Pologne – Présentation  24 mai 2004

Le saut dans l’inconnu !

Après le Monte-Carlo, le Rallye de Pologne est le deuxième rallye le plus ancien à être toujours organisé : créé en 1921, il s’agira cette année de la 61e édition. Avec plus de 150 000 spectateurs l’an passé, il s’agit d’un des évènements sportifs majeurs de ce pays qui vient de faire son entrée dans la Communauté Européenne. La plaque tournante de l’épreuve est la capitale régionale de Klodzko, au Sud-Ouest du pays.

« Je n’ai été qu’une fois en Pologne, c’était en 2001 », se souvient Simon. « J’avais été faire une séance de tests au volant d’une WRC. Mais je ne connais pas du tout le terrain que nous allons rencontrer ce week-end. Nous savons juste que le profil des routes est très rapide, étroit et assez bosselé avec beaucoup de nids de poule. Il parait également que la météo peut changer d’une minute à l’autre et qu’en cas de pluie la chaussée devient extrêmement glissante. »

Malgré son inexpérience du terrain, Simon est enthousiaste à l’idée de découvrir ce nouveau rallye : « C’est très excitant de partir sur une épreuve en ayant tout à apprendre. Renault Sport et Oreca ont constitué une bonne équipe qui saura être réactive pour adapter ma Clio Super 1600 aux conditions. Tout le monde est motivé pour aller chercher un bon résultat. Ce serait une belle récompense pour Renault Pologne, qui s’implique à nos côtés sur cette opération. C’est une excellente opportunité pour eux de faire la promotion de Clio sur un tel évènement. »

A la lecture de la liste des engagés, Simon sait qu’il n’aura pas la partie facile. Outre le Belge Bruno Thiry qui devrait aligner la nouvelle Citroën C2, le plateau en Super 1600 est riche avec la présence de Suzuki Ignis (Grzegorz Grzyb), Fiat Punto (Sebastian Frycz), Opel Corsa (Marco Cavigioli, Michał Kościuszko, Claudio Vallino) et Peugeot 206 (Mariusz Pelikański). A suivre également, les 306 Maxi de Luca Pedersoli et Krum Donchev, ainsi que la meute de Mitsubishi et Subaru groupe N emmenée par la star locale Tomasz Kuchar ! « Il y a beaucoup trop d’inconnues dans notre équation pour établir le moindre pronostic », tempère Simon. « Il sera difficile d’être devant les groupe N s’il pleut. Sinon tout est possible mais il faudra attendre le résultat des premières spéciales pour se prononcer… »

Vendredi 28 mai : 1re étape
Départ à 9h00 et arrivée à 20h55. 9 spéciales (4 différentes) totalisant 162,28 km.
Samedi 29 mai : 2e étape
Départ à 8h00 et arrivée à 17h49. 10 spéciales (4 différentes) totalisant 132,99 km.

Magazine  19 mai 2004

A la droite de Simon…

Ce n’est qu’en grimpant sur la troisième marche du podium du dernier Rallye Alsace-Vosges que Simon s’est rendu compte qu’il se trouvait en compagnie de têtes bien connues : « Ca m’a fait quelque chose. Ce n’est pas tous les jours que l’on retrouve trois de ses copilotes sur le podium. J’ai de très bons souvenirs avec chacun d’entre eux ! »

Patrick Pivato et Gilles Mondésir ont connu Simon en Martinique. « A l’époque où je l’ai rencontré il n’avait même pas le permis ! », se rappelle Patrick. « Heureusement qu’il nous a rencontré, sinon il aurait filé un mauvais coton… », rigole Gilles.

C’est ce dernier qui s’installe aux côtés de Simon à partir de la saison 1991. A la clé, deux titres de Champions de la Martinique des Rallyes. Quand Simon part disputer ses premiers rallyes en Métropole, Gilles traverse également l’Atlantique : « Mes meilleurs souvenirs avec Simon ! Je me souviens que nous avons commencé par le Rallye du Gard, que nous disputions sur une 309 GTi. Nous avons vécu de grands moments car nous découvrions beaucoup de choses en même temps. » Par la suite, Gilles a copiloté Hugues Delage, Pierre Colard et maintenant Benoît Rousselot.

Simon poursuit sa carrière avec Patrick Pivato dès la saison 1993. Outre la Coupe 309 groupe N, les deux hommes disputent quelques épreuves avec une Ford Escort Cosworth de l’équipe de France FFSA. « Nous avons fait quelques belles performances, comme aux Cévennes où nous étions devant Bugalski et Ragnotti avant de casser le pont », explique Patrick.

Patrick est aux côtés de Simon jusqu’à la fameuse saison 1998, où ils contestent le titre à Philippe Bugalski jusqu’à la fin du Championnat : « Je garde un très bon souvenir de notre victoire en Alsace cette saison-là. Nous prenions la tête du Championnat ! Comme nous remportons avec Stéphane Sarrazin notre première victoire sur le même terrain, toujours sur une Subaru, j’y vois un bon signe pour cette saison 2004… »

Quand Simon signe pour Ford en 1999, sa collaboration avec Patrick doit s’arrêter. « Je ne parlais pas anglais et j’avais un travail à côté de la course. J’ai compris la décision mais j’ai longtemps regretté de ne pas m’être donné les moyens d’aller plus loin. Cette fois je suis décidé à aller au bout des choses avec Stéphane. La preuve, je prends des cours d’anglais ! », raconte Patrick.

A partir de 2000, Simon fait équipe avec Jack Boyère. Mais leur meilleur souvenir commun est antérieur au début de leur collaboration : « A l’époque je roulais avec Serge Jordan et nous avions convié Simon à notre table un soir de reconnaissances. Il y avait notre mécanicien, souvent réservé au premier abord. Mais il s’est ‘lâché’ d’un coup au cours du repas. Simon a halluciné et nous sommes partis dans un fou rire qui a duré plus d’une heure. Il y en a eu beaucoup d’autres depuis, mais nous nous rappelons de ce premier comme si c’était hier. »

Sur le plan sportif, Jack a deux autres très bons souvenirs : « Avoir posé ses fesses dans une Subaru WRC restera comme un des plus grands souvenirs de ma carrière ! Et j’ai également beaucoup apprécié le Rallye de Grèce 2002. Avec la Clio Super 1600, nous signions les premiers temps scratches de la voiture. Il y avait une sorte d’euphorie dans l’équipe, c’est mémorable ! »

Alsace-Vosges - Arrivée  9 mai 2004

Victoire au pays des images

Le rallye débute vendredi avec deux passages dans une spéciale inédite, Girmont Val d’Ajol. Les pilotes redoutent ces 22,35 kilomètres de routes sinueuses truffées de pièges. Au volant d’une voiture au comportement perfectible, Simon subit d’abord la loi de Cédric Robert et de Nicolas Bernardi. Mais l’équipe Oreca Renault Sport réagit dès la première assistance et le Martiniquais retrouve une voiture lui convenant mieux. Il boucle la première étape en troisième position.

La journée du samedi est beaucoup plus copieuse, avec neuf spéciales. La pluie et la neige fondue tombent sans discontinuer, rendant très glissantes les routes des environs de Saint-Dié-des-Vosges.

Dans une position de ‘chasseur’ qu’il adore, Simon signe deux meilleurs temps dans Col de Fouchy et Col de la Charbonnière, deux spéciales typées ‘course de côte’. Il remonte ainsi en deuxième position avec son équipier en ligne de mire ! Intraitable sur un terrain qu’il n’apprécie pourtant que modérément, le Martiniquais remet ça au deuxième passage et… il s’empare de la tête de la catégorie.

La deuxième étape continue avec deux boucles composées de grandes classiques de l’épreuve : Ormont-Ortomont et Moyenmoutier. Sur un terrain très différent, Simon est toujours aussi à l’aise : deux meilleurs temps viennent s’ajouter aux quatre précédents !

Bernardi signe les deux meilleurs temps du jour. Simon rentre en leader au parc fermé d’Epinal : « Je ne suis pas fâché d’en avoir terminé avec cette étape. Nous avons rencontré des conditions très difficiles et je n’ai pas vraiment pris de plaisir car la sortie de route pouvait arriver à chaque virage. Nous avons joué toute la journée avec les réglages de la voiture et le retaillage des pneumatiques. En tous cas nous sommes bien partis pour offrir une nouvelle victoire à la Clio Super 1600. »

La dernière étape est composée de deux passages dans Corcieux, une terrible spéciale dans laquelle – à ce que l’on dit – il se passe toujours quelque chose. Pourtant, l’édition 2004 déroge à la règle. Les deux pilotes du Clio Team signent un scratch chacun et décrochent un nouveau doublé. Renault remporte une deuxième victoire consécutive dans le Championnat de France des Rallyes ‘Marques’.

Simon occupe la deuxième place du Championnat de France ‘Pilotes’, avec 28 points contre 36 à Stéphane Sarrazin.

Simon Jean-Joseph : « C’est une grande satisfaction d’être sur le podium scratch tout en remportant le Super 1600. Comme à Lyon, la bagarre avec Nicolas a été belle et sportive. Entre nous il y a une saine émulation et je le félicite pour ses performances. Toujours au chapitre des hommages, je voudrais remercier l’équipe Renault Sport Oreca qui a fait une fois de plus un travail parfait. Aux assistances, leur travail se limiter à nettoyer la voiture et à contrôler les plaquettes de freins ! La Clio Super 1600 a atteint un niveau de fiabilité exceptionnel. »

Alsace-Vosges - Etape 2  8 mai 2004

Danse de la pluie pour le pilote du soleil

Avec neuf spéciales totalisant 130 kilomètres, cette deuxième étape est le gros morceau du rallye. La journée débute par deux boucles de deux spéciales typées ‘course de côte’ : Col de Fouchy et Col de la Charbonnière.

Dans des conditions très délicates, Simon se montre à l’aise : il réalise le meilleur temps du Super 1600 dans les deux premières spéciales et passe Cédric Robert. La première partie de son objectif du jour est remplie !

De retour à l’assistance de Saint-Dié, les pilotes choisissent des pneus mixtes retaillés pour la deuxième boucle. Le scénario du premier tour se reproduit, avec deux nouveaux scratches pour Simon, dont un 2e temps absolu dans l’ES6 ! Le Champion de France s’empare de la tête du Super 1600, avec 2’’2 d’avance sur Bernardi.

La journée se poursuit avec deux boucles composées des spéciales Ormont – Ortomont et Moyenmoutier, deux grandes classiques du rallye. Une nouvelle fois, Simon se montre intraitable en alignant deux nouveaux meilleurs temps. Bernardi réplique au deuxième passage, revenant à 8’’4 du Martiniquais.

Simon, qui occupe la 3e place du classement général, est sur la même longueur d’ondes : « Cette journée était difficile et je suis content d’en terminer. Nous avons joué toute la journée avec les réglages de suspensions et le retaillage des pneus. Jack a la grippe, et moi je cherche le grip ! Je n’ai pas une grosse avance, mais je ne suis pas attaché à cette première place. Le plus important, c’est le classement Marques. »

Alsace-Vosges - Etape 1  7 mai 2004

Simon en embuscade…

Sinueuse, piégeuse, difficile : les pilotes redoutaient unanimement la spéciale de Girmont Val d’Ajol, disputée pour la première fois cette année. Les 22,35 km de petites routes vosgiennes ont tenu leurs promesses, même si les écarts ne se sont pas creusés comme certains l’escomptaient.

Le plus rapide à se mettre en action est Cédric Robert, qui signe le meilleur temps dans l’ES1. Le pilote de la 206 devance les deux Renault Clio Super 1600 officielles de Nicolas Bernardi et Simon Jean-Joseph. Les équipiers sont unanimes pour reconnaître que les réglages adoptés ne sont pas les bons.

« La voiture était trop souple. Nous voulions pourtant qu’elle soit facile à conduire, mais ce n’était vraiment pas le cas », explique Simon. « Il n’est pas facile de conduire en subissant l’auto, surtout sur une spéciale aussi piégeuse. »

L’équipe Renault Sport Oreca sait dans quel sens réagir : lors du long parc d’assistance de Saint-Etienne-les-Remiremont, les techniciens modifient totalement le set-up de la voiture du Champion de France. Simon s’en donne à cœur joie dans l’ES2 : en confiance avec une voiture au comportement retrouvé, il signe le deuxième temps derrière son équipier.

Bernardi s’installe donc en tête du Super 1600, avec 3’’9 d’avance sur Robert. Simon, troisième à 3’’2 de ce dernier, se prépare à une belle bagarre demain : « Comme beaucoup j’ai failli crever dans l’ES2 en tapant une pierre dans un virage à droite. Cela n’enlève rien à l’excellent chrono de mon équipier. Premier objectif pour demain : passer devant Cédric. Ensuite, faire des temps ! »