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  31 décembre 2003

Galerie photos : 2003

Interview  3 décembre 2003

L’avenir avec un losange

Quel est ton sentiment, une semaine après avoir remporté ce titre ?
« C’est une grande fierté qui vient récompenser une année de travail acharné. A chaque course, j’ai du puiser dans mes ressources pour aller chercher les derniers dixièmes. Il n’y a pas eu de moment facile, je n’ai jamais cessé de travailler pour progresser. J’avais la chance de disposer de la meilleure voiture du moment, préparée par la meilleure équipe. J’ai disputé seize rallyes au volant de la Clio et j’ai été quinze fois à l’arrivée : un taux de réussite incroyable ! Comme je l’ai toujours dit, ce titre n’était pas une obsession pour moi mais il vient apporter la touche finale à une saison exceptionnelle. »

Tu prends quand même le temps de le savourer ?
« Bien entendu ! Je le partage avec tout le Clio Team. Ensemble, nous avons vécu une formidable aventure humaine et sportive. Et je n’oublie pas tous les amis, partenaires et supporters qui me soutiennent depuis des années. En une semaine, j’ai reçu des dizaines de coups de téléphone, d’e-mails et de SMS. Tous ces témoignages de sympathie me touchent vraiment et me font prendre conscience de l’impact d’un tel titre. J’ai ressenti une grande fierté de tous les Antillais, qu’ils soient passionnés ou pas par le sport automobile. Ce n’est plus « Simon a gagné » mais « On a gagné » ! Je pourrai jauger cet impact dans quelques jours, puisque je vais passer une semaine en Martinique et en Guadeloupe. »

La question que tout le monde se pose concerne ton avenir. Que feras-tu en 2004 ?
« En parfait accord avec Renault et mes partenaires, j’ai tout mis en oeuvre pour préparer mon retour en WRC. Tout se présentait pour le mieux cet été : des contacts avancés avaient été initiés avec plusieurs équipes. Deux m’ont notamment proposé des programmes très bien garnis pour 2004. J’ai finalement signé un contrat ferme de troisième pilote avec un constructeur. Début septembre, le Conseil mondial de la FIA modifiait le règlement en limitant le nombre de voitures officielles à deux par constructeur. En dépit de mes efforts pour concrétiser cette aventure en WRC, aucune solution n’a été trouvée dans les délais que je m’étais fixés. Je le regrette, car pour moi la parole donnée a plus d’importance qu’un contrat. Je ne serai donc pas en WRC l’an prochain. C’est une immense déception et surtout une grande frustration. »

Tu vas donc poursuivre ton aventure avec Renault ?
« Je tiens à souligner le « fair-play » de Renault Sport. C’est un honneur que d’avoir la confiance renouvelée d’un des plus grands constructeurs mondiaux et je suis très heureux de poursuivre ma carrière au sein d’une équipe que je connais maintenant très bien. Même si je ne sais pas encore exactement quel sera mon programme 2004, je suis certain que nous avons de beaux challenges à relever avec la Clio Super 1600. Je m’y emploierai avec le même enthousiasme que ces deux dernières saisons. »

Outre le fait d’être le premier concerné par les changements de réglementation, que penses-tu de l’orientation donnée au WRC par la FIA ?
« Très franchement j’ai l’impression que le pouvoir sportif souhaite stopper la progression du WRC. Depuis quelques années, ce championnat connaissait une certaine stabilité en matière de réglementation, de format de rallye et d’engagements constructeurs. Ainsi, avec quatorze manches et sept constructeurs engagés, on pouvait tabler sur une vingtaine de voitures officielles au départ de chaque manche. Or, l’augmentation du nombre d’épreuves à seize met en péril l’équilibre budgétaire de certaines équipes. Elles ne seront plus que cinq en 2004. De plus, en limitant le nombre de voitures à deux par équipe, le plateau ne comptera que dix autos la saison prochaine. De mon point de vue de pilote, cela limitera un peu plus encore les débouchés pour accéder au plus haut niveau. Je crains en outre que ces modifications aient des conséquences néfastes en terme d’investissement marketing, de couverture médiatique et de retombées économiques pour tous les acteurs du WRC. En tirant le système vers le bas, je ne vois pas comment de nouveaux constructeurs, sponsors et médias pourraient s’intéresser à l’avenir à la discipline.»

Penses-tu avoir encore un avenir en Championnat du Monde ?
« J’ai disputé 26 épreuves du WRC et je pense avoir démontré ma fiabilité et ma pointe de vitesse. Depuis deux ans, je devance largement à voiture égale des pilotes qui seront en WRC l’an prochain. Et quand on voit le rythme avec lequel les règlements évoluent, je me dis que j’aurai peut-être ma chance dans un an ou deux. En attendant, je suis fier et heureux de pouvoir mettre mes compétences à la disposition de Renault. »

Australie – Etape 1  5 septembre 2003

Retrait prématuré pour Simon

Simon, venu pour découvrir et apprendre l’épreuve, est évidemment déçu de l’issue de son Rallye d’Australie : « La voiture mise à notre disposition par l’équipe Nocentini by MRT était un mulet reconditionné pour la course. Nous avons rapidement été confrontés à des problèmes de freins persistants. Ce qui ne met pas en confiance ! Je pense également qu’il y avait beaucoup à gagner du côté des suspensions, qui ne me convenaient pas. L’équipe a fait tout ce qu’elle a pu pour remédier à ces problèmes, mais un problème électrique nous a empêché de continuer après le parc d’assistance. »

« C’est une situation très frustrante », poursuit Simon. « Le budget nécessaire pour courir une telle épreuve est très élevé mais j’avais réussi à le réunir. Je voulais vraiment aller au bout pour disposer d’une bonne base de notes. Les reconnaissances se sont bien passées, mais les problèmes de freins nous ont empêché de corriger les notes en course. C’est dommage mais c’est comme ça. On n’a jamais fini d’apprendre… »

Simon va maintenant rentrer en Métropole pour retrouver le baquet de sa Renault Clio Super 1600. Au programme, une séance d’essais pour préparer le Rallye du Touquet. La prochaine manche du Championnat de France Super 1600 se déroulera sur la terre des Cardabelles, du 19 au 21 septembre. Une première occasion de remporter le titre…

Australie  4 septembre 2003

Carnets de route…

« Ce pays me fait penser à la vieille Floride. On a l’impression d’évoluer dans des décors de westerns », commence Simon. « La ville de Perth ressemble aux villes américaines, avec des rues perpendiculaires et des grands immeubles. Tout est d’une propreté impressionnante et j’ai été enchanté de l’accueil réservé au rallye. On sent que c’est un événement attendu de tous. »

« Dès qu’on sort de la ville, le décor change complètement », poursuit Jack. « Je ne connais pas les Etats-Unis mais j’ai l’impression de retrouver des ambiances de films américains. Il y a des étendues désertiques, mais la plupart des spéciales se déroulent dans d’immenses forêts. Nous n’avons pas beaucoup de contact avec la population, sauf quand nous nous arrêtons dans les stations-service. Les gens sont tranquilles, ils n’ont pas l’air inquiet. C’est un peu le cliché, avec la papi en salopette qui arrive au volant de son vieux pick-up poussiéreux ! Côté faune, nous croisons beaucoup d’émeus et quelques kangourous, mais pas assez à mon goût ! »

Evidemment, les reconnaissances ont permis au duo de se familiariser avec les spéciales de l’épreuve. Simon ne se montre pas emballé outre mesure : « Ce que je peux dire, c’est que c’est très difficile… et dangereux ! Je ne trouve pas ça exceptionnel, contrairement à la Finlande par exemple. Les petites billes qui recouvrent la route provoquent une glisse permanente de la voiture. Il y a pas mal de passages sinueux ou étroits, avec des rails qui vont rapidement se creuser. Le principal problème, ce sont les arbres qui sont à proximité immédiate de la route. La moindre erreur se paiera comptant… »

Sur ce terrain déroutant car ne ressemblant à aucun autre, Simon et Jack sont bien décidés à accumuler de l’expérience : « C’est pour cela que nous sommes là, il ne faut pas l’oublier ! Je ne suis pas venu pour faire des temps, mais pour avoir de bonnes notes en vue de l’avenir. Et puis c’est aussi une bonne occasion de faire parler de la Martinique. Ici la plupart des gens n’ont jamais entendu parler de notre île. Alors ils se montrent intrigués par la décoration de la voiture… »

Australie - Présentation  26 août 2003

Simon au pays des kangourous !

Sur les quatorze épreuves inscrites au Championnat du Monde 2003, Simon en connaît déjà dix. Il en découvrira une onzième à l’occasion du Rallye d’Australie : « J’ajoute en effet un seizième rallye à un programme déjà bien chargé. Je remercie Renault de m’avoir autorisé cet extra. J’ai pu trouver un bon accord avec l’équipe MRT by Nocentini, qui me permettra d’évoluer sur une Mitsubishi Lancer. Je ferai équipe avec l’espagnol Daniel Sola et le péruvien Ramon Ferreyros. »

Le Rallye d’Australie est très difficile à appréhender en raison de la nature particulière du sol : les pistes sont recouvertes de petites billes de terre qui rendent l’adhérence précaire. L’expérience compte beaucoup sur ce rallye… et c’est pour cela que Simon tenait à participer à cette épreuve : « Je n’ai pas d’autre objectif que d’accumuler de l’expérience. Je souhaite faire de bonnes reconnaissances puis faire le rallye à mon rythme, sans me soucier des temps de mes camarades. C’est tout ! Cette participation me permettra d’avoir une bonne base de notes qui me sera certainement très utile dans le futur… »

Plus d’infos sur l’équipe : www.mrtbynocentini.it

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