4 avril 2013

Je préfère le plancher des vaches !

Partis de Brest il y a un peu plus de deux semaines, les navigateurs de la Transat Bretagne-Martinique auront bientôt le port de Fort-de-France en vue. Comme beaucoup de monde, je me suis pris de passion pour cette course. Au-delà du courage et du travail de préparation nécessaires, il faut aussi une dose de folie pour affronter l’océan dans de telles conditions. J’ai plus particulièrement suivi la progression de notre compatriote Eric Baray, qui n’aura malheureusement pas connu une grande réussite cette année. Courage, souhaitons-lui plus de réussite pour la prochaine édition !

La voile est un sport qui me fascine. Mais pour tout vous dire, c’est surtout de la crainte que je ressens. Il y a une quinzaine d’années, j’avais eu la chance de naviguer avec Laurent Bourgnon, qui venait de remporter la Route du Rhum. J’avais été impressionné par le très haut niveau de technologie du bateau et par les vitesses atteintes avec peu de vent. C’était une expérience enrichissante, mais de là à rêver de traverser l’Atlantique sur une coque de matériaux composites… Je crois que l’éternel impatient que je suis aurait du mal à accepter d’être tributaire d’éléments immaitrisables.

Quand on nait sur une île, le bateau est pourtant un moyen de transport presque naturel. Mais je reste très humble face aux éléments. J’ai d’ailleurs une anecdote qui m’a marqué pour toujours. Je devais avoir cinq ou six ans, et j’étais parti avec mes parents pour une balade en mer. Le capitaine ne m’inspirait pas confiance, je le trouvais terrifiant avec sa grosse barbe ! Toujours est-il que le bateau a eu un problème de gouvernail, puis une panne de moteur. Sans radio, nous avons dérivé pendant plusieurs heures et nous devons notre salut à un pêcheur qui passait par là en fin de journée. Je ne souhaite l’expérience à personne…

Pour mes lointains ancêtres, la traversée de l’Atlantique est synonyme de souvenirs bien plus douloureux. Plus près de nous, mes parents sont toujours émerveillés lorsqu’ils évoquent les croisières effectuées à bord des paquebots Colombie ou France. Il fallait une dizaine de jours pour rallier l’Europe, mais il s’agissait d’un moyen de transport sûr et agréable, au contraire de la voie des airs. Survenu le 1er août 1948, l’accident d’un hydravion Latécoère parti de Fort-de-France avait dissuadé bien des passagers potentiels…

Puis le transport aérien s’est enfin démocratisé avec l’entrée en service de la Caravelle, bien avant l’A380 !

Tout comme je ne suis pas à l’aise sur un bateau, je n’aime guère prendre l’avion. Peut-être est-ce lié à un autre souvenir d’enfance, moins effrayant toutefois. A l’époque, on nous donnait au pied de l’avion un petit ‘doggy bag’ contenant une nourriture peu appétissante. Il fallait ensuite pique-niquer dans l’avion : je vous laisse imaginer le carnage et l’état de la cabine après le vol !

Plus sérieusement, c’est encore la sensation de ne pas maîtriser la machine que je n’aime pas. Il y a peu de chances pour que vous me trouviez assis à côté d’un hublot, je préfère être au milieu des autres passagers pour oublier que je suis en l’air. Je peux vous le dire : je préfère le plancher des vaches, sur deux pieds ou quatre roues !

Et vous, vous êtes plutôt bateau, avion ou auto ? Vous avez des souvenirs de voyages à me raconter ? N’hésitez pas, commentez ce billet sur mon site ou sur ma page Facebook. Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle chronique !

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