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Dakar 2007  16 novembre 2006

Troisième participation au Dakar

Depuis sa première participation au Dakar, Simon Jean-Joseph est tombé sous le charme des grands espaces africains. En compétiteur-né, il souhaite jouer les premiers rôles d’une compétition qui demeure une grande aventure humaine.

Après deux coups d’essais sur des 4×4 de la catégorie Production (T2), le Martiniquais a décidé de passer la vitesse supérieure en 2007 : « Les deux dernières éditions m’ont permis de me familiariser avec cette discipline, très différente des rallyes ‘traditionnels’ que je dispute par ailleurs. Je souhaitais disposer d’une vraie voiture de course, à la fois fi able et performante, qui me permette de viser le top 10… »

Fast & Speed construit des buggies depuis plus de vingt ans. Simon disposera d’un des trois exemplaires de l’Evo 2 engagés par l’équipe néerlandaise. « J’ai été marqué par les performances de Thierry Magnaldi au volant d’un buggy Fast & Speed en 2005. Après avoir visité leurs installations, la qualité et le sérieux de leur travail m’ont définitivement convaincu. Nous sommes animés du même esprit ‘commando’ et d’une envie de bien faire les choses. Le fait d’être intégré à un groupe de trois voitures permet de mutualiser des moyens d’assistance importants et indispensables à la réussite d’un tel engagement. »

La stabilité sera de mise en ce qui concerne l’occupant du baquet de droite : Jack Boyère secondera Simon comme il le fait depuis maintenant sept ans : « J’apprécie beaucoup le rallye-raid. Le Dakar représente un véritable challenge pour le navigateur, surtout depuis que l’aide du GPS a été minimisée. »

Simon tient toutefois à aborder les choses avec humilité : « Ce n’est que notre troisième participation et c’est bien peu comparé aux équipages qui ont disputé l’épreuve depuis dix ou quinze ans ! En sport automobile, on dit souvent que pour arriver premier, il faut premièrement arriver ! Ce sera notre objectif principal. Si nous parvenons à passer au travers de la plupart des pièges, une place parmi les dix premiers serait une formidable récompense. »

Après avoir effectué deux jours d’essais mi-novembre, Simon et Jack poursuivent leur préparation physique pour ce périple de 10 000 kilomètres. De son côté, l’équipe Fast & Speed entame les dernières mises au point sur le buggy. Rendez-vous le 6 janvier, à Lisbonne, pour le coup d’envoi d’une formidable aventure !

Interview  31 janvier 2006

De retour du Dakar…

Au-delà de ton abandon, quel bilan tires-tu de ce Dakar 2006 ?
« Je garde avant tout, et d’une manière générale, un merveilleux souvenir de cette épreuve qui ne ressemble décidément à aucune autre. Qu’il s’agisse des 2000 concurrents et accompagnateurs venus de plus de 40 pays, de l’étendue géographique du parcours ou de la variété des difficultés proposées, il s’agit d’une aventure extrême et unique. Aucune épreuve au Monde ne réunit autant de grands champions venus de tous les horizons du sport automobile de Henri Pescaloro à Carlos Sainz, en passant par Stéphane Peterhansel ou Luc Alphand. Pour toutes ces raisons, la couverture médiatique est mondiale. Dans ce contexte, mon bilan sportif aura été marqué par trois meilleurs temps de ma catégorie, et le bonheur d’avoir figuré dans le peloton de tête jusqu’à cinq jours de l’arrivée. »

Quel est ton meilleur souvenir ?
« Au-delà de l’aventure sportive, j’ai été marqué par la beauté des paysages d’Afrique et par l’extraordinaire accueil des populations. Par exemple, je me rappelle d’un paysage de l’étape entre Atar et Nouakchott, où nous grimpions une petite route pavée à flanc de montagne. Arrivés au sommet, nous avons découvert une mer de dunes bordée par un petit oasis verdoyant. Pour un peu on se serait crus dans un décor de peplum antique ! Avec Jack, mon coéquipier, nous avons été éblouis ; c’est un instant inoubliable… »

Revenons sur ton abandon, peux-tu nous expliquer quels sont les problèmes qui t’ont conduit à te retirer de la course ?
« Dès le début du rallye, nous avons rencontré des problèmes électroniques avec la boîte de vitesses. La boîte passait sans cesse au point mort, refusait de passer en première dans les endroits qui l’exigeaient. C’était particulièrement handicapant dans le sable. Un passage qui ne présentait pas a priori de difficulté particulière pouvait devenir un piège inextricable. Dans ces moments difficiles, la solidarité entre équipiers est primordiale. Avec Jack, nous sommes toujours restés calmes avec un seul objectif : en sortir, avancer et rejoindre l’arrivée. Lors des bivouacs, l’équipe technique n’a pas ménagé ses efforts pour tenter de résoudre nos soucis. Malheureusement, ça n’a pas suffi. C’est une grande frustration. »

Fait rarissime, tu n’as pas crevé une seule fois en neuf jours de course…
« J’ai effectivement cherché à adapter mon pilotage aux terrains rencontrés. L’expérience aidant, j’ai fait de gros progrès par rapport à l’an passé. Mais je suis surpris par l’extraordinaire capacité de résistance des pneus BF Goodrich. Il faut voir ce qu’ils encaissent lors d’une journée ! Pourtant, j’arrivais à faire deux ou trois étapes avec le même train. Pour rien au monde, dans une prochaine vie, je ne souhaiterais être un pneu ! »

Que penses-tu de ta progression entre 2005 et 2006 ?
« L’expérience de l’an passé m’a permis de mieux appréhender l’épreuve. Trouver le bon rythme sur une spéciale de 500 km a donc été plus facile. Le feeling est venu naturellement. Côté pilotage, je pense avoir fait un grand pas en avant dans le franchissement des dunes. Quand l’auto allait bien, ça passait bien… même si on peut toujours se faire piéger. J’ai découvert le fameux ‘fesh fesh’, où il est très facile de se planter. Je regrette de ne pas avoir pu découvrir les pistes du Mali, de la Guinée et du Sénégal. J’ai encore beaucoup à apprendre, on ne devient pas un renard du désert en seulement deux participations… »

Quels sont tes prochains objectifs en rallye-raid ?
« Revenir au Dakar et terminer ! Cette discipline me plait énormément, même si pour le moment mon objectif prioritaire reste le rallye traditionnel. En fonction de mon programme 2006, je souhaite participer à d’autres épreuves de la Coupe du Monde des Rallyes-Raid pour continuer à emmagasiner de l’expérience. »

Comment s’annonce la saison 2006 de rallye ?
« Plus que jamais, je suis prêt à relever de nouveaux défis en rallye. Ces trois dernières années, nous avons gagné avec Renault de nombreuses courses et des championnats, c’est une expérience dont il faudra savoir profiter à l’avenir. Plus concrètement, le détail de mon programme sera connu dans les semaines qui viennent. »

Dakar 2006 – Etape 9  9 janvier 2006

L’aventure s’arrête là pour Simon

Après avoir consacré la journée de repos à redonner une seconde jeunesse à leur véhicule, Simon et Jack pensaient avoir mis toutes les chances de leur côté pour passer sans encombre la plus longue étape du rallye. Le chemin vers Kiffa débutait par près de deux cent kilomètres de franchissement de dunes. Très vite, la boîte de vitesses du 4×4 n°332 donnait des signes de faiblesse. Tout au long de la journée, Simon et Jack se transformaient donc en cantonniers, jouant de la pelle plus souvent que du volant.

A 15h30, ils n’avaient parcouru que 128 kilomètres, rejoignant le premier contrôle de passage. Le duo tentait de poursuivre, mais il finissait par se rendre à l’évidence : impossible de venir à bout de cette étape. « La moindre petite dune était infranchissable, nous n’arrêtions pas de nous ensabler. Et il restait encore près de 700 kilomètres à parcourir pour rejoindre Kiffa… Nous avons donc décidé de rejoindre la route pour rentrer sur Nouakchott », explique Simon.

Le rallye s’arrête donc là pour le Martiniquais : « C’est une grande déception. Nous avons été ennuyés depuis le début du rallye par la mécanique, mais nous avions toujours réussi à surmonter les épreuves. Après une journée de repos je pensais que nous allions repartir du bon pied. Passer cette étape signifiait que nous pouvions commencer à rêver du Lac Rose, car les pistes d’Afrique Noire sont plus roulantes. Mais nous ne verrons pas Dakar… »

Dakar 2006 – Jour de repos  8 janvier 2006

Le plus dur reste à venir !

Quand ils sont enfin arrivés à Atâr, après avoir passé la nuit dans le désert, Simon et Jack n’ont eut droit qu’à une heure et demi avant de reprendre la course. Le plein d’essence, un petit déjeuner, une rapide vérification du road-book… et en route pour de nouvelles aventures !

L’équipage n°332 a d’emblée décidé d’adopter un rythme mesuré. « La première partie de la spéciale était très lente et sinueuse à travers de grands canyons. Notre moyenne ne dépassait guère les 40 km/h et la chaleur était étouffante. Nous nous sommes demandés si nous en verrions le bout », raconte Jack. « Puis nous avons retrouvé des cordons de dunes avant d’arriver sur une longue portion composée de plateaux assez roulants. Seuls les 30 derniers kilomètres ont été difficiles car la nuit était tombée. »

Il n’y eut pas besoin de bercer les deux compères, qui ont bien profité d’une nuit de sommeil. Aujourd’hui, ils s’affairent au bivouac pour effectuer un grand nettoyage de leur 4×4. « Nous allons essayer d’avoir une voiture plus ‘vivable’, nous retirons donc autant de sable et de poussière que possible. »

Demain, après avoir passé – comble du luxe – deux nuits dans le même lit, l’équipage partira à l’assaut de la plus longue spéciale du rallye : 599 km pour rejoindre Kiffa. « C’est non seulement la plus longue, mais aussi la plus difficile selon les connaisseurs », annonce Simon. « Il s’agira de la dernière spéciale avec autant de franchissement. Sans préjuger de rien, nous aurons fait le plus difficile si nous parvenons à terminer cette 9e étape. Ensuite, nous découvrirons complètement les pistes d’Afrique Noire au Mali, en Guinée et au Sénégal. »

Classement T2 après étape 8

1. Ratet / Cattarelli 37h50’47’’
2. Rousselot / Poncet 38h12’31’’
3. Ikemachi / Arakawa 38h51’41’’
4. Strugo / Ferri 40h01’06’’
5. Barbier 42h07’38’’
13. Jean-Joseph / Boyère 53h46’33’’

Dakar 2006 – Etape 8  7 janvier 2006

Toujours en course !

Du sable, du sable, encore du sable. Simon et Jack en ont mangé hier. En proie à des problèmes de boîte de vitesses – le premier rapport était inopérant – l’équipage n°332 a jardiné, comme on dit dans le jargon du Dakar. Epuisés, les deux hommes n’ont jamais envisagé de jeter l’éponge. Mais ils ont préféré passer la nuit dans le désert pour pouvoir repartir un peu plus sereinement au petit matin, quitte à écoper d’une grosse pénalité.

« Nous avons souffert, mais c’était une fois encore grandiose. Nous étions dans une véritable mer de dunes, un paysage à couper le souffle. Je ne sais pas combien de fois nous nous sommes ensablés. C’était très difficile sans le premier rapport », racontait Simon en arrivant enfin à Atâr. « Je suis content d’en être sorti, mais je suis tout de même inquiet pour la suite car la voiture a beaucoup souffert. Nous devons immédiatement repartir vers Nouakchott. Le repos, ce sera pour demain ! »

Simon n’a pas encore franchi la ligne d’arrivée de cette huitième étape, mais il s’est présenté au deuxième contrôle de passage dans des temps similaires à ceux des leaders de la catégorie T2.

Demain : repos !
Après huit jours de course, la caravane va pouvoir profiter d’une pleine journée de repos à Nouakchott. Pour les mécaniciens, l’escale dans la capitale mauritanienne sera surtout l’occasion de remettre à neuf les mécaniques. Lundi, la course reprendra de plus belle avec la plus longue spéciale du rallye : 599 kilomètres pour rallier Kiffa. Au programme, des dunes, encore des dunes, mais aussi du pilotage sur une piste rapide et rocailleuse.

Le classement Autos
1. Magnaldi / Debron 5h00’56’’
2. Peterhansel / Cottret +6’’52
3. Miller / Von Zitzewitz +6’’52
4. Roma / Magne +7’55’’
5. Alphand / Picard +10’36’’

Classement général après l’étape 8
1. Peterhansel / Cottret 27h43’41’’
2. Alphand / Picard +32’’
3. De Villiers / Thorner +26’’16
4. Roma / Magne +43’’35
5. Kleinschmidt / Pons +1h06’26’’