Interview  3 juillet 2003

C’est la mi-saison !

Sept courses, cinq victoires et deux deuxièmes places : quand tu ne gagnes pas, tu n’es jamais très loin de la victoire…
« Nous venons d’atteindre la mi-saison. Ces six derniers mois, j’ai disputé sept rallyes sur des terrains très différents. En terminant à chaque fois premier ou deuxième, j’affiche le meilleur taux de réussite de ma carrière. Chaque bon résultat augmente mon capital confiance, même si je ne sais ce que donneront les prochains rendez-vous. Pour revenir au dernier rallye du Rouergue, je dois dire qu’avec Cédric, nous nous sommes bien battus. Le niveau était vraiment très relevé, c’est très motivant de courir dans de telles conditions. »

Tu t’attendais à une réaction de la part de l’équipe Peugeot…
« J’ai toujours pensé que nos adversaires avaient autant de chances que nous de faire des bons résultats. Il leur manquait juste la réussite pour gagner. C’est ce qui s’est produit ce week-end et ça ne m’a pas surpris. Au Rouergue, Cédric et la 206 évoluaient sur un terrain qui leur convenait parfaitement. C’est très positif pour le championnat qu’une autre marque que Renault démontre son potentiel. Nos victoires à venir n’en auront que plus de valeur. »

Comment vois-tu la suite du Championnat de France ?
« Nous abordons maintenant deux épreuves sur terre. Le rallye d’Ile-de-France représente pour moi une grande interrogation. Je pense que ce peut être un événement sympathique. Mais d’après ce que j’ai compris, il est question d’arroser la spéciale à deux reprises dans la journée. En tant que leader du Championnat, j’aurai le handicap d’ouvrir la route et je risque de ne pas pouvoir me battre à armes égales. De plus, l’unique spéciale sera disputée quatre fois dans un sens, puis quatre fois dans l’autre. Ca ne correspond pas vraiment aux conditions que j’affectionne, à savoir des terrains où l’improvisation est reine. Nous verrons bien… »

Et ensuite ?
« En ce qui concerne le Championnat de France, cap sur le magnifique rallye des Cardabelles. Je découvrais l’épreuve l’an passé, mais j’ai prouvé que je pouvais être dans le coup pour jouer la gagne. Il y aura ensuite le Touquet, un rallye aux conditions difficiles que j’ai déjà remporté. Nous finirons la saison au rallye du Var, une épreuve où tout peut se produire. En dehors de la prochaine épreuve, je suis donc confiant pour la suite de la saison. Je ne me focalise pas sur le Championnat, j’essaie avant tout d’apprécier chaque course. A chaque jour suffit sa peine… »

A mi-saison, il est clair que ton principal adversaire pour le titre est ton équipier, Brice Tirabassi. Comment gères-tu cette situation ?
« Comme moi, Brice bénéficie de la meilleure voiture et de la meilleure équipe du moment. Notre confrontation ne se fait que sur le coup de volant et c’est d’autant plus stimulant. Nous ne sommes pas du genre à lâcher le morceau et nous nous battrons l’un contre l’autre jusqu’au bout. Mais dans notre bagarre nous ne devons pas oublier Cédric Robert, qui conserve toutes ses chances à ce stade de la saison. »

Qu’est ce qui rend votre équipe si forte ?
« Un souci permanent du détail et une osmose totale entre les membres du team. D’un coup d’œil, nous nous comprenons : il y a comme un courant qui passe entre nous. Pourtant, l’équipe est hétérogène avec les hommes de Renault Sport Technologies d’un côté et ceux d’Oreca de l’autre. Olivier Maroselli, l’ingénieur en charge du projet, Cyril Barbier le motoriste et Marc Frontera le spécialiste des suspensions sont complètement intégrés à l’équipe d’Arnaud Elizagaray. A eux tous, ils effectuent un travail énorme sur le suivi des autos. Tant et si bien que nous n’avons connu aucune panne rédhibitoire en quatorze départs. Leur soif de gagner leur permet de se remettre en question chaque jour. Ils sont à mon écoute pour tenter d’améliorer chaque petite chose. Je ne leur tirerai jamais assez mon chapeau. »

Terminons par un regard sur le Championnat du Monde des Rallyes. Le Conseil Mondial FIA vient d’édicter une règle qui dit que le troisième pilote d’une équipe du WRC ne pourra pas avoir fait de podium mondial au cours des trois dernières saisons. C’est ton cas…
« La saison 2004 sera une année charnière pour ma carrière mondiale. Je sais ce que je peux apporter à une équipe. Je n’ai plus l’étiquette d’un pilote asphalte, car j’ai prouvé ce que je suis également rapide sur la terre, que ce soit une WRC ou une Super 1600. Je connais dix des quatorze manches du Championnat, c’est-à-dire toutes les manches européennes sauf la Suède. Depuis le début de la saison, j’ai fait 29 meilleurs temps sur 50 spéciales disputées. Et je suis rentré 45 fois dans les trois premiers ! Sans fausse modestie, je pense avoir les qualités nécessaires pour faire quelque chose de bien. Je n’oublie pas que je suis sous contrat avec Renault jusqu’à la fin de cette saison 2003, mais je suis plus que jamais attentif à l’échiquier mondial… »

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