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Deutschland - Etape 1  23 août 2002

Dans le rythme des meilleurs

L’étape du jour était composée de huit spéciales tracées dans les vignes de la Moselle. Le profil des routes se constituait d’une succession de lignes droites, d’épingles et de carrefours. Pas vraiment le terrain favori de Simon, qui préférait souligner l’exceptionnelle organisation du rallye : « Pour son accession au Championnat du Monde, je pense que l’Allemagne est en train de réussir un coup de maître. Je pense que nous venons de passer dans une autre dimension au niveau de la qualité de l’organisation. Spectateurs, médias, VIP et concurrents sont traités comme des rois. »

Mais le côté sportif de la chose reprenait rapidement le dessus. A l’arrivée de la première boucle de trois spéciales, Simon avouait que la douleur l’avait presque contraint à l’abandon : « Il faut que je serre les dents car la douleur est intense, surtout dans les parties bosselées et cassantes. J’ai le handicap de partir derrière les derniers du Championnat Junior WRC : je les rattrape donc rapidement et je perds régulièrement du temps en les doublant. Du côté de la voiture, nous allons faire évoluer le set-up pour améliorer la motricité et la balance du freinage. Nous devons en outre résoudre un petit problème de freins. »

Toujours vive, la douleur n’empêchait pas le pilote de la Renault Clio Super 1600 de signer d’excellents temps lors des deuxième et troisième boucles. A plusieurs reprises, il faisait jeu égal avec les valeurs étalon que sont Cédric Robert et François Duval. De retour au parc d’assistance de Trèves, Simon tirait un bilan plutôt positif de sa journée : « Dans ces circonstances, être encore en course ce soir est déjà une petite victoire. Il est certain que je ne roule pas à 100%, mais nous progressons régulièrement dans la hiérarchie. Le niveau du Super 1600 en Championnat du Monde est très homogène : il y a ce soir cinq voitures différentes aux cinq premières places. Je suis satisfait d’être dans ce peloton de tête. L’étape de demain sera très différente, mais nous allons tenter de poursuivre sur notre lancée… »

Deutschland - Shakedown  22 août 2002

Simon sera bien au départ

C’est officiel : Simon Jean-Joseph et Jack Boyère prendront bien le départ du Rallye d’Allemagne. Malgré deux côtes cassées, le pilote Martiniquais a jugé la douleur supportable à l’issue du shakedown : « J’attendais cette ultime séance d’essais, qui se déroule en conditions de course, pour prendre ma décision. Jean-Eric Dubois, mon chiropracteur, a su faire le nécessaire pour que je ne souffre pas trop. Un médecin me fera une infiltration chaque jour. En outre, l’équipe a modifié mon siège pour qu’il n’appuie pas sur l’hématome. »
Désireux de remercier toute l’équipe, Simon se lancera donc à l’attaque des vignes mosellanes avec sa Renault Clio Super 1600 frappée du numéro 101.

Deutschland - Présentation  18 août 2002

Confrontation au sommet en Allemagne

Confrontation au sommet en Allemagne

Entre deux manches du Championnat de France des Rallyes Super 1600, Simon Jean-Joseph disputera, le week-end prochain, le nouveau Rallye d’Allemagne, dixième manche du Championnat du Monde des Rallyes. Pour sa deuxième sortie de l’année en Mondial, Simon voudra à nouveau démontrer sa compétitivité… et celle de Renault Clio face à l’élite mondiale de la catégorie Super 1600 !

C’est toutefois un Simon diminué physiquement qui se présentera à Trèves : « Après six mois de folie, je pensais pouvoir faire un break en famille aux Antilles. Hélas, j’ai été victime d’un accident de bateau, dont j’étais passager. Conclusion, j’ai deux côtes fracturées… »

Cette mésaventure tombe donc à un bien mauvais moment pour Simon, qui voulait confirmer en Allemagne sa magnifique performance du Rallye de l’Acropole. En quinze spéciales, Simon avait signé neuf meilleurs temps, démontrant qu’il formait avec la Renault Clio Super 1600 un redoutable duo. Le pilote martiniquais tente de garder confiance : « Je vais d’abord faire les reconnaissances, ensuite on verra ! »

Heureusement, la préparation technique de l’épreuve n’a pas été troublée, puisque toute l’équipe avait mené une séance d’essais spécifique à la fin du mois de juillet. Mais Simon sait qu’il ne pourra signer des chronos satisfaisants que si sa condition physique lui permet d’attaquer à 100% : « Comme d’habitude je pars pour chercher à faire le meilleur résultat possible ! Le shakedown de jeudi sera toutefois décisif pour moi. Si la douleur ne me permet pas de bien conduire, je ne prendrai pas le départ. »

En attendant cette ultime séance d’essais, Simon entamera ce lundi les reconnaissances d’une épreuve qu’il connaît déjà : « Sachant que le « Deutschland » risquait d’intégrer le Championnat du Monde cette année, j’avais pris le soin d’effectuer les reconnaissances de l’édition 2001. En grande majorité, le parcours sera identique à l’année dernière. La première étape se déroulera dans le cadre magnifique des vignes de la Moselle. Il faudra s’attendre à de nombreux carrefours, ce que je n’apprécie pas particulièrement. La deuxième étape se déroulera dans un camp militaire. Les routes en béton sont cassantes et très glissantes : on se rapprochera presque d’un rallye sur terre. Enfin, la troisième journée proposera des spéciales rappelant l’Alsace-Vosges ou le Touquet. »

Comme en Grèce, Simon espère donc se mettre en valeur face aux 25 concurrents du Championnat Junior WRC. Il partagera cet objectif avec six autres pilotes concourrant hors-Championnat : parmi eux, Cédric Robert et l’Allemand Carsten Mohe, qui pilotera également une Renault Clio Super 1600.

En tout état de cause, voilà encore une belle occasion de mettre en valeur les couleurs de la Martinique. La presse mondiale et de nombreux invités pourront apprécier ti-punch et acras au parc d’assistance ! Les hôtesses martiniquaises ne passeront pas non plus inaperçues : autant d’atouts pour redonner un peu de vigueur à la promotion du tourisme de l’île.

Interview  30 juillet 2002

Le temps des vacances… ou presque !

Simon, après un mois de juin très chargé, tu as du pouvoir prendre un peu de repos en juillet !
« C’est vrai que nous avons enchaîné trois épreuves en juin, ce qui fait beaucoup additionné aux séances d’essais. En juillet, je suis donc retourné aux Antilles. C’était l’occasion de retrouver ma famille, mais aussi d’effectuer plusieurs opérations de relations publiques en Martinique et en Guadeloupe pour les importateurs locaux de Renault. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé des pilotes, spectateurs, supporters… Ils me considèrent un peu comme le représentant des pilotes antillais qui n’ont pas forcément pu tenter leur chance en Europe malgré leur talent et je prends ce rôle très à cœur… »

Tu es ensuite revenu en Métropole pour une nouvelle séance d’essais…
« Oui, nous ne relâchons pas nos efforts car il y a beaucoup de travail, d’autant que la concurrence ne reste pas inactive non plus. Nous avons travaillé en vue du rallye d’Allemagne, mais aussi sur le développement pur de la version 2002. En outre, j’ai testé des pièces qui seront éventuellement homologuées pour la saison 2003. Tout le monde se donne à fond pour faire évoluer la voiture. De mon côté, j’essaie de donner aux ingénieurs un maximum d’informations, de feed-back. Au bout du compte, nous progressons, même s’il est parfois difficile d’évaluer en essais le gain à l’aide d’un chronomètre. Le développement d’une voiture de rallye est à ce prix… c’est d’une rare exigence et c’est réellement passionnant ! »

En quoi le terrain du Rallye d’Allemagne est-il différent de celui de l’Alsace-Vosges ?
Sachant que cette épreuve avait des chances d’intégrer le Championnat du Monde cette année, j’avais effectué les reconnaissances de l’édition 2001. Je connais donc une partie du parcours, dont la physionomie varie beaucoup d’une étape à l’autre. L’année dernière, la première étape était constituée d’un parcours peu naturel, avec beaucoup de carrefours. La deuxième journée se déroulait dans un camp militaire, sur des routes en béton très piégeuses. Enfin, la troisième étape se rapprochait de ce que nous connaissons, à mi-chemin entre le Touquet et l’Alsace-Vosges. En tous cas, cette épreuve devrait être une belle fête, car sa position centrale attirera de nombreux spectateurs. Les organisateurs le savent et ils prévoient les choses en conséquence ! »

Et puis l’Allemagne te donnera l’occasion de te confronter au gratin mondial et à un certain Cédric Robert…
« Effectivement ! Ce déplacement en Allemagne sera très important pour toute l’équipe car Clio devra démontrer son potentiel. Après avoir prouvé notre compétitivité sur la terre en signant 9 des 15 meilleurs temps du Rallye de Grèce, tout le monde nous attend au tournant sur l’asphalte… Et c’est justement notre but : nous voulons nous étalonner face à l’élite mondiale sur le tarmac. Cédric sera un adversaire de choix supplémentaire et je crois que nous voudrons tous les deux démontrer que le niveau du Championnat de France est exceptionnel… et que nous avons plus que jamais notre place dans cette fameuse élite mondiale ! »

Que feras-tu d’ici l’Allemagne ?
« Je vais me ressourcer en famille quelques jours, avant d’attaquer la deuxième partie de la saison qui s’annonce longue et palpitante. Nous allons enchaîner cinq rallyes les uns derrière les autres. Avec les séances d’essais, mon emploi du temps s’annonce à nouveau très chargé. C’est exceptionnel, motivant et très excitant ! »

Limousin - Etape 3  30 juin 2002

De précieux points pour le Championnat

Pour le pilote de la Renault Clio Super 1600, l’objectif du jour était clair : rouler proprement, sans attaque excessive et tenter de progresser au classement général. Les 78 équipages devaient disputer deux boucles composées des deux spéciales déjà empruntées vendredi soir : Lajonchère et Saint-Léger.

A l’issue de l’ES11, Simon était déjà remonté à la 5e place après la sortie de route de Jean-François Bérenguer. Pourtant, il n’était pas complètement satisfait : « Déjà j’ai été déconcentré par la voiture de Jean-François. Mais j’ai roulé très proprement, comme convenu. Je pense que je pouvais aller plus vite. C’est ce que je vais essayer de faire lors des deux dernières spéciales. La 4e place se jouera sur l’usure des pneumatiques. Je ne sais pas où en est la concurrence dans ce domaine… »

Troisième temps dans les ES 12 et 13, Simon ne parvenait toutefois pas à revenir sur Marc Amourette, qui avait – contrairement à Simon – conservé des gommes neuves. A l’arrivée, Jack Boyère était satisfait de ces dernières épreuves : « Le premier tour n’était pas satisfaisant. Il nous manquait un petit truc… En revanche, nous avons retrouvé un très bon rythme lors des deuxièmes passages. Malgré des gommes plutôt usées, nous réussissons des temps similaires aux pilotes qui avaient gardé des pneus neufs. »

Simon Jean-Joseph et Jack Boyère terminent donc à la cinquième place de cette troisième manche du Championnat de France. Plus que jamais, Simon reste conscient du travail qu’il reste à effectuer en vue des prochaines courses : « Avec la Clio, j’ai fait beaucoup moins de kilomètres sur l’asphalte que sur la terre. Je dois donc continuer à apprendre pour pouvoir me libérer à 100%. Cet apprentissage ne peut se faire que lors des courses. Dans cette optique, ma participation au Rallye d’Allemagne fin août me permettra de revenir plus fort au Mont-Blanc. Pour revenir à Limoges, je dois dire que cette course a été un grand moment sportif. Dans les voitures nous nous régalons et je crois que c’est également le cas des spectateurs. Toutes proportions gardées, je crois qu’on ne retrouve cette intensité de bagarre qu’en WRC. Je tire également un grand coup de chapeau à mon équipe de techniciens. Encore une fois, ils n’ont pas ménagé leurs efforts… »