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Var - Après l'étape 2  22 novembre 2003

Victoire et titre en vue !

Il y avait beaucoup de monde au point stop de l’ES1, situé peu après le Col de Gratteloup. Premier à immobiliser sa voiture, Simon Jean-Joseph pense avoir trop assuré. Il a fait le bon choix de pneus, mais il estime que les réglages de suspensions sont trop souples. Deux minutes plus tard, c’est au tour de Tirabassi. Il ‘colle’ deux secondes à son équipier. Le match est lancé ! Arrive ensuite Cédric Robert. Le pilote de la 206 met les deux premiers du Championnat d’accord : il est 3’’6 plus rapide que Brice.

Les équipages prennent la direction du parc d’assistance avant de partir à l’assaut de la terrible spéciale des Maures. On annonce les routes largement humides. Une fois encore, c’est ce diable de Cédric Robert qui réalise le meilleur temps. Il porte son avance au classement général à près de 20’’.

De retour au parc d’assistance, Simon se veut positif : « Peut être que j’ai trop attaqué d’emblée dans l’ES2, ce qui fait que j’ai perdu les freins assez tôt. Heureusement, j’avais fait le bon choix de pneus et j’ai bien limité les dégâts. J’aurais juste aimé pouvoir attaquer à fond dans de si belles spéciales ! »

Annoncée, la pluie ne s’est finalement pas invitée sur la deuxième étape. Ce qui n’a pas empêché de multiples rebondissements dès les premières spéciales. Quand Robert s’immobilise au point stop de l’ES3, c’est pour abandonner. Le pilote de la 206 a tapé. Deux minutes plus tard, ce n’est pas Brice qui se présente, mais Simon. Le Varois a crevé et s’est arrêté pour changer la roue, perdant plus de trois minutes.

A l’issue de cette spéciale un peu folle, Bouffier s’empare de la tête devant Guigou, Bérenguer et Jean-Joseph. Les quatre hommes sont groupés en sept secondes ! Mais dans l’ES4, c’est l’hécatombe pour les pilotes des Clio préparées par Barroso Sport : Guigou sort pour le compte et Bérenguer perd plus de six minutes en se posant sur un talus. En signant le meilleur temps, Simon s’empare de la tête. Il récidive dans l’ES6 et porte son avance à 12’’.

Le héros du jour est donc Simon, qui rentre à Sainte-Maxime avec 15’’2 d’avance sur Bouffier : « C’est une bonne journée qui s’achève. Même si c’est le dernier rallye de la saison, nous continuons à travailler avec l’équipe pour progresser dans nos réglages. Et je pense que nous avons encore franchi un cap. Je roule vite, mais je ne vais pas chercher les derniers dixièmes. Toutefois c’est loin d’être fini. Il reste encore une longue étape… »

Interview  18 novembre 2003

Un crochet par la Belgique…

Explique-nous la genèse de ta participation au Rallye du Condroz le week-end dernier…
« L’initiateur de cette opération est Lionel Hansen, qui dirige le service Compétition-Client Rallye chez Renault Sport Technologies. Il a monté cette opération de toutes pièces avec Renault Belgique pour estimer les retombées que pourrait générer l’engagement d’une Clio Super 1600 outre-Quiévrain. Dernière manche du Championnat d’Europe des Rallyes, le Condroz est une épreuve très populaire et fortement médiatisée. C’était donc l’occasion idéale pour faire un test grandeur nature. Il n’était pas question de faire les choses à moitié : la structure du Clio Team s’est déplacée avec une voiture officielle. Les dirigeants de Renault Belgique m’ont demandé d’être à son volant, ce que j’ai accepté avec beaucoup de plaisir et de fierté. »

A froid, quel bilan tires-tu de ce rallye ?
« Il est forcément positif, puisque j’ai remporté la catégorie Super 1600 après une belle bagarre avec Lary Cols, Champion de Belgique en titre. Cette victoire est assortie d’une place dans le top 10 au scratch, ce qui me satisfait grandement compte tenu du nombre de quatre roues motrices au départ. Plus que le résultat sportif, je retiendrai la convivialité qui a régné tout au long du week-end. Aussi bien avec le public, fort chaleureux, qu’au sein même de l’équipe. J’en profite pour tirer un grand coup de chapeau aux techniciens d’Oreca, qui enchaînent course sur course depuis plusieurs semaines, toujours dans la bonne humeur et avec la même motivation. Pour en revenir aux objectifs initiaux, je pense que nous avons une fois de plus démontré le potentiel de la Clio. Si Cols en avait eu une, j’aurais peut être été battu ! Et je crois que nous avons donné à Renault Belgique tous les arguments pour réfléchir à un programme plus étoffé. »

Revenons sur la course en elle-même. Comment as-tu construit ta victoire sur ce terrain presque inconnu ?
« J’avais déjà participé à ce rallye en 1999, au volant d’une Escort Cosworth. J’avais un vague souvenir de certaines portions de spéciales… Le parcours est atypique, extrêmement rapide. Les spéciales sont tracées de part et d’autre de la Meuse. D’un côté, la région du Condroz est assez vallonnée, avec beaucoup de sous-bois. Les routes sont très glissantes : en fait, je n’avais jamais connu de conditions aussi difficiles ! De l’autre côté du fleuve, les spéciales sont tracées sur des routes assez abrasives, offrant donc un meilleur grip. Je me suis particulièrement appliqué lors du premier passage dans les spéciales pour corriger les notes en marquant les pièges. Ensuite j’attaquais au maximum et c’est là que j’ai fait la différence. Ce qui est important, c’est de ne pas avoir commis d’erreur. Un tout-droit ou un tête-à-queue, ce peut être vingt secondes de perdues… et la victoire qui s’envole. C’est ce qui m’était arrivé au Touquet… et ça m’a servi de leçon. Cette fois j’ai su être patient pour m’imposer. »

Ce week-end tu disputeras la dernière manche du Championnat de France Super 1600. Le Condroz était un bon entraînement ?
« C’est toujours bien d’être dans une voiture de course et d’être en bagarre pour la victoire ! Comme je viens de le dire, ce rallye était bon pour la patience et la régularité. Evidemment les conditions seront très différentes pour le Rallye du Var. Avoir disputé cette épreuve supplémentaire m’a peut être causé un peu plus de fatigue, mais je suis déjà dans le ‘jus’ pour l’ultime rendez-vous. Il faudra que je sois à 100% dès la première spéciale pour m’imposer. »

Tu mènes le Championnat depuis le début et tu es en bonne position pour le remporter. Comment vas-tu aborder cette dernière épreuve ?
« Je l’ai déjà dit, je ne fais pas du titre une obsession. A Sainte-Maxime, j’aurai la même motivation qu’à chaque fois que je prends le départ d’un rallye. Je partirai pour gagner, même si je ne suis pas forcé de le faire pour être titré. Je n’ai rien à perdre et tout à gagner. Je vais donc rouler avec l’esprit libéré. Je ne ferai de cadeau à personne car je souhaite vraiment terminer cette saison 2003 sur une très bonne note… »

Grande-Bretagne - Arrivée  11 novembre 2003

Un podium pour finir

Afin de préparer au mieux ce dernier rendez-vous avec le Championnat du Monde des Rallyes 2003, le Clio Team et ses pilotes avaient mené une séance d’essais sur terre la semaine précédant le rallye. Confiant avant le départ, Simon allait déchanter dès les premières spéciales : « Notre set-up n’est pas adapté à ces conditions. Plus le terrain est glissant et plus la voiture est délicate à conduire. Comme il est difficile de faire en course ce que nous faisons habituellement en essais, je crois que nous devons nous préparer à un week-end laborieux ». Le pilote de la Renault Clio Super 1600 boucle la première journée au 4e rang de la classe A6.

Simon poursuit sa course lors de la deuxième étape ; il se maintient en quatrième position : « Nous profitons de chaque assistance pour essayer de nouvelles choses. Même si je ne vais pas chercher les dernières secondes, j’attaque très fort. Je me suis fait une grosse chaleur dans la spéciale de Margam Park : je suis parti en sous-virage et nous avons tapé un talus qui nous a fait décoller. Nous avons fait un tête-à-queue en l’air, mais nous avons eu la chance de retomber sur nos roues. »

De plus en plus à l’aise au fil des spéciales, Simon termine le rallye en troisième position de classe A6 : « La mission est terminée à défaut d’être totalement accomplie ! Si on revient un an en arrière, j’avais gagné ici ma seule course de la saison. Cette année nous avons été dans le coup pour la victoire à chaque fois… sauf ici ! Comme la voiture ne me convenait pas parfaitement, j’ai parfois manqué de confiance. Ce qui fait que j’ai eu du mal à trouver le bon rythme en débuts d’étapes. Mais nous nous sommes accrochés avec Jack et toute l’équipe. Nous n’avons pas cessé d’améliorer les réglages de la voiture et nous en avons tiré des enseignements positifs. »

Grande-Bretagne – Etape 2  8 novembre 2003

Une journée pleine d’enseignements

Simon avait bien terminé la première journée du Rallye de Grande-Bretagne, signant le meilleur temps dans la super-spéciale de Cardiff. Très tôt ce matin, il quittait le parc fermé de Cardiff pour rejoindre l’assistance de Felindre. L’équipe procédait aux derniers ajustements de réglages de suspensions. Sur la défensive, il ne parvenait pas à se livrer à fond dans la première boucle de deux spéciales.

Le Martiniquais haussait le ton dès l’ES10, revenant au niveau des meilleurs de la catégorie. Sans pouvoir jouer systématiquement avec les premiers, Simon signait ensuite de bons temps qui lui ont permis de consolider sa 4e place en classe A6.

« On progresse, mais les spéciales s’enchaînent et il est difficile de faire en course ce que l’on fait habituellement en essais. Il est certain que je ne vais pas chercher les dernières secondes, mais j’attaque très fort. Pour preuve notre grosse chaleur dans la spéciale de Margam Park : je suis parti en fort sous-virage à fond de quatrième, nous avons légèrement tapé un talus, décollé et fait un tête-à-queue en l’air. C’était un miracle de retomber sur nos roues ! La longue spéciale de Resolfen était difficile car le ciel était entre chien et loup. C’est très délicat d’apprécier le relief dans ces conditions. Pour finir nous avons aussi eu une panne de radio… En tous cas je ne désespère pas que nous trouvions le bon set-up. J’aimerais me mêler à la bagarre que se livrent Carlsson et Meeke ! »

Grande-Bretagne - Etape 1  7 novembre 2003

Cardiff… icile !

Cette première étape a en fait débuté… jeudi soir avec un premier passage dans la super spéciale de Cardiff. Une mise en bouche avant le début des choses sérieuses ce matin dans les forêts du Pays de Galles. Rapidement, Simon et Brice ont été confrontés au même problème de suspensions. « Nous pensions avoir bien progressé en essais la semaine dernière, mais la spécificité du terrain est telle que notre set-up ne fonctionne pas. Ce manque d’efficacité et de précision provoque immanquablement un manque de confiance. J’attaque, mais pas à fond car je n’ai pas le bon feeling », explique Simon à l’assistance de Swansea.

« Le problème que nous rencontrons est difficile à identifier », complète Olivier Maroselli, l’ingénieur en charge du programme. « Nous avons une idée de la direction dans laquelle nous devons aller, mais ce n’est pas évident de chercher le set-up idéal pendant la course ! »

La régularité de Simon lui permet d’occuper la 4e place de la classe A6, à 51’’5 du Sudéois Carlsson : « J’ai été prudent lors des spéciales de nuit. Demain je pense que nous aurons suffisamment progressé pour que je puisse me mettre en chasse des leaders ! »