Interview  31 janvier 2006

De retour du Dakar…

Au-delà de ton abandon, quel bilan tires-tu de ce Dakar 2006 ?
« Je garde avant tout, et d’une manière générale, un merveilleux souvenir de cette épreuve qui ne ressemble décidément à aucune autre. Qu’il s’agisse des 2000 concurrents et accompagnateurs venus de plus de 40 pays, de l’étendue géographique du parcours ou de la variété des difficultés proposées, il s’agit d’une aventure extrême et unique. Aucune épreuve au Monde ne réunit autant de grands champions venus de tous les horizons du sport automobile de Henri Pescaloro à Carlos Sainz, en passant par Stéphane Peterhansel ou Luc Alphand. Pour toutes ces raisons, la couverture médiatique est mondiale. Dans ce contexte, mon bilan sportif aura été marqué par trois meilleurs temps de ma catégorie, et le bonheur d’avoir figuré dans le peloton de tête jusqu’à cinq jours de l’arrivée. »

Quel est ton meilleur souvenir ?
« Au-delà de l’aventure sportive, j’ai été marqué par la beauté des paysages d’Afrique et par l’extraordinaire accueil des populations. Par exemple, je me rappelle d’un paysage de l’étape entre Atar et Nouakchott, où nous grimpions une petite route pavée à flanc de montagne. Arrivés au sommet, nous avons découvert une mer de dunes bordée par un petit oasis verdoyant. Pour un peu on se serait crus dans un décor de peplum antique ! Avec Jack, mon coéquipier, nous avons été éblouis ; c’est un instant inoubliable… »

Revenons sur ton abandon, peux-tu nous expliquer quels sont les problèmes qui t’ont conduit à te retirer de la course ?
« Dès le début du rallye, nous avons rencontré des problèmes électroniques avec la boîte de vitesses. La boîte passait sans cesse au point mort, refusait de passer en première dans les endroits qui l’exigeaient. C’était particulièrement handicapant dans le sable. Un passage qui ne présentait pas a priori de difficulté particulière pouvait devenir un piège inextricable. Dans ces moments difficiles, la solidarité entre équipiers est primordiale. Avec Jack, nous sommes toujours restés calmes avec un seul objectif : en sortir, avancer et rejoindre l’arrivée. Lors des bivouacs, l’équipe technique n’a pas ménagé ses efforts pour tenter de résoudre nos soucis. Malheureusement, ça n’a pas suffi. C’est une grande frustration. »

Fait rarissime, tu n’as pas crevé une seule fois en neuf jours de course…
« J’ai effectivement cherché à adapter mon pilotage aux terrains rencontrés. L’expérience aidant, j’ai fait de gros progrès par rapport à l’an passé. Mais je suis surpris par l’extraordinaire capacité de résistance des pneus BF Goodrich. Il faut voir ce qu’ils encaissent lors d’une journée ! Pourtant, j’arrivais à faire deux ou trois étapes avec le même train. Pour rien au monde, dans une prochaine vie, je ne souhaiterais être un pneu ! »

Que penses-tu de ta progression entre 2005 et 2006 ?
« L’expérience de l’an passé m’a permis de mieux appréhender l’épreuve. Trouver le bon rythme sur une spéciale de 500 km a donc été plus facile. Le feeling est venu naturellement. Côté pilotage, je pense avoir fait un grand pas en avant dans le franchissement des dunes. Quand l’auto allait bien, ça passait bien… même si on peut toujours se faire piéger. J’ai découvert le fameux ‘fesh fesh’, où il est très facile de se planter. Je regrette de ne pas avoir pu découvrir les pistes du Mali, de la Guinée et du Sénégal. J’ai encore beaucoup à apprendre, on ne devient pas un renard du désert en seulement deux participations… »

Quels sont tes prochains objectifs en rallye-raid ?
« Revenir au Dakar et terminer ! Cette discipline me plait énormément, même si pour le moment mon objectif prioritaire reste le rallye traditionnel. En fonction de mon programme 2006, je souhaite participer à d’autres épreuves de la Coupe du Monde des Rallyes-Raid pour continuer à emmagasiner de l’expérience. »

Comment s’annonce la saison 2006 de rallye ?
« Plus que jamais, je suis prêt à relever de nouveaux défis en rallye. Ces trois dernières années, nous avons gagné avec Renault de nombreuses courses et des championnats, c’est une expérience dont il faudra savoir profiter à l’avenir. Plus concrètement, le détail de mon programme sera connu dans les semaines qui viennent. »

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