Dakar 2007 - Interview  26 janvier 2007

« Le Dakar est toujours aussi fascinant »

Quelques jours après votre retour en Europe et l’arrivée du Dakar, quel est votre état d’esprit ?
« A chaud, j’étais très déçu de quitter la course avant son terme. Dans ces conditions, il était difficile de voir les choses de manière positive. Avec un peu de recul, je vois les choses différemment. Nous avons fait une première semaine parfaite. Au Portugal et au Maroc, nous y avons été crescendo en ménageant autant que possible la voiture. Hélas, nous avons manqué de réussite en Mauritanie. »

Vous avez en effet connu une accumulation de problèmes lors de la huitième étape…
« Oui, nous avons connu une accumulation de petits soucis techniques. L’équipe avait pourtant bien travaillé lors de la journée de repos pour reconditionner la voiture. Les choses se sont mal enchaînées lors de cette spéciale. Par exemple, lorsque nous avons cassé une jante, elle a endommagé le circuit de freinage. Un incident qui aurait pu être bénin a eu de grosses conséquences. Et ainsi de suite, nous avons été victimes de plusieurs petits soucis qui, une fois additionnés, nous ont empêchés de poursuivre notre route. »

Quel est le bilan de votre collaboration avec Fast & Speed ?
« Du premier au dernier instant, ils ont fait le maximum pour moi. J’ai apprécié la qualité de leur organisation : avec des moyens humains et matériels limités, ils ne laissaient rien au hasard. Chaque soir, dès que j’arrivais au bivouac, l’équipe établissait une liste des tâches à effectuer sur mon buggy. Chaque mécanicien prenait en charge une tâche et passait à la suivante une fois qu’elle était terminée. Ensemble, nous avons travaillé pour améliorer le comportement de la voiture en cherchant à concilier fiabilité et performance. »

Avez-vous le sentiment d’avoir marqué les esprits lors de cette première semaine de course ?
« Je suis de nature à me remettre sans cesse en question. Très honnêtement, je ne sais pas si j’ai marqué les esprits, mais j’ai le sentiment d’avoir fait du bon travail. Pas d’erreur de pilotage, pas de crevaison, une progression régulière au fil des jours… Je dois aussi souligner le travail parfait de Jack, qui n’a pas fait une erreur de navigation. Tout cela n’est certainement pas passé inaperçu. Cette troisième participation, dans une vraie voiture de course, m’a permis de découvrir une nouvelle dimension du rallye. En outre, j’ai compris beaucoup de choses quand nous avons été faire quelques essais autour de Néma, après notre retrait de la course. »

Après trois participations, quel regard portez-vous sur le Dakar ?
« Entre les équipes d’usine et les structures semi-officielles, le niveau du plateau est très relevé. Je reste persuadé qu’il est possible de jouer les trouble-fête avec un buggy deux roues motrices. Le rapport qualité/performances/prix est de loin le meilleur. Cette année, j’ai eu la sensation de moins me retenir dans mon pilotage que les années précédentes, même si je cherchais à préserver la mécanique. Un pilote de course aime rouler vite, mais il faut savoir se retenir pour gérer la course sur la durée : c’est la seule stratégie possible pour espérer voir l’arrivée et faire un résultat dans le top 10. »

Pourtant, vous n’avez pas réussi ?
« Peut-être ai-je trop entamé le capital de la voiture avant la Mauritanie ? En tous cas, je pense que je ne pouvais pas rouler moins vite. Il faut sans doute chercher des solutions techniques et logistiques pour remédier à cela. Fast & Speed est à même de proposer ce support, mais tout est une fois de plus question de budget ! »

Que vous inspire la performance de Jean-Louis Schlesser, qui termine sur le podium ?
« Jean-Louis demeure l’expert en la matière et il prouve cette année encore qu’un buggy deux roues motrices peut rivaliser avec les usines. Il a de bons moyens logistiques et énormément d’expérience, même si ce n’est pas comparable à ceux des deux équipes officielles. J’ai eu l’occasion de le voir passer, le comportement de son engin est impressionnant. »

Serez-vous au départ d’un quatrième Dakar ?
« Le Dakar demeure une épreuve à la fois fascinante, surprenante, périlleuse et unique. Deux semaines de course, un parcours de plusieurs milliers de kilomètres, des rencontres uniques… Les relations humaines sont particulièrement importantes sur cette épreuve. Au fil des années, j’apprends à découvrir cette épreuve et les gens qui gravitent autour. Après trois participations, je reste extrêmement motivé pour poursuivre dans cette voie… »

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