Magazine  30 octobre 2003

Du travail d’orfèvre !

Une fois le podium d’arrivée franchi, le rallye n’est pas terminé pour autant. « Si nous sommes sur le podium, et ça arrive plus que souvent cette année, nous devons satisfaire aux vérifications techniques avant de mettre la voiture en parc fermé. Nous la récupérons une heure plus tard et nous terminons généralement le chargement vers 18 ou 19 heures », explique Christian. Ensuite, les camions prennent la route vers l’usine d’Oreca, située à Signes dans le Var. Arrivée prévue le lundi dans la journée…

Une fois déchargée, la voiture subit un ‘set-down’. Toute la géométrie de la Clio est passée en revue, afin de détecter les éléments qui auraient subi des contraintes anormales. Ces informations permettent d’enrichir la base de données utilisée lors des épreuves suivantes. Cette vérification est suivie d’un débriefing réunion avec Arnaud Elizagaray, le Directeur technique d’Oreca.

La voiture prend ensuite la direction de l’aire de lavage haute-pression… avant de retourner à l’atelier. Là, Christian et ses collègues démontent les éléments de carrosserie, le moteur, la boîte de vitesses et les suspensions. Il ne reste plus que les portières sur la caisse, qui retourne au lavage haute-pression pour un dégraissage. Puis l’intérieur est démonté, jusqu’au réservoir d’essence. A ce moment, la caisse est nue. Seul le faisceau reste monté. Moins on y touche, mieux ça marche !

Ce démontage est généralement étalé sur trois journées. Un travail parfois ingrat, mais indispensable pour effectuer une préparation d’un très haut niveau de qualité. La caisse restera dans cet état pendant trois ou quatre jours, le temps que les sous-éléments soient révisés.

La quasi-totalité des pièces est révisée dans les locaux d’Oreca, aux exceptions notables des moteurs, qui repartent chez Sodemo à Magny-Cours, et des suspensions, bichonnées par Marc Frontera, le docteur es-amortisseurs de Renault Sport Technologies. Oreca dispose également d’un laboratoire de métrologie, qui permet par exemple de contrôler l’apparition de micro-fissures sur les pièces.

Tout ce travail – toujours plus important après une épreuve sur terre – est effectué par deux techniciens. Christian et Jean-Michel sont affectés à la voiture de Simon, aidés par David qui gère le stock de pièces consommables. En effet, tous les éléments de la voiture ont une traçabilité totale : « Nous répertorions le nombre de kilomètres effectués par chaque organe. Nous avons des points limites avant lesquels nous changeons les éléments. » Le prix d’une fiabilité rarement mise à défaut…

Puis commence le remontage. Un travail d’orfèvre, minutieux au possible. Les techniciens d’Oreca sont des artisans au sens noble du terme. Il suffit de s’approcher d’une de ‘leurs’ voitures pour s’en convaincre. Une fois la voiture prête – généralement après deux à trois jours de travail – elle subit un set-up. C’est-à-dire que les réglages de base sont effectués.

Voici le résumé d’un ensemble d’opérations qui aura été effectuée une quarantaine de fois cette année chez Oreca. « C’est une démarche identique à celle que nous avions en circuit », complète Christian. « En tout nous avons cinq voitures à l’atelier. Deux pour Simon, deux pour Brice et une pour les essais. Il n’y a pas nécessairement une voiture pour l’asphalte et une pour la terre. Comme elles sont entièrement reconstruites à chaque fois, nous jonglons en fonction du calendrier. Le mois d’octobre est particulièrement chargé, avec trois rallyes… dont deux où nous avons une troisième voiture ! »

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