spéciales grecques seront très difficiles, mais la Clio Super 1600 a largement prouvé son potentiel sur terre à Auxerre. Cette semaine, nous allons effectuer trois jours d’essais qui devraient nous permettre d’améliorer encore un peu plus ce potentiel. »

Ce genre d’épreuve est également très éprouvant pour les équipages…
« J’ai le souvenir qu’à Chypre, la température de l’habitable de ma WRC dépassait régulièrement les 75°… Physiquement, c’est donc très difficile, surtout sur des spéciales de 30 km ! Le pilote et le copilote embarquent chacun une gourde de 1,5 litres. Pendant la journée, nous buvons ainsi jusqu’à 7 litres de boisson énergétique, afin d’éviter la déshydratation. »

Les voitures de la catégorie Super 1600 sont proches en performances. Le moindre détail peut faire la différence et tous les pilotes semblent notamment très attentifs à l’amortissement. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?
« C’est en effet un point très important. La Clio utilise de nouveaux amortisseurs Ohlins et nous ne sommes qu’au début de leur développement. C’est un travail passionnant, d’autant plus que je travaille avec des techniciens d’expérience dans ce domaine, aussi bien chez Renaut Sport Technologies que chez Automéca. Du côté du pilotage pur, il y a deux écoles : ceux qui préfèrent une voiture qui a tendance à glisser facilement, et ceux qui veulent un comportement beaucoup plus rigide. Je préfère cette deuxième solution. Sans dévoiler mes petits secrets, je peux dire que j’aime avoir un train arrière dur, avec des roues pincées. Ceci me permet de décider

Alsace-Vosges - Etape 2  1 juin 2002

Un rallye trop vite terminé

Tous les équipages ont mal commencé la journée en apprenant le décès du pilote Alex Jacopini, sorti de la route dans l’ES1 hier soir. La direction de course prenait la sage décision d’annuler l’ES3, qui devait se disputer sur le même parcours que cette première spéciale.

La course reprenait donc ses droits avec l’ES4, identique à l’ES2. Quelques kilomètres après le départ, Simon entendait un bruit suspect dans le moteur : « Comme la pression d’huile était normale, nous avons continué mais ce bruit était très inquiétant. Malheureusement, le moteur a fini par lâcher et je n’ai pas pu sortir de la spéciale… »

Le rallye se termine donc trop tôt pour Simon, évidemment frustré de ne pouvoir défendre ses chances jusqu’au bout : « C’est la course… La Clio est une nouvelle voiture, qui n’en est qu’au début de son développement. Les problèmes de jeunesse font partie des règles du jeu. Je crois qu’il faut relativiser, surtout après ce qui s’est passé hier. Je pense à la famille et aux proches d’Alex Jacopini. »

Il reste toutefois deux Renault Clio Super 1600 en course et Simon espère qu’elles pourront mener la vie dure à la concurrence : « J’ai démontré hier que la Clio était dans le coup sur l’asphalte avec le temps scratch dans la première spéciale. J’espère que Serge Jordan et Fabien Véricel vont sauver l’honneur du Losange ! »

Dès la semaine prochaine, Simon se concentrera sur la préparation du Rallye de Grèce, qui se déroulera du 14 au 16 juin. Trois jours d’essais vont permettre au pilote antillais d’adapter les réglages de la Clio aux spécificités des petits chemins grecs. Après cette étape du Championnat du Monde, Simon retrouvera le Championnat de France Super 1600 : ce sera au Rallye du Limousin, du 28 au 30 juin.

Alsace-Vosges - Etape 1  31 mai 2002

Simon offre à la Clio son premier scratch !

Après la terre de la région d’Auxerre, le Championnat de France des Rallyes Super 1600 a changé de surface pour la deuxième épreuve : place à l’asphalte surchauffé des environs de Saint-Dié-des-Vosges ! Complété par les Renault Clio de Jordan, Véricel et Mercier, le plateau prend de plus en plus d’ampleur…

Aujourd’hui, la première étape n’était composée que de deux spéciales, mais les équipages ne prenaient pas cette mise en bouche à la légère… Le copilote de Simon, Jack Boyère, analyse pour nous la physionomie du parcours : « La première spéciale est nouvelle. Très rapide, surtout sur les derniers kilomètres, elle est redoutée de tout le monde. L’ES2 a un profil très différent, avec beaucoup de changements de direction. C’est une spéciale que nous connaissons depuis plusieurs années… »

Le couteau entre les dents, Simon signait le meilleur temps de la première spéciale devant Cédric Robert pour moins d’une seconde… « Je suis très heureux d’offrir à la Renault Clio Super 1600 son premier meilleur temps scratch ! Personnellement je n’aime pas trop ces passages rapides entre les arbres, mais la motivation est bien là. Ce scratch est une belle récompense pour l’équipe d’Automéca qui a mis les bouchées quadruples cette semaine… »

Dans l’ES2, Simon lâchait quelques secondes : troisième temps à 7’’4 de Cédric Robert, il passait en deuxième position du classement général : « Je dois dire que les vieux démons du pilotage d’une quatre roues motrices sont ressortis ! J’attaquais trop, il faut que je me force à freiner très tôt pour repartir plus fort après les carrefours. »

A l’assistance de fin d’étape, Simon dressait donc un bilan mitigé de cette première étape : « Je suis satisfait de ce premier meilleur temps, mais un peu déçu de mon pilotage dans l’ES2. Nous avons en tous cas la confirmation du potentiel de la Clio sur l’asphalte. Pour demain, nous allons affiner quelques réglages. Côté stratégie, il n’y a pas à réfléchir : il faut attaquer d’un bout à l’autre ! »

La deuxième étape comportera sept spéciales. Les ES3 et 4 seront identiques aux spéciales d’aujourd’hui. Le rallye empruntera ensuite les spéciales du Col de Fouchy et du Col de la Charbonnière, très typées « course de côte » et disputées deux fois chacune. La journée se terminera par un passage dans l’ES d’Ormont.

Interview  23 mai 2002

L’Alsace-Vosges se rapproche…

Simon, te voici donc de retour en Métropole après quelques semaines passées aux Antilles…
« Oui, comme toujours je dois intégrer le décalage horaire et reprendre le mode de vie européen. Rien de mieux que de faire du sport pour se recaler ! Il faut que je me tienne en forme car le programme des semaines à venir ne va pas être de tout repos ! Trois rallyes très différents, l’Alsace-Vosges, la Grèce et le Limousin, vont s’enchaîner en un mois. Entre les séances d’essais, les reconnaissances et les courses proprement dites, je ne vais pas avoir le temps de m’ennuyer… et je trouve cela génial ! »

Tu viens justement de faire des essais sur asphalte. Comment se sont-ils passés ?
« Nous avons effectivement fait deux jours d’essais en Alsace. Avec Renault Sport Technologies, nous poursuivons le développement de la voiture en étant conscients du niveau de la concurrence. Nous sommes extrêmement motivés car les constructeurs et les pilotes que nous affrontons sont de véritables spécialistes du Championnat de France. Et il faut bien reconnaître que les équipes officielles auront toujours plus de facilités que les très bonnes structures privées comme la notre. Mais le règlement Super 1600 est suffisamment bien fait pour que nous puissions défendre nos chances… »

Tu passes de la terre à l’asphalte. Que faut-il changer sur la voiture… et le pilote ?
« Sur la terre, nous ne faisons qu’un passage en reconnaissances. Ce paramètre additionné à une surface glissante oblige les pilotes à faire preuve d’improvisation permanente. Sur l’asphalte, c’est très différent : il faut conduire au millimètre, en allant chercher le point de corde le plus tard possible. En théorie il ne faudrait jamais improviser sur le bitume ! Sur la voiture, de nombreux éléments et réglages sont bien entendus différents. Ainsi, nous montons des suspensions plus dures. Si les freins ne changent pas, nous modifions la répartition sur les roues avant. Le moteur doit être plus pointu, alors qu’on cherche le couple sur la terre… »

Les épreuves te donnent l’occasion de mettre sur pied des opérations de réceptif. Peux-tu nous en dire plus sur le sujet ?
« Le sport automobile ne pourrait pas vivre sans partenaires. Alors j’essaie de satisfaire au mieux les miens, et pas seulement avec des résultats sportifs. Pour l’Alsace-Vosges, nous avons monté avec la concession Renault de Saint-Dié-des-Vosges et la Direction Régionale d’Alsace, une opération qui permettra à près de 200 personnes de vivre le rallye de l’intérieur. Ces opérations sont également de bonnes occasions de faire découvrir les Antilles et leurs produits. Le rhum est à consommer avec modération, mais pas la banane ! La banane de Martinique fera d’ailleurs son apparition sur la carrosserie de ma Clio en Alsace… »

Terminons par un coup d’œil sur l’actualité : les deux premiers du rallye d’Argentine ont été exclus de l’épreuve pour non-respect des réglementations sportive et technique. Que t’inspirent ces sanctions ?
« Après trois saisons passées en tant que pilote d’usine ou privé, je connais bien le contacte du Championnat du Monde. Les règles y sont très strictes et les sanctions exemplaires. Les décisions sont prises rapidement, sans influence ni tolérance. Pour ma part je trouve cela en parfaite adéquation avec l’esprit sportif. J’espère tout simplement que le Championnat de France prendra exemple sur ce mode de fonctionnement. »

Interview  13 mai 2002

De l’Auxerrois à l’Alsace-Vosges…

Simon, qu’as-tu fait depuis le Terre de l’Auxerrois ?
« Je suis rentré en Martinique ! J’étais en Métropole depuis près de deux mois et j’étais heureux de retrouver mon Ile. Aux Antilles, il y a des couleurs, des odeurs et des saveurs qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le Monde ! Avant le rallye, j’ai énormément travaillé pour monter ce projet en demandant de nombreux sacrifices à tout le monde : d’abord à mon copilote Jack Boyère, ensuite à l’équipe d’Automeca, mais aussi à tous nos fournisseurs… Une fois la course terminée, toute cette pression est retombée et j’ai eu un gros coup de fatigue. Alors j’ai pris du repos et je me suis refais une santé. En outre, j’ai officialisé mes partenariats avec le Casino Batelière et France Telecom. »

A froid, quel bilan tires-tu de cette première épreuve ?
« Tout d’abord le niveau sportif est largement à la hauteur de ce que j’en attendais, avec des pilotes et des équipes de très haut niveau. Ensuite, en ce qui me concerne, les débuts ont été bons mais je mesure tout le travail qu’il reste à accomplir. Je dois encore améliorer mon pilotage et continuer à apprendre la voiture. Je suis plus que jamais heureux du choix de la Renault Clio Super 1600. Elle a vraiment tout d’une grande, avec un bon équilibre, un bon centrage des masses, un moteur coupleux… Elle est encore loin d’avoir démontré tout son potentiel ! Pour conclure, constructeurs, pilotes, organisateurs et FFSA fondent de grands espoirs tant sportifs que commerciaux sur le nouveau Championnat de France des Rallyes, qui doit servir de référence pour tous les Championnats nationaux en Europe. La plus grande équité entre les pilotes et les teams et l’application des règlements conditionne la morale sportive et la reconnaissance des performances. Elle est le gage de la crédibilité du championnat. C’est la clef du succès pour des opérations marketing réussies, des retombées médiatiques de qualité et la mise en valeur des produits. »

La prochaine épreuve du Championnat de France, l’Alsace-Vosges, aura lieu sur l’asphalte. Comment vas-tu préparer cette épreuve ?
« Je rentre bientôt en Métropole pour effectuer des essais dans le cadre du programme de développement de Renault Sport Technologies. La voiture a déjà effectué beaucoup d’essais sur l’asphalte aux mains de Serge Jordan. Je n’ai pour l’instant parcouru que quelques kilomètres sur cette surface. Je n’ai donc pas beaucoup de recul, je reste confiant sur le travail déjà réalisé et j’espère que la compétitivité sera là ! »

Deux nouvelles Renault Clio viendront du reste rejoindre le Championnat en Alsace…
« Oui, et cela va renforcer un peu plus le superbe plateau vu à Auxerre ! Serge Jordan et Fabien Véricel sont deux excellents pilotes avec qui la bagarre ne sera pas facile… Véricel disposera comme moi de toute l’expérience d’Automeca, mais nous ferons chacun notre course. »

Après l’Alsace-Vosges, tu mettras ensuite le cap sur l’Acropole pour ta première manche du Championnat du Monde…
« Le mois de juin ne sera en effet pas de tout repos ! Après l’Alsace, nous partirons en Grèce pour une séance d’essais spécifique avant le rallye. De retour en France après cette première épreuve mondiale, nous ferons à nouveau des essais en vue du Rallye du Limousin. Ce sont trois courses qui vont s’enchaîner en un mois, il va y avoir du rythme ! A bientôt. »