Interview  14 avril 2003

« Je n’ai jamais douté… »

Vu de l’extérieur, tu as donné l’impression de contrôler totalement la course. Etait-ce vraiment le cas ?
« Je suis arrivé sur cette épreuve avec l’intention de la remporter, et je suis toujours resté concentré sur cet objectif. Quand nous sommes partis dans la première étape avec des pneus inadaptés aux conditions météo, je me suis forcé pour ne pas me laisser distancer par ceux qui avaient choisi les pneus pluie. Vendredi soir, je me suis dit qu’on pouvait remonter sans prendre de gros risques. Samedi, j’ai contrôlé ma remontée, sans jamais douter de mes chances. Avec Jack, nous avons construit cette victoire de façon pragmatique et sereine. Nous avions que nous avions la situation bien en main. »

Qu’est ce qui a fait que tu as été le meilleur des pilotes qui avaient choisi les slicks vendredi soir ?
« Je dis souvent que le Championnat du Monde et le Championnat de France n’ont rien à voir. Hé bien vendredi soir, nous avons connu des conditions pires qu’en Mondial ! Conduire la voiture en slicks sous des trombes d’eau, c’est pire que de rouler en pneus cloutés sur l’asphalte sec au Monte-Carlo ! Dans ces moments, il n’est plus question de réciter une leçon derrière le volant, mais d’improviser en permanence. Chaque coulée d’eau, chaque flaque, provoque un aquaplanage qui peut très mal se terminer. Mon expérience du WRC et ma très bonne connaissance de Clio Super 1600 m’ont permis de faire la différence. J’ai pris des risques pour ne pas me laisser distancer : j’ai même commis deux petites erreurs, qui ne m’ont fait perdre qu’une dizaine de secondes. »

Après la première étape, tu étais deuxième derrière Bryan Bouffier, un jeune pilote qui faisait ses débuts en Super 1600. En as-tu profité pour lui mettre la pression ?
« J’ai beaucoup d’estime pour Bryan. C’est en garçon charmant et vraiment talentueux. Je ne suis pas surpris de ce qu’il a fait ce week-end car il a démontré dans les formules de promotion qu’il sait gérer une course. Il a l’habitude de supporter la pression d’une bagarre à coups de secondes. Ce n’est pas dans mes habitudes de mettre mes adversaires sous pression psychologique. Au contraire, j’ai été très agréable avec lui. Samedi, il n’a pas démérité et il a signé d’excellents chronos. Il n’a pas fini de nous donner du fil à retordre, et c’est tant mieux pour l’intérêt sportif du Championnat ! »

Les Renault Clio Super 1600 ont fait un excellent résultat d’ensemble ce week-end, puisqu’on en retrouve trois dans les quatre premiers. Qu’en penses-tu ?
« Je ne peux que dédier cette victoire à tous ceux qui travaillent depuis un an pour faire gagner la Clio. Depuis mars 2002, nous avons effectué une masse de travail inimaginable. En tant que pilote de développement de la voiture, j’avais de grosses exigences sur l’évolution de la voiture dans tous les domaines : moteur, boîte, suspensions… Le feeling avec Olivier Maroselli, le chef de projet, est tout de suite bien passé et nous sommes sur la même longueur d’ondes. Le travail conjugué des équipes de Renault Sport Techologies, Automéca en 2002 et Oreca cette saison nous a permis de progresser au fil des séances d’essais. Mais il nous faut aussi associer dans ce résultat les fournisseurs, qui se sont impliqués pour répondre à nos attentes, et les équipes clientes. Par l’intermédiaire de Christian Pouchelon et Lionel Hansen, les ingénieurs de Renault chargés du suivi des clients, MSA, GHP et maintenant Barroso Sport ont fait remonter des informations essentielles à l’évolution de la voiture. Je n’ai fait que conclure tout ce travail ce week-end. »

On voit justement que les pilotes privés qui ont choisi la Clio Super 1600 sont très proches des voitures d’usine…
« Oui, la troisième place de Jean-François Bérenguer le confirme. Cela prouve que Renault a joué la transparence avec ses clients. Les différences entre les voitures d’usine et celles des clients sont vraiment minimes. Quand je vois que mon investissement dans le développement se traduit par de bons résultats pour les clients de Renault, je suis comblé. Maintenant que nous avons gagné, nous n’allons surtout pas relâcher notre effort. Arriver au sommet est difficile, y rester l’est plus encore… »

Depuis sept ans, le vainqueur du Rallye Lyon-Charbonnières devient Champion de France à la fin de l’année…
« J’espère tout simplement que l’adage se vérifiera au moins encore une fois ! C’est un Championnat qui sera long et difficile. Je veux encore gagner des rallyes et il est clair que je fais du titre mon objectif ! »

Leave a Reply