Magazine  10 février 2003

Des 24 Heures du Mans au Monte-Carlo…

Passionné depuis toujours, Christian évolue dans le sport automobile depuis une dizaine d’années. Entré au Giroix Racing pour s’occuper des Seat de Supertourisme, il a ensuite traversé la manche pour travailler chez McLaren sur le développement de la F1 GTR. Son parcours reste ensuite lié à l’endurance : après un an chez Lotus pour le programme Elise GT1, il entre chez Oreca en 1998.

A l’époque, l’écurie de Signes est focalisée sur le programme de la Chrysler Viper. L’équipe passe ensuite aux sport-prototypes, toujours avec Chrysler. Au cours de ces années, Christian travaille avec des pilotes prestigieux : Beretta, Lamy, Comas, Wendlinger, Minassian, Dalmas… Quelques beaux souvenirs demeurent, comme la victoire aux 24 Heures de Daytona 2000 ou la 4e place aux 24 Heures du Mans 2001, juste derrière les trois Audi officielles.

La carrière de Christian prend un nouveau virage à l’aube de la saison 2003, puisqu’il est décidé qu’il s’occupera de la Renault Clio Super 1600 de Simon Jean-Joseph : « Je connaissais un peu le rallye car j’avais fait des assistances pour des copains pilotes. Le haut niveau, je le découvre cette saison. Je connaissais évidemment Simon au travers des médias et je me suis dit que j’avais de la chance de pouvoir travailler avec lui pour ma première saison en rallye. »

Commence alors pour Christian et ses collègues l’habituelle course contre la montre : il faut que tout soit prêt pour la première épreuve, le mythique Monte-Carlo ! Sur l’aéroport de Tallard – parc d’assistance de la première étape – Christian livre ses premières impressions : « Les conditions de travail sont évidemment très différentes de ce que nous connaissons en circuit. Dans les boxes du Mans, tout est d’une propreté clinique, nous avons de la place, de grandes servantes pour les outils… Là, il faut composer avec un environnement hostile. Mais au bout du compte, le travail reste le même : la Clio est une vraie voiture de course, bien faite, aux organes accessibles. Et nous devons tout faire pour qu’elle aille au bout… si possible en tête ! »

Lorsque la Renault frappée du numéro 106 arrive pour une assistance, Christian, Jimmy, Jean-Michel et les deux David savent qu’ils n’ont pas une minute à perdre : « Une assistance de rallye, c’est un peu comme un ravitaillement au Mans. Il y a une tension qui monte quelques minutes avant. Il faut ensuite tout donner pour remettre la voiture en état dans le temps imparti. »

Mais lorsque la voiture repart, c’est une longue attente qui commence : « Finalement la grande différence est là : en rallye, on se sent impuissant car on ne revoit plus les voitures pendant deux ou trois heures. En circuit, on peut les suivre à la télé, sur les écrans de télémétrie… ou les voir passer toutes les trois minutes ! Là, il faut attendre, essayer de glaner les temps des spéciales… »

Avec une victoire de classe lors de la première épreuve, Christian est évidemment satisfait du coup d’envoi de la saison. D’autant plus qu’il trouve l’ambiance excellente : « C’est agréable de travailler avec Simon. Il est toujours d’une humeur constante et on sent qu’il a de bonnes relations avec le public. Je n’oublie pas Jack Boyère, qui est également quelqu’un de très professionnel. Je trouve que le copilote a un rôle très important. Il est aux premières loges pour ressentir le comportement de la voiture. Son feedback est complémentaire du pilote, je pense que cela aide les ingénieurs… »

Même s’il avoue qu’il se retrouverait bien en juin prochain dans un stand du Mans, Christian est comme un poisson dans l’eau en rallye. A l’image de toute l’équipe, il n’a qu’une idée en tête : voire « sa » voiture gagner.

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