Magazine  6 mars 2003

Les bonnes notes de Jack Boyère (2)

« D’un virage à un autre, il y a… une ligne droite ! Les distances, exprimées en mètres, doivent être précises. Pour cela, nous utilisons un compteur kilométrique digital – le Coralba – en reconnaissances. Avec l’habitude, nous ne le regardons pas systématiquement pour les courtes distances. En course, Simon peut avoir recours à ce compteur en cas de brouillard. Il a un bouton sur le volant qui lui permet de le remettre à zéro en sortie de virage. Il sait ainsi précisément quand il doit freiner. A ce propos, les freinages très appuyés sont soulignés dans les notes par le mot ‘frein’.

Passons aux enchaînements, qui sont essentiels en rallye. Il est courant qu’un virage soit plus ou moins suivi d’un autre. Si Simon a le temps de remettre le volant droit un court instant entre les deux courbes, l’enchaînement sera noté ‘pour’. Par exemple, on peut avoir un ‘Gauche à fond frein pour droite 75+’. Si les deux virages sont l’un sur l’autre, on emploiera alors le mot ‘sur’. Si l’enchaînement est encore plus rapide, on passera à la note ‘dans’. Dans ce dernier cas, on peut insérer une note de distance pour attirer l’attention sur un gros ralentissement : ‘Droite à fond dans 50 mètres gauche épingle’.

En ce qui concerne le relief, les bosses viennent immédiatement à l’esprit. Pourtant, ce n’est pas une note très employée, à l’exception des bossent qui « jettent ». Il y a plus de ‘ciels’, qui sont des sommets de côte cachant la visibilité. La note ‘piège’ revient très souvent… et pour de multiples raisons. Simon l’utilise pour tout ce qui est caché par la végétation ou le relief. Il s’en sert également quand l’environnement naturel pourrait inciter à prendre une mauvaise direction.

Bien entendu, il nous arrive souvent de noter le revêtement de la route. Quand c’est glissant, c’est noté ‘pas bon’. On peut avoir des variantes, comme ‘sale’ quand le virage est sec, ou ‘gras’ quand c’est humide. Certaines parties peuvent aussi être notées ‘léger gravier’, voire ‘maxi gravier’ ! Et quand il n’y a que l’emplacement des roues qui est propre, on pourra employer ‘rail gravier’ ou ‘rail sale’.

Vous savez maintenant presque tout ! Le système de Simon est assez simple, c’est pour cela qu’il n’a pas besoin de beaucoup de passages en reconnaissances pour être performant. Si le passage de prise de notes se passe bien, il n’y a presque pas de corrections à apporter au deuxième tour. La physionomie actuelle des rallyes, qui tend à limiter les reconnaissances, est donc bien adaptée à Simon. Deux passages en Mondial lui conviennent très bien. En Championnat de France, nous avons droit à un troisième passage sur asphalte qui nous donne un petit confort. Nous corrigeons toujours quelques notes pendant les spéciales, ce qui est normal compte tenu de la différence de rythme. C’est pour cela que Simon est toujours très performant en début de rallye. »

Leave a Reply