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Grande-Bretagne - Présentation  4 novembre 2003

Une victoire pour terminer ?

Pour Simon, le Rallye de Grande-Bretagne est synonyme de très bons souvenirs : pour sa première participation à l’épreuve l’an passé, il avait offert à Renault Clio Super 1600 sa première victoire de classe A6 en Championnat du Monde.

Le Martiniquais revient donc au Pays de Galles avec beaucoup de plaisir : « C’est une très belle épreuve, qui regroupe toutes les difficultés des épreuves sur terre. Pour moi c’est le plus beau rallye sur terre d’Europe. C’est moins cassant qu’en Grèce et moins spécifique qu’en Finlande. Les spéciales sont naturellement belles et le rythme est très plaisant. Je crois qu’il n’y a pas une portion où l’on s’ennuie. Les conditions météo jouent un rôle très important : on peut avoir de la pluie, de la neige et surtout du brouillard. Il faut alors improviser en conséquence. Tout ce que j’aime ! »

Un avis partagé par Jack Boyère, très expérimenté sur cette épreuve puisqu’il la disputera pour la cinquième fois !

Après avoir signé quatre victoires de classe (Monte-Carlo, Turquie, Grèce, Espagne), Simon espère évidemment clôturer sa saison mondiale en beauté : « Je suis très confiant après une bonne séance d’essais la semaine dernière dans les environs de Grenoble. Je pense que nous avons encore progressé dans les réglages de la Clio. Nous verrons si nous sommes dans le vrai pendant le rallye ! En tous cas j’espère me faire plaisir sur ce rallye. Je vais essayer de faire de très bons temps pour aller chercher une nouvelle victoire de classe. »

Magazine  30 octobre 2003

Du travail d’orfèvre !

Une fois le podium d’arrivée franchi, le rallye n’est pas terminé pour autant. « Si nous sommes sur le podium, et ça arrive plus que souvent cette année, nous devons satisfaire aux vérifications techniques avant de mettre la voiture en parc fermé. Nous la récupérons une heure plus tard et nous terminons généralement le chargement vers 18 ou 19 heures », explique Christian. Ensuite, les camions prennent la route vers l’usine d’Oreca, située à Signes dans le Var. Arrivée prévue le lundi dans la journée…

Une fois déchargée, la voiture subit un ‘set-down’. Toute la géométrie de la Clio est passée en revue, afin de détecter les éléments qui auraient subi des contraintes anormales. Ces informations permettent d’enrichir la base de données utilisée lors des épreuves suivantes. Cette vérification est suivie d’un débriefing réunion avec Arnaud Elizagaray, le Directeur technique d’Oreca.

La voiture prend ensuite la direction de l’aire de lavage haute-pression… avant de retourner à l’atelier. Là, Christian et ses collègues démontent les éléments de carrosserie, le moteur, la boîte de vitesses et les suspensions. Il ne reste plus que les portières sur la caisse, qui retourne au lavage haute-pression pour un dégraissage. Puis l’intérieur est démonté, jusqu’au réservoir d’essence. A ce moment, la caisse est nue. Seul le faisceau reste monté. Moins on y touche, mieux ça marche !

Ce démontage est généralement étalé sur trois journées. Un travail parfois ingrat, mais indispensable pour effectuer une préparation d’un très haut niveau de qualité. La caisse restera dans cet état pendant trois ou quatre jours, le temps que les sous-éléments soient révisés.

La quasi-totalité des pièces est révisée dans les locaux d’Oreca, aux exceptions notables des moteurs, qui repartent chez Sodemo à Magny-Cours, et des suspensions, bichonnées par Marc Frontera, le docteur es-amortisseurs de Renault Sport Technologies. Oreca dispose également d’un laboratoire de métrologie, qui permet par exemple de contrôler l’apparition de micro-fissures sur les pièces.

Tout ce travail – toujours plus important après une épreuve sur terre – est effectué par deux techniciens. Christian et Jean-Michel sont affectés à la voiture de Simon, aidés par David qui gère le stock de pièces consommables. En effet, tous les éléments de la voiture ont une traçabilité totale : « Nous répertorions le nombre de kilomètres effectués par chaque organe. Nous avons des points limites avant lesquels nous changeons les éléments. » Le prix d’une fiabilité rarement mise à défaut…

Puis commence le remontage. Un travail d’orfèvre, minutieux au possible. Les techniciens d’Oreca sont des artisans au sens noble du terme. Il suffit de s’approcher d’une de ‘leurs’ voitures pour s’en convaincre. Une fois la voiture prête – généralement après deux à trois jours de travail – elle subit un set-up. C’est-à-dire que les réglages de base sont effectués.

Voici le résumé d’un ensemble d’opérations qui aura été effectuée une quarantaine de fois cette année chez Oreca. « C’est une démarche identique à celle que nous avions en circuit », complète Christian. « En tout nous avons cinq voitures à l’atelier. Deux pour Simon, deux pour Brice et une pour les essais. Il n’y a pas nécessairement une voiture pour l’asphalte et une pour la terre. Comme elles sont entièrement reconstruites à chaque fois, nous jonglons en fonction du calendrier. Le mois d’octobre est particulièrement chargé, avec trois rallyes… dont deux où nous avons une troisième voiture ! »

Espagne - Arrivée  26 octobre 2003

Simon renoue avec la victoire !

Le rallye débute vendredi par une longue étape de huit spéciales. Le soleil brille pour les Renault Clio Super 1600, qui affichent leur hégémonie au sein de la classe A6. Après les sept premières spéciales, Nicolas Bernardi est installé en tête devant Simon Jean-Joseph, Josep Membrado, Brice Tirabassi et Emmanuel Guigou. Cinq Clio aux cinq premières places, c’est du jamais vu !

Mais la course bascule dans la dernière spéciale du jour, quand Nicolas Bernardi crève : obligé de s’arrêter pour changer la roue, le pilote de l’Equipe de France FFSA perd plus de trois minutes. C’est donc Simon qui hérite du commandement : « Je me fais plaisir sur ces spéciales qui font la part belle à l’improvisation. Les WRC ramènent de la terre et des pierres sur la route, il faut éviter les pièges en permanence ! »

Le soleil est toujours de la partie samedi pour la deuxième étape, encore composée de huit spéciales. Tout va bien pour Simon, qui réalise trois premiers et quatre deuxièmes temps en huit spéciales. Le Martiniquais a augmenté son avance tout au long de la journée. Il rentre à Lloret de Mar avec 2’06’’ d’avance sur Membrado : « Ces spéciales sont toujours aussi difficiles, mais la voiture est très facile à conduire. J’ai essayé lors de la première étape un différentiel… différent de ceux monté sur les autres voitures, mais nous sommes revenus à la solution classique ce matin. »

Six spéciales restent à disputer dimanche. La pluie est l’invitée de dernière minute et va évidemment compliquer la tâche des pilotes… Avec une bonne avance, Simon savait qu’il pourrait gérer sa quatrième victoire de classe de la saison : « Ca fait du bien de renouer avec la victoire ! J’ai eu de bonnes sensations tout au long du week-end. Pour la troisième étape je n’avais pas de pression particulière, j’ai donc pu assurer. J’ai perdu beaucoup de temps dans la dernière à cause de la buée, mais c’est sans conséquence sur le classement. Nous avons essayé beaucoup de choses sur la voiture et je dois féliciter l’équipe pour son travail impeccable. »

Espagne – Etape 2  25 octobre 2003

Une victoire à portée de main

Parti en leader de la classe A6 ce matin, Simon a su augmenter son avance tout au long des huit spéciales du jour. Avec trois premiers et quatre deuxièmes temps, le Martiniquais compte maintenant 2’06’’ d’avance sur l’Espagnol Membrado, qui pilote lui aussi une Clio Super 1600. « C’est une bonne petite journée que nous achevons ! », raconte Simon au parc d’assistance de Vic. « Ce matin nous avons changé la boîte de vitesses pour revenir à un différentiel identique à celui des autres voitures. La voiture était plus facile à conduire, nous avons encore bien progressé dans le set-up. »

Simon rappelle en outre la difficulté de l’épreuve : « Les spéciales sont très piégeuses, car les WRC rentrent loin dans les cordes et maculent la route de pierres et de boue. Et comme nous n’avons pas d’ouvreurs, nous les découvrons en course. D’ailleurs je n’ai pas pu éviter une petite faute dans l’ES16, heureusement sans conséquences. »

Espagne - Etape 1  24 octobre 2003

Simon reprend les bonnes habitudes !

C’est Bernardi qui a dégaîné le plus vite ce matin en signant trois meilleurs temps en autant de spéciales. Pour autant Simon ne pointait qu’à 5’’1 de son jeune équipier : « Nous avions décidé avec l’équipe de monter sur ma voiture un différentiel plus taré que ceux de mes équipiers. Ma Clio sous-vire un peu plus, mais elle est plus efficace dans les parties sales. Ca aurait pu être un avantage en cas de pluie. En tous cas je suis très satisfait du comportement global de l’auto, tout fonctionne parfaitement. »

Simon réagit dans l’après-midi en signant trois meilleurs temps. Mais la course prend une tournure différente dans l’ES8, la dernière du jour. Nicolas crève, s’arrête pour changer la roue et perd plus de trois minutes. Simon hérite donc du commandement : « C’est la course… En tous cas je me fais plaisir au volant, même si les conditions sont difficiles. Cela fait la part belle à l’improvisation… et j’aime ça ! Je vais continuer à attaquer fort demain pour conserver cette position. »