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Programme 2003  18 décembre 2002

Simon pilote officiel Renault en 2003

Après avoir mené une campagne de onze rallyes au volant d’une Clio Super 1600 en 2002, Simon Jean-Joseph a donc eu la satisfaction de se voir proposer un programme officiel par Renault : « C’est une très belle récompense et je ne peux que remercier Renault ! Je me suis beaucoup investi dans le développement de la Clio, mais les décideurs n’avaient que l’embarras du choix pour leurs pilotes 2003. Je suis très fier de la confiance qui m’est accordée. Plus qu’un aboutissement, c’est le début d’une nouvelle aventure à l’ambition simple : la victoire. »

Simon disputera les sept manches du Championnat de France des Rallyes Super 1600 sous les couleurs officielles de Renault. Il participera en outre à sept manches du Championnat du Monde, mais sur une voiture privée : « J’ai atteint la limite d’âge fixée pour le Championnat Junior WRC et je ne peux de ce fait m’y inscrire. Mais je participerai tout de même aux sept manches 2003 : Monte-Carlo, Turquie, Acropole, Finlande, Italie, Espagne et Grande-Bretagne. Je veux persévérer dans cette voie, car je suis convaincu d’avoir ma place au plus haut niveau. Je vais donc devoir trouver les budgets nécessaires au montage de ce programme. »

Pour les deux facettes de son programme 2003, Simon pilotera une voiture préparée par l’équipe Oreca, dirigée par Hugues de Chaunac. Pour Simon, il s’agit d’un autre motif de satisfaction : « C’est un team très prestigieux, qui a gagné dans toutes les disciplines du sport automobile. Ils ont encore prouvé leurs facultés en remportant le Championnat Super 1600 2002. Je suis très enthousiaste à l’idée de collaborer avec cette équipe. » Un enthousiasme partagé par Hugues de Chaunac : « Pour l’instant, je ne connais Simon que de l’extérieur. Cela fait quelques années que je l’observe. Je retiens évidemment sa superbe saison en 1998. Depuis le début de la saison 2002, j’ai pu le suivre de plus près dans le cadre du Championnat Super 1600. J’ai ainsi pu me rendre compte de son approche de la course : il est tout à la fois méthodique, rigoureux et méticuleux. Au volant, il se révèle très rapide, aussi bien sur terre que sur asphalte. Pour Oreca, c’est une grande satisfaction que de pouvoir travailler avec Simon. Nous sommes impatients ! »

Aussi bien en France qu’en Mondial, Simon fera équipe avec Brice Tirabassi, le Champion de France en titre. Le jeune Varois est un des espoirs français les plus en vue : il a soif d’apprendre et compte un peu sur Simon pour cela : « Pour moi c’est un point très positif. Simon est un pilote expérimenté… et j’espère qu’il me donnera quelques petits trucs, notamment en Mondial où je vais tout découvrir. Il a une excellente image médiatique et j’espère pouvoir progresser sur ce point à son contact. Le courant a l’air de bien passer et je pense que nous allons faire du bon travail ensemble. Après mes premiers tours de roues, nous avons remarqué que nous n’avons pas les mêmes points de sensibilité sur la voiture : nos analyses devraient donc être complémentaires, c’est important pour les ingénieurs. »

Des ingénieurs qui vont avoir beaucoup de travail au cours de cette saison 2003 ! Olivier Maroselli, chef de projet de la Clio Super 1600 chez Renault Sport Technologies, dresse un tableau de la saison à venir : « Même si nous avons terminé la saison 2002 sans souci majeur, nous travaillons beaucoup sur le moteur. Nous améliorons à la fois ses performances et sa fiabilité. Tout ceci débouchera sur de nouvelles homologations en début d’année. En plus des séances d’essais destinées à préparer les rallyes, nous mènerons un programme de développement à plus long terme, destiné à explorer à fond toutes les possibilités de la voiture. En 2002, Simon a assuré la quasi-totalité du développement de la Clio. Il est donc important pour nous qu’il soit toujours là pour assurer une continuité. L’arrivée de Brice nous apporte la complémentarité… et un programme d’essais un peu moins lourd pour chacun des pilotes ! »

Du Var au Monte-Carlo, l’intersaison ne sera donc pas été bien longue pour Simon, qui savoure les quelques semaines passées en Martinique : « Comme toujours, je retrouve avec beaucoup de plaisir les Antilles et ses attraits. Je ne prendrai pas de longues vacances, mais ces quelques jours vont tout de même me permettre de me ressourcer. Il faut que j’aborde le Monte-Carlo gonflé à bloc. La saison va être longue… et passionnante. »

Magazine  4 décembre 2002

Trois Champions du Monde dans la Clio !

Copains dans la vie, Arnaud, Nicolas et Stéphane s’entraînent souvent ensemble. Ils sont cette fois réunis pour une expérience un peu particulière : tester la Renault Clio Super 1600 de Simon Jean-Joseph, encore tiède quelques heures après l’arrivée de la dernière manche du Championnat de France des Rallyes Super 1600. Au programme : quelques kilomètres aux côtés du pilote habituel de la voiture – histoire d’assimiler le mode d’emploi – avant de prendre le volant. Après leur passage dans le baquet de droite, les trois compères sont unanimes pour reconnaître que le vrai héros, c’est le copilote ! Bravo Jack Boyère, donc…

Vient alors le moment de s’installer derrière le volant. Nicolas Vouilloz, dont le gabarit est proche de celui de Simon, est le premier à s’y coller. Le garçon n’est plus un débutant en rallye. Pour preuve, il vient comme Simon de disputer le Rallye du Var. Avec brio, puisqu’il a remporté le disputé Volant 206 … L’homme qui vient de remporter son dixième titre de Champion du Monde de VTT n’est pas long à comprendre comment ça marche : « Ce que je retiens de ce galop d’essai, c’est la facilité de prise en main. Le moteur est agréable, puissant pour un 1600 cm3. Côté châssis, j’ai apprécié le train avant, très incisif. J’ai en revanche été dérouté par le freinage, qui n’est pas assisté. Mais ce qui m’a régalé, c’est la boîte de vitesses séquentielle. Avec la commande près du volant, c’est facile et agréable ! Je pense avoir roulé aussi vite qu’avec ma 206, mais avec une marge de sécurité beaucoup plus importante… »

Ce premier contact au volant d’une vraie voiture de course pousse Nicolas à poursuivre dans la voie du rallye : « Je n’avais pas roulé sur l’asphalte depuis le Var 2001. Remporter le Volant 206 cette année me donne donc quelques idées. Et après avoir piloté la Clio Super 1600, je me dis que j’aimerais bien me retrouver un jour au volant d’une telle voiture ! J’ai donc envie de faire une saison complète, dans de bonnes conditions, pour essayer de remporter une formule de promotion. Peut être qu’un jour je serai adversaire de Simon… »

Victorieux aux 24 Heures du Mans 1998, Stéphane Ortelli possède un riche palmarès en circuit qu’il vient d’enrichir de deux titre en FIA N-GT et Porsche Supercup. Son approche méthodique de la course automobile lui a rapidement permis de cerner le potentiel de la voiture : « A côté de Simon, tout a été un peu trop vite. Il fallait à la fois assimiler la route et le mode d’emploi de la voiture. J’ai été surpris par la rapidité avec laquelle il reprend les gaz en sortie de virage. C’est encore plus rapide que sur une WRC ! Quand je me suis retrouvé derrière le volant, c’était du reste le point sur lequel je pêchais le plus : j’avais tendance à accélérer trop tard. La Clio est en tous cas une voiture qui donne confiance : la tenue de route du train avant est extraordinaire, tout comme le freinage. La boîte de vitesses est assez physique, beaucoup plus en tous cas que sur des voitures d’endurance. »

Aucun doute, ces quelques kilomètres du côté du col de Valdingarde ont permis au Monégasque de prendre beaucoup de plaisir : « Je me suis régalé sur cette petite route ! De nuit, c’était un petit peu piégeux. On voit très bien la route, mais pas l’environnement qui n’a rien de rassurant pour un pilote de circuit… Je dois remercier Simon et son équipe de nous avoir donné cette opportunité avec beaucoup de décontraction. »

Vient enfin le tour d’Arnaud Vincent. Les techniciens d’Automéca doivent adapter la position de conduite au petit gabarit du Champion du Monde Moto 125 cm3. Et visiblement, il n’est pas dépaysé par ces deux roues supplémentaires. Au fil des passages, on sent l’assurance gagner le jeune Mentonnais. Ses yeux brillent quand il descend de la voiture : « Ca m’a chamboulé la tête ! Maintenant je comprends mieux l’engouement de Valentino Rossi pour cette discipline… C’est la première fois que je roulais avec une voiture de rallye, mais j’ai trouvé ça très fun. En moto, les mouvements sont décomposés, c’est assez lent. Mais là, les gestes doivent êtres beaucoup plus rapides pour des changements de direction vifs. Et j’ai senti un potentiel de freinage assez monstrueux ! En revanche je n’ai pas été impressionné par la puissance, mais je m’y attendais car une moto de vitesse reste ce qui se fait de mieux en terme de rapport poids-puissance. En résumé, j’ai trouvé cela très accessible. Même en ne roulant pas vite, on peut rapidement se faire de bonnes sensations. Excellent ! »

Alors, à quand le premier rallye d’Arnaud Vincent ? L’idée à l’air de faire son chemin : « Après cet essai, je me rend compte que le rallye est très différent de ce que je connais. Il y a une grande part d’improvisation qui n’existe normalement pas en circuit. On se rapproche plus de l’enduro. Mais j’aimerais bien essayer en course, avec une bonne voiture et une bonne équipe. J’aurais beaucoup de travail à faire sur les notes et il me faudrait faire plus d’essais pour être au point. Je suis en tous cas ouvert à toutes les propositions ! »

Indéniablement, les trois Champions ont pris beaucoup de plaisir au volant de la Renault Clio Super 1600. Ce qui ne peut que ravir Simon Jean-Joseph : « J’ai été très heureux de pouvoir donner cette opportunité à trois Champions d’exception, qui sont en outre des garçons adorables dans la vie. En peu de temps, ils ont rapidement compris le mode d’emploi de la voiture. Pour ma part, je ne sais pas si je serais autant à l’aise sur une 125 de GP, sur un VTT de descente ou à bord d’un proto lancé à fond dans les Hunaudières ! En toute convivialité, j’espère leur avoir permis de découvrir un peu mieux le rallye… Notre discipline est magnifique, mais il le faut le faire savoir. »

Var - Arrivée  1 décembre 2002

Quelle remontée !

Pas facile de se concentrer et de continuer à attaquer quand on a plus de sept minutes de retard sur le leader… Telle est la situation de Simon Jean-Joseph au départ de la deuxième étape du Rallye du Var. Pour le pilote antillais, cette dernière épreuve de la saison devient alors une séance d’essais grandeur nature : « Nous allons essayer un maximum de choses sur la voiture. Pour l’instant les réglages ne me conviennent pas, je trouve que la voiture saute trop dans les parties bosselées. »

Tout au long de la journée, les techniciens d’Automéca vont donc faire évoluer le set-up de la Renault Clio Super 1600. Bosselées et abrasives, les routes des environs de Sainte-Maxime sont particulièrement exigeantes pour les trains roulants. En fin de journée, Simon retrouve une voiture conforme à ses attentes. Même s’il ne prend aucun risque inutile, le Martiniquais signe des chronos dans le top 5 en fin de journée.

La troisième étape est abordée avec le même esprit. Et comme Simon a définitivement trouvé les réglages adéquats, il signe de bon matin le temps scratch dans la spéciale du Plan de la Tour. Il réalise ensuite des temps similaires à ceux des deux leaders du moment, Serge Jordan et Cédric Robert. Le rallye se termine particulièrement bien, puisque le pilote de la Clio réalise à nouveau le meilleur temps.

Simon et Jack rentrent finalement à Sainte-Maxime en cinquième position et marquent les points de la quatrième place. La persévérance a donc payé : « Compte tenu des ennuis rencontrés lors de la première étape, ce résultat est inespéré. Cela dit, nous avons su garder la tête hors de l’eau. Je n’ai jamais lâché le morceau et cela a fini par payer. Une nouvelle fois, les Clio ont prouvé leur potentiel. L’abandon de Serge Jordan dans la dernière spéciale est malheureux, mais nous avons marqué suffisamment de points pour permettre à Renault de rester deuxième du Championnat Constructeurs. »

Le rideau vient ainsi de tomber sur la saison 2002. Simon prend la quatrième place du Championnat de France : « Je n’avais pas d’objectif particulier concernant le classement général. Faire débuter cette Renault Clio a été une expérience formidable. Nous avons beaucoup travaillé pour la faire progresser et je suis satisfait du résultat. »

Var - Etape 1  29 novembre 2002

Demain sera un jour meilleur

De tous les rallyes du Championnat de France, le Var est celui que connaît le moins Simon Jean-Joseph. Au moment de prendre le départ de la dernière manche du Championnat de France 2002, le Martiniquais n’affiche donc pas des prétentions démesurées : « Je n’ai disputé ce rallye que deux fois, en 1993 et 1998. Je ne suis donc pas complètement à l’aise avec le terrain. Ce sera difficile de soutenir le rythme des meilleurs. Je vais en tous cas m’attacher à finir le rallye, j’ai besoin d’engranger de l’expérience… »

Et les choses débutent mal pour le pilote de la Renault Clio Super 1600. Dès le premier kilomètre de l’ES1, il doit composer avec un moteur tournant sur trois cylindres. Le problème se répétera sur les trois premières spéciales, l’assistance n’étant pas autorisée à ce stade de la course. Après l’ES3, le passif de Simon sur le leader atteint déjà 48’’.

Les technicie! ns d’Automéca parviennent à régler le problème au parc d’assistance. Simon peut enfin se livrer dans l’ES4. Pas complètement satisfait des réglages, il signe tout de même le 3e temps.

La satisfaction sera de courte durée : quelques centaines de mètres après le départ de l’ES5, une vanne de chauffage casse, aspergeant copieusement les pieds de Simon… d’eau bouillante ! Malgré la douleur, le pilote antillais parvient à terminer la spéciale au ralenti. Plus de cinq minutes ont été perdues dans l’aventure.

Quelques bidons de boisson énergétique Hi-Tense versés dans le circuit de refroidissement et une réparation de fortune permettent à l’équipage de poursuivre la course. Ils rentrent au parc fermé de Sainte-Maxime avec 7 minutes de retard sur le leader.

Tout espoir de bon résultat est donc perdu, mais Simon veut mettre à profit les deux journées restantes pour améliorer sa connaissance du terrain : « Il est vrai que nous avons connu une journée très frustran! te, avec beaucoup de soucis. Mais nous avons la chance d’être toujours là. Les deux dernières étapes vont être mises à profit pour essayer un maximum de choses sur la voiture. J’essaierai aussi de peaufiner mes notes. Et si nous pouvons faire quelques coups d’éclat, pourquoi pas ! »

Grande-Bretagne – Arrivée  17 novembre 2002

Simon offre à Clio sa première victoire !

Avec seulement quatre secondes d’avance au départ de cette dernière journée, Simon sait qu’il ne peut pas calculer. Il faut attaquer et signer des meilleurs temps pour creuser l’écart sur Daniel Sola. Même si l’Espagnol va plutôt gérer sa course dans l’optique du titre Junior WRC.

Les hostilités débutent avec un deuxième passage dans la longue spéciale de Resolfen. En 55 kilomètres, Simon a le temps de doubler un concurrent. Malgré la brume et le brouillard matinal, ce sera la principale péripétie de ce chrono : « J’ai bien roulé, sans trop attaquer. Ce n’est pas possible autrement. Si nous prenions autant de risques qu’en Championnat de France, nous serions dehors depuis un moment ! Mais ce n’est pas tous les jours qu’on fait de telles spéciales. Une nouvelle fois, c’était un vrai régal, et je crois que ça a plu aux spectateurs ! ». Le Martiniquais signe le meilleur temps avec 25’’ d’avance sur Baldacci. Sola perd 55’’ d’un coup.

Dans Rheola 2, Simon se montre une nouvelle fois impérial. Sur les 27 km, il prend entre 14’’ et 24’’ à la meute de Saxo composée de Valimaki, Dallavilla, Sola et Tuohino. Il reste alors deux passages dans la spéciale de Margam. Simon poursuit sa série avec le meilleur temps dans l’ES16.

Il n’aura pas l’occasion de faire le carton plein, puisque l’ES17 est neutralisée suite à la sortie de route d’un concurrent. A cause de l’ordre de départ, qui lui impose de partir après les concurrents du Championnat JWRC, le pilote antillais écope d’un temps forfaitaire qui lui fait perdre une minute pleine. Heureusement, son avance était telle qu’il s’impose au classement général avec 58’’ d’avance sur Sola.

Les performances vues tout au long de la saison se concrétisent donc par une victoire pour Simon : « Cette victoire a une saveur toute particulière pour moi, puisque je découvrais cette épreuve. Je suis fier de m’imposer sur un rallye aussi difficile ! J’ai marqué les esprits ce week-end après avoir géré la course avec maturité. Sans s’énerver lors des moments difficiles, nous avons construit cette victoire. C’est une très belle récompense pour l’équipe, qui n’a jamais relâché ses efforts. Nous sommes tous épuisés ce soir, mais heureux d’apporter cette première victoire à la Renault Clio Super 1600 ! »

Un sentiment partagé par Jack Boyère : « J’avoue que j’ai parfois eu du mal à y croire. Nous étions totalement confiants en nous-même, mais nous ne pouvons pas maîtriser certains éléments extérieurs. Le fait de ne pas être considérés comme un équipage prioritaire nous force ainsi à partir derrière des concurrents que nous devançons à la régulière. Le temps forfaitaire dans la dernière spéciale aurait pu nous faire perdre le rallye. Malgré tout, nous avons aussi connu notre part de réussite ce week-end : les problèmes sont finalement arrivés au bon moment ! »

Le palmarès de la Renault Clio Super 1600 est donc inauguré par cette victoire obtenue dans la boue des forêts galloises. Simon rêve maintenant de doubler la mise sur l’asphalte du Rallye du Var, dernière manche du Championnat de France des Rallyes Super 1600.