Magazine  4 décembre 2002

Trois Champions du Monde dans la Clio !

Copains dans la vie, Arnaud, Nicolas et Stéphane s’entraînent souvent ensemble. Ils sont cette fois réunis pour une expérience un peu particulière : tester la Renault Clio Super 1600 de Simon Jean-Joseph, encore tiède quelques heures après l’arrivée de la dernière manche du Championnat de France des Rallyes Super 1600. Au programme : quelques kilomètres aux côtés du pilote habituel de la voiture – histoire d’assimiler le mode d’emploi – avant de prendre le volant. Après leur passage dans le baquet de droite, les trois compères sont unanimes pour reconnaître que le vrai héros, c’est le copilote ! Bravo Jack Boyère, donc…

Vient alors le moment de s’installer derrière le volant. Nicolas Vouilloz, dont le gabarit est proche de celui de Simon, est le premier à s’y coller. Le garçon n’est plus un débutant en rallye. Pour preuve, il vient comme Simon de disputer le Rallye du Var. Avec brio, puisqu’il a remporté le disputé Volant 206 … L’homme qui vient de remporter son dixième titre de Champion du Monde de VTT n’est pas long à comprendre comment ça marche : « Ce que je retiens de ce galop d’essai, c’est la facilité de prise en main. Le moteur est agréable, puissant pour un 1600 cm3. Côté châssis, j’ai apprécié le train avant, très incisif. J’ai en revanche été dérouté par le freinage, qui n’est pas assisté. Mais ce qui m’a régalé, c’est la boîte de vitesses séquentielle. Avec la commande près du volant, c’est facile et agréable ! Je pense avoir roulé aussi vite qu’avec ma 206, mais avec une marge de sécurité beaucoup plus importante… »

Ce premier contact au volant d’une vraie voiture de course pousse Nicolas à poursuivre dans la voie du rallye : « Je n’avais pas roulé sur l’asphalte depuis le Var 2001. Remporter le Volant 206 cette année me donne donc quelques idées. Et après avoir piloté la Clio Super 1600, je me dis que j’aimerais bien me retrouver un jour au volant d’une telle voiture ! J’ai donc envie de faire une saison complète, dans de bonnes conditions, pour essayer de remporter une formule de promotion. Peut être qu’un jour je serai adversaire de Simon… »

Victorieux aux 24 Heures du Mans 1998, Stéphane Ortelli possède un riche palmarès en circuit qu’il vient d’enrichir de deux titre en FIA N-GT et Porsche Supercup. Son approche méthodique de la course automobile lui a rapidement permis de cerner le potentiel de la voiture : « A côté de Simon, tout a été un peu trop vite. Il fallait à la fois assimiler la route et le mode d’emploi de la voiture. J’ai été surpris par la rapidité avec laquelle il reprend les gaz en sortie de virage. C’est encore plus rapide que sur une WRC ! Quand je me suis retrouvé derrière le volant, c’était du reste le point sur lequel je pêchais le plus : j’avais tendance à accélérer trop tard. La Clio est en tous cas une voiture qui donne confiance : la tenue de route du train avant est extraordinaire, tout comme le freinage. La boîte de vitesses est assez physique, beaucoup plus en tous cas que sur des voitures d’endurance. »

Aucun doute, ces quelques kilomètres du côté du col de Valdingarde ont permis au Monégasque de prendre beaucoup de plaisir : « Je me suis régalé sur cette petite route ! De nuit, c’était un petit peu piégeux. On voit très bien la route, mais pas l’environnement qui n’a rien de rassurant pour un pilote de circuit… Je dois remercier Simon et son équipe de nous avoir donné cette opportunité avec beaucoup de décontraction. »

Vient enfin le tour d’Arnaud Vincent. Les techniciens d’Automéca doivent adapter la position de conduite au petit gabarit du Champion du Monde Moto 125 cm3. Et visiblement, il n’est pas dépaysé par ces deux roues supplémentaires. Au fil des passages, on sent l’assurance gagner le jeune Mentonnais. Ses yeux brillent quand il descend de la voiture : « Ca m’a chamboulé la tête ! Maintenant je comprends mieux l’engouement de Valentino Rossi pour cette discipline… C’est la première fois que je roulais avec une voiture de rallye, mais j’ai trouvé ça très fun. En moto, les mouvements sont décomposés, c’est assez lent. Mais là, les gestes doivent êtres beaucoup plus rapides pour des changements de direction vifs. Et j’ai senti un potentiel de freinage assez monstrueux ! En revanche je n’ai pas été impressionné par la puissance, mais je m’y attendais car une moto de vitesse reste ce qui se fait de mieux en terme de rapport poids-puissance. En résumé, j’ai trouvé cela très accessible. Même en ne roulant pas vite, on peut rapidement se faire de bonnes sensations. Excellent ! »

Alors, à quand le premier rallye d’Arnaud Vincent ? L’idée à l’air de faire son chemin : « Après cet essai, je me rend compte que le rallye est très différent de ce que je connais. Il y a une grande part d’improvisation qui n’existe normalement pas en circuit. On se rapproche plus de l’enduro. Mais j’aimerais bien essayer en course, avec une bonne voiture et une bonne équipe. J’aurais beaucoup de travail à faire sur les notes et il me faudrait faire plus d’essais pour être au point. Je suis en tous cas ouvert à toutes les propositions ! »

Indéniablement, les trois Champions ont pris beaucoup de plaisir au volant de la Renault Clio Super 1600. Ce qui ne peut que ravir Simon Jean-Joseph : « J’ai été très heureux de pouvoir donner cette opportunité à trois Champions d’exception, qui sont en outre des garçons adorables dans la vie. En peu de temps, ils ont rapidement compris le mode d’emploi de la voiture. Pour ma part, je ne sais pas si je serais autant à l’aise sur une 125 de GP, sur un VTT de descente ou à bord d’un proto lancé à fond dans les Hunaudières ! En toute convivialité, j’espère leur avoir permis de découvrir un peu mieux le rallye… Notre discipline est magnifique, mais il le faut le faire savoir. »

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