Interview  22 novembre 2007

Simon Champion pour de bon !

La FIA a confirmé aujourd’hui les résultats de l’Elpa Rally, tu es couronné Champion d’Europe des Rallyes 2007. Quel est ton sentiment ?
« C’est évidemment une grande satisfaction, même si je regrette de ne pas avoir pu savourer ce moment à l’arrivée du Rallye d’Antibes, avec Jack, l’équipe PH Sport et Citroen Sport qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour arriver à ce résultat. Je suis fier de ce titre, car nous avons été le chercher à la force du poignet. En début de saison, nous n’étions pas assurés de disputer l’intégralité du championnat. Course après course, Citroën et nos partenaires nous ont renouvelé leur confiance. Les bons résultats justifiaient de poursuivre l’aventure jusqu’au bout ! »

La saison n’avait pourtant pas commencé de la meilleure des manières…
« Un problème technique nous a contraints à l’abandon au Rallye 1000 Miglia. En Turquie, nous avons réalisé de très bons chronos sur la terre, mais nous ne pouvions pas rivaliser avec les Super 2000 de l’IRC. Pourtant, nous avons signé des temps à seulement 5/10e au kilomètre des quatre roues motrices ! A plus de 100km/h de moyenne, nous nous serions crus en Finlande… sans les bosses. Puis je suis monté sur le podium en Croatie, ce qui m’a permis d’augmenter mon capital point. En Pologne, je découvrais la C2-R2 et nous n’avons pas marqué malgré un rallye sans faute où nous nous sommes battus avec les Super 1600 et R3. En revanche, j’ai été déçu de ma prestation à Ypres. Après une grosse frayeur au shakedown, je n’ai jamais réussi à trouver le rythme en course. A mi-saison, le bilan comptable n’était pas à notre avantage, même si tout restait possible lors des cinq dernières courses. »

C’est donc le rallye de Bulgarie qui a marqué le tournant du championnat ?
« Il fallait absolument monter sur le podium pour rester dans la course au titre. Mission accomplie, puisque nous terminons deuxièmes à seulement 18’’du local de l’épreuve. C’est à ce moment que j’ai eu le déclic avec la Citroën C2 Super 1600. J’ai réussi à l’exploiter à 100% et ce résultat a augmenté ma confiance. A Madère, je me suis battu comme rarement pour aller chercher des points. Je me souviens de la dernière spéciale de la première étape, où je prends la 3e place du classement général pour moins de deux secondes. Cette position nous permettait de marquer un point supplémentaire au championnat… »

Puis tu as connu un autre rallye difficile en République Tchèque…
« Cela reste pourtant un de mes souvenirs les plus forts ! Nous avons perdu près de trois minutes à la fin de la première étape à cause d’un problème technique sur les freins. Cependant nous avons continué à attaquer… et une cascade de rebondissements nous a permis de marquer les points de la 5e place ! Autre grand moment : l’Elpa Rally. Après une tès bonne première étape sur l’asphalte, nous avons disputé la seconde journée sur la terre. Même si cette configuration n’était pas à notre avantage, j’ai adoré cette expérience ! J’ai attaqué très fort pour rester au contact des S2000 et je termine deuxième. Je suis arrivé pour la finale d’Antibes avec l’avantage sur mes adversaires. Un nouveau podium nous a permis de remporter le titre. »

Il s’agit de ta seconde couronne européenne, après celle décrochée en 2004. Le titre a-t-il été plus difficile à conquérir ?
« Sans aucun doute. En 2004, nous étions principalement opposés à des Kit-Cars 2 litres et des Super 1600 sur un championnat 100% asphalte. L’écart de performance était moins important qu’avec les Super 2000, surtout sur la terre… »

En plus du Championnat d’Europe, tu as participé à plusieurs manches de l’IRC pour faire la promotion des produits Citroën. Que retires-tu de ces expériences ?
« Ma mission consistait à démontrer les qualités des C2 Super 1600 et R2, notamment dans les pays où le WRC n’était pas présent. Je l’ai fait avec d’autant plus de plaisir que cela m’a permis de découvrir de nouveaux horizons. Je garde notamment un souvenir particulier du Rallye de Russie. Je ne connaissais ce pays qu’au travers des médias et j’ai beaucoup apprécié de voir la population s’ouvrir à notre sport. Le cérémonial start à Saint Petersburg fut grandiose ! »

La liste des engagés du Dakar 2008 vient d’être dévoilée. Tu n’y figures pas. Pour quelles raisons ?
« Je crois que j’aurai un pincement au cœur quand le rallye partira sans moi… Mais je me dis également que j’ai pris la bonne décision en ne m’engageant pas, car les opportunités qui m’étaient proposées ne me permettaient pas d’avoir les moyens de mes ambitions. »

C’est-à-dire ?
« Pour participer à cette épreuve dans de bonnes conditions et viser une place dans le top 10 final, les budgets à réunir sont très importants. Construite rallye après rallye, cette saison a mobilisé la plupart de mon énergie et je n’ai pas été en mesure de parvenir à une solution me permettant de viser ce résultat. »

Ce n’est donc qu’un au revoir ?
« Je l’espère bien, je préfère passer mon tour plutôt que de compromettre la confiance qui m’est accordée par mes partenaires. Le Dakar est une épreuve unique par le défi sportif, technique et humain qu’elle impose aux concurrents. C’est aussi la garantie de retombées de premier plan pour les partenaires. Je vais travailler pour faire mon retour en 2009. Avec un nouveau titre de champion d’Europe des rallyes, j’ai de bonnes cartes en main ! »

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