Bulgarie - Présentation  15 juin 2004

A la découverte du goût bulgare !

Surtout connue pour ses… yaourts, la Bulgarie est un pays d’Europe orientale. Bordé par la Mer Noire et coincé entre la Grèce, la Turquie, la Roumanie, la Yougoslavie et la Serbie, il devrait faire son entrée dans la Communauté Européenne en 2007.

Créé il y a 35 ans, le Rallye de Bulgarie est une des épreuves emblématiques du Championnat d’Europe. Pour la quatrième année consécutive, la plaque tournante sera la station de ski de Borovetz, située à 70 kilomètres de la capitale Sofia.

Le profil des routes bulgares est similaire à celui des spéciales polonaises… mais en pire ou en mieux, c’est selon le goût de chacun ! Très rapides, étroites, bosselées et n’offrant que très peu de grip, elles constituent un challenge pour les pilotes, qui les avalent parfois à plus de 120 km/h de moyenne ! En cas de pluie – un orage est toujours possible dans ces régions montagneuses – le revêtement devient aussi glissant que de la neige…

Le plateau sera constitué des mêmes têtes d’affiche qu’en Pologne : Simon et sa Clio Super 1600 seront principalement opposés à Luca Pedersoli (306 Maxi), Bruno Thiry (C2 Super 1600) et Leszek Kuzaj (Impreza groupe N). Sans compter les Lancer groupe N pilotées par les meilleurs pilotes bulgares !

« Il va y avoir de la bagarre cette fois encore », prévient Simon. « Nous avons prouvé en Pologne que nous pouvions nous battre pour la première place. Une crevaison nous a ralenti, mais nous avons tout de même terminé sur le podium. J’espère faire au moins aussi bien, mais je reste très prudent car je ne sais pas vraiment quel terrain nous rencontrerons. L’important est d’être à l’arrivée pour marquer des points. »

Vendredi 18 juin : départ à 19h01 et arrivée à 20h40. 1 ES de 2,95 km. Samedi 19 juin : départ à 9h30 et arrivée à 19h14. 6 ES totalisant 148,4 km. Dimanche 20 juin : départ à 7h30 et arrivée à 16h45. 6 ES totalisant 135,35 km.

Championnat d’Europe des Rallyes (après 2 rallyes sur 9) : 1. Pedersoli 18 pts – 2. Jean-Joseph & Basso 10 pts – 4. Kuzaj 8 pts – 5. Andreucci 6 pts – 6. Kuchar & Longhi 5 pts…

Interview  14 juin 2004

Agenda chargé !

Peux-tu tirer un premier bilan de ta participation en Championnat d’Europe à l’issue des deux premières épreuves ?
« Chaque rallye est une découverte pour moi. Malgré mon inexpérience, je dois adopter un rythme soutenu pour lutter face aux meilleurs spécialistes locaux. Dans ce contexte, ma deuxième place actuelle au Championnat me satisfait. Je garderai un souvenir tout particulier du rallye de Pologne. La filiale locale de Renault ne s’était pas investie sur un évènement de ce type depuis plusieurs années. Ca n’a pas été facile de les convaincre, mais aujourd’hui leur satisfaction est la plus belle des récompenses. Je crois que ma remontée de la dixième à la troisième place restera longtemps dans les mémoires du public et des médias polonais ! »

Comment vois-tu la suite de ce Championnat ?
« Nous commençons à y voir un peu plus clair, même si la situation est loin d’être simple car trois types de voitures s’affrontent pour la victoires : les Super 1600, les Kit-Car deux litres et les groupe N 4×4. Avec le Belge Bruno Thiry, qui pilote la C2 Super 1600 et l’Italien Luca Pedersoli sur 306 Maxi nous devrions être trois à jouer le titre. Pour l’instant il est difficile d’aller chercher Pedersoli, car il évolue dans une catégorie sur le papier supérieure à la nôtre. Mais nous faisons tout pour rester au contact et livrer la plus belle des batailles. A la fin du rallye de Bulgarie nous n’en serons qu’au tiers de la saison. »

Et du côté du Championnat de France ?
« Nos adversaires ont prouvé au Limousin qu’ils avaient beaucoup progressé. Je ne suis pas surpris : je m’y attendais et je ne m’en suis jamais caché. Le barème d’attribution des points au Championnat Marques est tel que personne ne peut prendre une grande avance. Le Rouergue, qui se disputera début juillet, sera un rendez-vous très difficile car Peugeot avait gagné là-bas l’an passé. Si nous les battons, nous mènerons par trois victoires à une à mi-saison. Dans le cas contraire, nous serons à deux partout. Quoi qu’il en soit la fin du Championnat sera là aussi passionnante. Et je n’oublie pas Citroën qui progresse à grands pas … »

Entre ces courses, l’équipe trouve encore le temps de faire des essais de développement…
« En effet, la Clio Super 1600 continue à évoluer et ce travail s’avère toujours aussi passionnant. J’ai notamment effectué une séance en Espagne pour préparer les rallyes de Grèce et de Turquie. Nous avons validé de nouvelles pièces en vue d’une prochaine homologation d’une évolution. Il reste toujours des pistes à explorer pour rendre une voiture de course toujours plus facile à conduire, plus performante, plus fiable… Nous allons notamment faire de nouveaux progrès sur le plan de l’ergonomie, avec une simplification du tableau de bord. Notre taux de fiabilité a été atteint grâce au travail remarquable de notre équipe technique. A tous les échelons, les ingénieurs et techniciens de Renault Sport et d’Oreca s’investissent totalement : c’est grâce à leur rigueur que nous avons la meilleure voiture du plateau. »

Parmi les opérations de relations publiques que tu effectues pour Renault, tu as récemment eu l’occasion de te rendre au Japon…
« Ce voyage a été enrichissant à plus d’un titre. Tout d’abord parce que je ne connaissais pas ce pays. Je présentais dynamiquement à la presse les versions sportives de Clio, plus connue là-bas sous le nom de Lutecia ! Même si Renault Japon n’a vendu que 2200 voitures en 2003, j’ai constaté un grand enthousiasme pour les produits Renault Sport : la R5 Turbo ou le Spider sont encore présents dans les mémoires ! La présence d’un pilote du Clio Team a été perçue comme une valeur ajoutée par les journalistes : pour eux, nos bons résultats en rallye démontrent déjà les qualités du produit Clio. »

Rallye du Maroc  8 juin 2004

Sur les pistes du rallye-raid

A peine Simon Jean-Joseph et Jack Boyère étaient-ils rentrés du rallye de Pologne qu’ils ont, chacun de leur coté, re-sauté dans un avion, direction Agadir. Jack a pris un avion affrété par l’organisation, et est arrivé la veille des vérifications. Simon a eu moins de chance : suite à une grève, son vol Marseille-Casablanca-Agadir s’est arrêté à « Casa », et il a terminé son périple par 500 km en voiture de location. Juste le temps de dormir quelques heures, et voilà, le lendemain au lever du soleil, nos deux compères réunis dans un 4X4 aux couleurs de Gauloises. Un 4X4 préparé selon les canons de la catégorie T1 (l’équivalent en rallye-raid du groupe N) pour toute l’équipe de Georges Groine, avec éléments de sécurité, arceaux, harnais, et une particularité : il est équipé de quatre sièges baquets !

En effet, c’est une voiture destinée à véhiculer des journalistes. Simon et Jack vont donc servir de « chauffeurs » aux reporters locaux ou étrangers, en profiter pour découvrir les pistes du rallye Orpi-Maroc et suivre avec attention les exploits des pilotes Gauloises que ce soit dans la catégorie autos que dans la catégorie moto.

En rallye-raid, les épreuves spéciales se disputent sur des routes non fermées à la circulation. Bien entendu, les riverains sont prévenus et évitent de se déplacer ce jour là. Les voitures de presse ont le droit de circuler dans les spéciales en même temps que les concurrents, en évitant bien sûr de rouler à contre-sens ! Direction donc la première spéciale, longue de 248 km, et disputée dans les montagnes de l’Anti-Atlas. Mais inutile de la parcourir en entier : il existe un accès intermédiaire, où se tient d’ailleurs un point d’assistance. Après le passage des premières motos, Simon s’engage sur un chemin de montagne, étroit et sinueux, jusqu’au CP 3. Arrêt sur une petite butte, le temps de voir passer les première autos, de prendre quelques « partiels », de comparer les styles. Une fois les concurrents de pointe passés, le 4X4 Gauloises reprend la piste. Jack annonce scrupuleusement les indications du road-book, bien différent de celui utilisé en rallye traditionnel. La spéciale se finit dans le lit d’un oued à sec, où la navigation n’est guère aisée…

Les quatre jours suivants, Simon et Jack vont découvrir toute la variété des terrains utilisés en rallye-raids (des pistes caillouteuses, d’autres roulantes, parfois sablonneuses, la grève d’une plage, des traversées étroites de villages, des oueds, des chotts, etc.) Ne manque que les grandes dunes, mais ce sera pour une prochaine fois… « C’est tout autre chose que nos rallyes habituels. C’est intéressant, car on roule à vue, il faut anticiper, regarder loin devant, ne pas hésiter à perdre des secondes dans le cassant, puis profiter des secteurs roulants », analyse Simon. « Ce n’est pas le même plaisir que d’habitude, mais je comprends que les rallymen traditionnels apprécient. »

Lors des bivouacs, implantés souvent loin des villes, Simon et Jack ont dormi sous la tente, subi la chaleur caniculaire ou le vent de sable : une vie rude mais conviviale, tout le monde, du grand champion au simple mécano, étant logé à la même enseigne. Sous la gigantesque tente-chapiteau, Simon a multiplié les contacts, posé mille questions, partagé ses expériences. Jean-Louis Schlesser, pilote hétéroclite de l’équipe Gauloises, ne fut jamais avare lorsqu’il s’agissait de comparer les catégories…

En véritable ambassadeur sportif de la Martinique, il a également vanté les charmes de son île natale aux journalistes étrangers, notamment des polonais qui avaient sympathisé avec lui la semaine précédente.

Dimanche, vers midi, l’arrivée est jugée au bord d’une falaise, sous un beau soleil. Simon et Jack félicitent les vainqueurs ainsi que les membres de l’équipe Gauloises auteur de belles courses. En moto, Richard Sainct termine au cinquième rang alors que Cyril Despres (en photo avec Simon) monte sur le podium. Dans la catégorie auto, Jean-Louis Schlesser et son nouveau copilote François Borsotto prennent la deuxième place et remporte la catégorie 2 roues motrices au volant du célèbre buggy bleu. Alexandre Debanne et Marc Joineau ont, eux aussi, goûté aux joies du podium de la catégorie T1. Seul retrait à déplorer dans le clan Gauloises, celui de Jean-Pierre Strugo et Antoine Laronze-Groine pourtant auteur d’un magnifique début de course.

La tête pleine de nouvelles images et de sensations inédites, ils se sont ensuite envolés pour l’Europe après avoir chaleureusement remercié Georges Groine et son équipe GDC de leur gentillesse et de leur efficacité dans la préparation de leur 4×4 ainsi que Gauloises pour cette invitation dans un univers totalement nouveau et très dépaysant. La suite de la saison s’annonce d’autant plus palpitante !

Pologne - Arrivée  29 mai 2004

Un podium conquis de haute lutte !

Avec trois meilleurs temps sur quatre spéciales en début de rallye, Simon et Jack n’ont pas tardé à s’acclimater aux routes polonaises. « Les spéciales sont à la fois étroites et rapides. Et comme le bitume n’est plus de première jeunesse, il est très glissant. En tous cas c’est très excitant sur le plan du pilotage », explique Simon.

En tête jusqu’à l’apparition de la pluie en fin de journée, l’équipage de la Clio doit céder le commandement à la quatre roues motrices de Kujaz après l’ES7. Et en crevant dans l’ES8, Simon perd deux minutes… et tout espoir de victoire : « Impossible de dire où cela m’est arrivé, mais j’ai dû faire une petite erreur. Je suis très déçu pour l’équipe. Je vais tout faire pour remonter lors de la deuxième étape. »

Neuvième ce samedi matin, Simon débute la seconde journée de course par trois meilleurs temps : il remonte à la septième position. La suite de la journée est une formidable bagarre entre les dix premiers. Simon peut se permettre de mettre la pression sur ses adversaires : « J’ai le bon rythme qui me permet d’attaquer tout en restant sur la route ! Ca va très vite, nous avons même disputé une épreuve à plus de 120 km/h de moyenne… »

Avant l’ultime chrono, Simon est remonté en quatrième position, à seulement 7/10e de Bruno Thiry… tout en étant sous la pression de Tomasz Kuchar ! Grâce à un excellent temps, il va chercher la troisième marche du podium : « Quel rallye de fou ! Après ma crevaison j’étais très déçu pour l’équipe et pour Renault Pologne, qui s’est beaucoup investi aux côtés du Clio Team. J’étais bien décidé à remonter, mais j’ai dû attaquer très fort pour compenser ma méconnaissance du terrain. »

Simon est en outre satisfait d’avoir pu démontrer le niveau de compétitivité de la Clio Super 1600 : « C’est toute la problématique du Championnat d’Europe, où nous nous battons contre des Kit-Cars et des groupe N quatre roues motrices. Je crois que beaucoup ont été surpris par nos temps : nous faisons tout de même huit temps scratches sur dix-neuf spéciales ! »

Simon occupe maintenant la deuxième place du Championnat derrière l’Italien Pedersoli. Après avoir fait retentir la Marseillaise sur le podium de Klodzko, il est bien décidé à récidiver prochainement !

Classement final : 1. Pedersoli / Vernuccio (Peugeot 306 Maxi) 2:40:25.9 – 2. Kuzaj / Szczepaniak (Subaru Impreza) +32.1 – 3. Jean-Joseph / Boyère (Renault Clio Super 1600) +1:46.4 – 4. Kuchar / Geborys (Mitsubishi Lancer) +1:48.0 – 5. Thiry / Gilsoul (Citroën C2 S1600) +1:48.6 – 6. Sołowow / Baran (Mitsubishi Lancer) +2:13.1 – 7. Bębenek / Bebenek (Mitsubishi Lancer) +2:18.5 – 8. Grzyb / Mazur (Suzuki Ignis S1600) +3:59.4…
Championnat d’Europe : 1. Pedersoli 16 pts – 2. Jean-Joseph, Basso et Kuzaj 10 pts – 5. Andreucci 6 pts – 6. Longhi et Kuchar 5 pts…

Pologne - Etape 1  28 mai 2004

La bataille n’est pas terminée !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Simon n’a pas été long à s’acclimater aux routes polonaises : dans les deux premières spéciales, le Martiniquais signe deux meilleurs temps et se porte donc en tête de l’épreuve.

Mais dès l’ES3, il doit faire face à une crevaison lente qui lui fait perdre une dizaine de secondes. Troisième à ce stade de la course, il reprend la tête après un nouveau scratch dans l’ES5. L’ES6 a un profil particulier : toute en montée, elle fait la part belle aux Kit-Cars et groupe N, plus puissantes que les Super 1600. Mais avec le troisième temps, Simon parvient à conserver le commandement.

La pluie s’invite pour les dernières spéciales du jour. Grâce aux excellentes informations météo fournies par Michelin, Simon fait le bon choix de pneumatiques : il perd la tête au profit de la quatre roues motrices de Kuzaj… mais se maintient en deuxième position à l’issue de l’ES7. C’est dans la huitième spéciale que la course bascule : « J’ai crevé quelques kilomètres après le départ, mais je ne saurais dire où. Toujours est-il que j’ai commis une erreur quelque part qui nous coûte beaucoup. Je suis navré pour l’équipe et pour Renault Pologne. Tout le monde s’investit énormément et nous ne sommes pas récompensés. »

Deuxième temps de la dernière spéciale du jour, Simon remonte à la neuvième place. Quand il tire le bilan de cette première journée, il est forcément déçu… mais plein d’espoir pour la deuxième étape : « C’était malgré tout une belle journée. J’ai pris beaucoup de plaisir sur des routes très rapides et excitantes. En dehors de la voiture, l’ambiance est sympathique entre pilotes et le public est très chaleureux. J’ai cinq pilotes groupés en 40’’ devant moi : je vais attaquer très fort demain pour remonter. »

Classement étape 1 : 1. Kuzaj / Szczepaniak (Subaru Impreza) 1:28:41.0 – 2. Pedersoli / Vernucci (Peugeot 306 Maxi) +17.9 – 3. Bębenek / Bebenek (Mitsubishi Lancer) +34.1 – 4. Kuchar / Geborys (Mitsubishi Lancer) +1:11.3 – 5. Sołowow / Baran (Mitsubishi Lancer) +1:11.7 – 6. Grzyb / Mazur (Suzuki Ignis S1600) +1:15.4 – 7. Lubiak / Wislawski (Mitsubishi Lancer) +1:18.7 – 8. Thiry / Gilsoul (Citroen C2 S1600) +1:26.8 – 9. Jean-Joseph / Boyère (Renault Clio Super 1600) +1:50.4 – 10. Frycz / Wodniak (Fiat Punto S1600) +1:52.3…